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Avec le Voltaire, Jan de Nul se positionne sur la pose de très grandes éoliennes

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Avec le Voltaire, Jan de Nul se positionne sur la pose de très grandes éoliennes

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Si l’éolien offshore est en plein développement, la taille croissante des turbines pose de vrais défis en matière d’installation. Avec l’émergence de machines de plus de 10 MW, qui seront équipées de pales allant jusqu’à 120 mètres de long, pour des hauteurs culminant en position verticale à plus de 250 mètres au-dessus de la mer, les premiers navires de pose actuellement en service vont rapidement trouver leurs limites. Il faut donc concevoir et réaliser de nouvelles unités capables de manutentionner et installer en mer la nouvelle génération d’éoliennes de fortes puissances.

Or, si le marché semble devoir rapidement croître dans ce domaine, avec un inévitable manque de moyens adaptés, les commandes sont pour l’heure limitées. Les armateurs hésitent en effet à faire construire de tels navires, car ils nécessitent de très lourds investissements devant être amortis dans la durée, et que la polyvalence de ces plateformes n’est pas forcément évidente si d’aventure le marché de la pose d’éoliennes finit par se tasser et qu’il faut leur trouver un autre emploi.

Ceux qui font le choix d’investir aujourd’hui sont en revanche assurés de voir leurs bateaux très sollicités dans les années qui viennent. C’est le cas du groupe luxembourgeois Jan de Nul, qui a commandé en avril un troisième navire de pose d’éoliennes. Il s’ajoutera aux deux unités dont il dispose déjà, le Vole au Vent (2013) d’une capacité de levage de 1500 tonnes, et le Taillevent (2011) capable de soulever des charges de 1000 tonnes.

Prévu pour entrer en service en 2022, le futur Voltaire sera réalisé en Chine par le groupe COSCO Shipping Heavy Industries. De type jack-up, comme ses aînés, il sera nettement plus imposant, avec une capacité de levage allant jusqu’à 3000 tonnes. Pour donner un ordre d’idée, lorsque le navire aura ses jambes déployées sur des fonds de 60 mètres, la flèche de sa grue principale pourra culminer à 325 mètres (dont 265 au-dessus de la surface), soit un mètre de plus que la hauteur de la tour Eiffel.

 

(© JAN DE NUL)

(© JAN DE NUL)

 

Long de 169.3 mètres pour une largeur de 60 mètres et un port en lourd de 21.500 tonnes, le Voltaire sera doté de quatre jambes de 130 mètres lui permettant d’opérer dans des fonds allant jusqu’à 80 mètres. Sa surface de pont sera de 7000 m², soit quasiment le double des Vole au Vent et Taillevent, avec la possibilité d’embarquer 14.000 tonnes de cargaison. De quoi accueillir les pièces des plus grandes éoliennes et leurs fondations qui elles-aussi seront amenées à voir leur taille augmenter. La grue principale, on l’a vu, pourra soulever des charges allant jusqu’à 3000 tonnes, avec en portée une capacité de 250 tonnes à 135 mètres.

Equipé d’un helideck pouvant recevoir des hélicoptères de plus de 10 tonnes, comme un EH-101, le navire pourra loger 100 personnes en cabines individuelles. Côté énergie/propulsion, il sera équipé de huit générateurs principaux (4 x 3535 kW et 4 x 2650 kW), quatre propulseurs azimutaux de 3000 kW chacun, deux propulseurs rétractables de 2600 kW et deux propulseurs d’étrave de même puissance. Doté d’un système de positionnement dynamique (DP2), sa vitesse maximale est prévue pour atteindre 11.5 nœuds.

En dehors de la pose d’éoliennes, le futur navire de Jan de Nul a été conçu pour pouvoir travailler sur d’autres marchés, notamment dans l’Oil&Gas, par exemple pour la déconstruction de champs offshore.