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Autorisé à passer, le Clemenceau devrait payer des droits de transit supplémentaires

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Autorisé à passer, le Clemenceau devrait payer des droits de transit supplémentaires

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Remorqué vers les chantiers de démolition indiens, l’ancien porte-avions était, hier soir, toujours bloqué au large de Port Saïd, en Méditerranée. Dernier rebondissement en date, l’Autorité du canal de Suez réclamerait 200.000 dollars supplémentaires de frais de passage. C’est ce qu’a expliqué hier soir World Marine à l’agence Associated Press. World Marine, qui est en charge du transfert du Clemenceau, a précisé avoir déjà payé 1,3 million de dollars pour le voyage et 140.000 dollars en assurances. La somme devrait être réglée ce lundi, alors que l'Egypte a donné hier son feu vert final au passage de l'ex fleuron de la marine. Parti de Toulon le 31 décembre, le « Clem » est arrivé le 13 janvier devant l’entrée du canal de Suez. Interpellées par Greenpeace, qui dénonce une « exportation d’amiante », les autorités égyptiennes avaient demandé à la France un certain nombre de documents relatifs à la présence à bord de produits toxiques. Après vérification, le ministère égyptien de l’environnement a donné la semaine dernière son aval au franchissement du canal. Cette opération pose des contraintes techniques, l’ex porte-avions n’étant plus qu’une épave, dépourvue de moyens de propulsion. Il n’est donc pas question de l’intégrer aux convois qui transitent chaque jour par Suez, les risques d'abordage étant trop importants en cas de ralentissement soudain de la file de navires. La vitesse de progression des convois est par ailleurs plus rapide, puisqu’elle atteint 10 nœuds, contre 4 ou 5 seulement pour les remorqueurs qui manoeuvreront le bâtiment français.

Seul, en convoi exceptionnel

Le Clemenceau franchira donc seul le canal, en convoi exceptionnel, pour lequel il reste encore à trouver un créneau, probablement en pleine nuit, mais surtout, quand un supertanker ou une série de porte-conteneurs très pressés ne seront pas prioritaires. C’est sans doute la raison du report de la date de passage et celle des taxes supplémentaires réclamées. Pour parcourir les 163 kilomètres qui relient la Méditerranée à la mer Rouge, le « Tigre » empêchera toute autre traversée pendant 20 à 24 heures.
Après son entré en mer Rouge, le Clemenceau devrait être en vue des plages d’Alang début mars. D’ici là, la Cour suprême indienne se sera prononcée sur la légalité de son transfert vers les chantiers de démolition. Après un avis négatif de la Commission de contrôle des déchets toxiques, New Delhi a demandé des pièces complémentaires pour estimer la quantité de marinite encore présente à bord, suite aux travaux de désamiantage. Selon le ministère de la Défense, le « Clem » ne renferme plus que 45 tonnes d’isolant cancérigène. Paris affirme également que les travaux de démantèlement seront suivis, de manière à s’assurer que les ouvriers indiens travaillent dans des conditions de sécurité correctes. Michèle Alliot-Marie s’est dite confiante dans la décision de la Cour suprême. Alors qu'une visite officielle de Jacques Chirac est prévue le mois prochain, la Cour doit rendre son jugement le 13 février.

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