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Avec les Lynx de la 34F pour leur dernier embarquement
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Avec les Lynx de la 34F pour leur dernier embarquement

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Vendredi 4 septembre s’est déroulée sur la base d’aéronautique navale de Lanveoc-Poulmic, dans le Finistère (29), la cérémonie de retrait du service du Lynx. Après 42 ans de carrière au sein de la Marine nationale, l’hélicoptère prend une retraite bien méritée.

 

Cérémonie de retrait du service des Lynx et de mise en sommeil de la 34F (© MARINE NATIONALE)

Cérémonie de retrait du service des Lynx et de mise en sommeil de la 34F (© MARINE NATIONALE)

Cérémonie de retrait du service des Lynx et de mise en sommeil de la 34F (© MARINE NATIONALE)

Cérémonie de retrait du service des Lynx et de mise en sommeil de la 34F (© MARINE NATIONALE)

(© MARINE NATIONALE)

(© MARINE NATIONALE)

 

Dernière formation française à mettre en œuvre cette machine, la flottille 34F a tenu l’alerte jusqu’au 3 août après avoir réalisé, fin juillet, un ultime embarquement sur frégate anti-sous-marine (FASM). Un évènement auquel Mer et Marine a pu participer. Reportage.

Jeudi 23 juillet, en début d’après-midi. Deux des trois derniers Lynx de la 34F encore opérationnels se dirigent vers Brest. Au cœur de l’été, les conditions météorologiques sont idéales à la pointe Bretagne, la météo est superbe et la température élevée. Mais à cet instant, on goûte plutôt le mordant du froid car, à 10.000 pieds au-dessus de la mer, le thermomètre n’affiche que quelques petits degrés au-dessus de zéro. Après avoir réalisé d’ultimes tirs de leurres au large, les deux Lynx volent en formation pour rentrer à Lanvéoc. Porte ouverte, à bord du 272, on ne quitte plus des yeux le 622 qui évolue majestueusement, tout proche, à travers les nuages d’altitude.

 

Le Lynx 622 le 23 juillet (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Lynx 622 le 23 juillet (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

Le Lynx 622 le 23 juillet (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Lynx 622 le 23 juillet (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Lynx 622 le 23 juillet (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Lynx 622 le 23 juillet (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Lynx 622 le 23 juillet (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Lynx 622 le 23 juillet (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Le 622 arbore la livrée d’origine des Lynx de la marine française, celle qu’ils avaient quand ils sont entrés en service en 1978, avec le haut de la carlingue peint en blanc. Le 272, lui, porte la dernière en date, un camouflage de gris apparu dans les années 90. Quant au 273, le troisième de la flottille que l’on a laissé quelques heures plus tôt, il a été repeint avec la livrée intermédiaire, quand dans les années 80 le haut blanc avait disparu pour ne garder qu’un gris foncé. La 34, pour son ultime ligne droite avec le Lynx, a ainsi voulu marquer les trois grandes époques visuelles de la machine. A quelques détails près, comme les nez des 273 et 622, restés gris clair pour ne pas, temps qu’ils étaient encore opérationnels, obérer avec une peinture inappropriée les performances du radar que ces dômes en composite abritent (et qui furent finalement repeints pour la photo finale du 4 septembre).

 

Le Lynx 273 (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Lynx 273 (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Lynx 272 (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Lynx 272 (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Lynx 272 sur le Latouche-Tréville (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Lynx 272 sur le Latouche-Tréville (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

Le Lynx 272 à l'appontage sur le Latouche-Tréville (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Lynx 272 à l'appontage sur le Latouche-Tréville (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Lynx 272 (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Lynx 272 (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Lynx 622 à Lanvéoc (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Lynx 622 à Lanvéoc (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

Le Lynx 272 en ravitaillement à Lanvéoc (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Lynx 272 en ravitaillement à Lanvéoc (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Lynx 272 en ravitaillement à Lanvéoc (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Lynx 272 en ravitaillement à Lanvéoc (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

Sur l’ultime F70 encore en service

Ce 23 juillet donc, ces Lynx rentrent à leur base de la presqu’île de Crozon et pour les personnels de leur flottille, c’est une journée historique empreinte d’émotion. Les appareils viennent en effet d’achever leur ultime embarquement sur une frégate anti-sous-marine, en l’occurrence le Latouche-Tréville, la toute dernière FASM encore active dans la Marine nationale. Le « LTT » est la plus récente des sept unités du type F70 ASM, dont la tête de série, le Georges Leygues, avait été admise au service actif en 1979 et fut désarmée en 2013. Suivirent les Dupleix (1981-2014), Montcalm (1982-2017), Jean de Vienne (1984-2018), Primauguet (1986-2019), La Motte-Picquet (1988-2020) et enfin le Latouche-Tréville, entré en flotte en 1990 et qui doit tirer sa révérence en 2022 après avoir été remplacé, comme ses aînés, par les nouvelles frégates multi-missions (FREMM). Comme les trois frégates du type F67 - Tourville (1974-2010), Duguay-Trouin (1975-1999) et De Grasse (1977-2013) - qui les avaient précédées de quelques années, les F70 ASM furent les premières frégates françaises spécialement conçues pour la mise en œuvre d’hélicoptères, et plus particulièrement des Lynx.

 

Le Dre Grasse juste avant son retrait du service en 2013 (© MICHEL FLOCH)

Le Dre Grasse juste avant son retrait du service en 2013 (© MICHEL FLOCH)

Lynx à l'appontage sur le Latouche-Tréville le 23 juillet (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Lynx à l'appontage sur le Latouche-Tréville le 23 juillet (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Un hélicoptère franco-britannique né pendant la Guerre froide

Le WG-13 Lynx est né d’une coopération franco-britannique initiée à la fin des années 60 pour développer de nouveaux hélicoptères capables de répondre à des applications maritimes et terrestres. L’Anglo-French Helicopter Agreement portait aussi sur le Puma et la Gazelle. Pour ce qui est du Lynx, l’objectif est alors de disposer d’une machine polyvalente capable de remplir des missions très variées : lutte anti-sous-marine, antinavire et antichar, déploiement de troupes et de forces spéciales, sauvetage et assaut en mer, logistique…

Les Lynx sont produits par Westland dans son usine anglaise de Yeovil, l’Aérospatiale et Alcatel fournissant l’avionique. Le prototype réalise son premier vol en 1971, alors que les appareils de série commencent à entrer en service en 1977 dans les forces terrestres et navales britanniques. En France, seule la Marine nationale se dote de cette machine pour les besoins de ses frégates anti-sous-marines de nouvelle génération, les F67 et F70, qui peuvent embarquer chacune deux Lynx. Un format qui offre une grande souplesse d’utilisation puisqu’à deux appareils, il est possible d’élargir sensiblement les zones couvertes, multiplier les stations sonar et surtout maintenir le cas échéant une permanence en vol pendant de nombreuses heures. Cela permet aussi de parer à l’indisponibilité éventuelle d’une machine, tout en jouant sur les capacités d’emport et les autonomies dans telle ou telle configuration. Ce format d’origine fut un temps ramené à un seul appareil embarqué, notamment pour des questions budgétaires mais, ces dernières années, les FASM engagées dans de longs déploiements, en particulier avec le porte-avions Charles de Gaulle, reprenaient des détachements à deux Lynx, contribuant ainsi à assurer la disponibilité de cet appareil vieillissant et donc plus fréquemment sujet à des pannes.

 

Première arrivée du Lynx à Saint-Mandrier en mars 1978 (© JEAN-LOUIS VENNE)

Première arrivée du Lynx à Saint-Mandrier en mars 1978 (© JEAN-LOUIS VENNE)

Novembre 1978, les HSS-1 de la 31F sont remplacés par les Lynx (© JEAN-LOUIS VENNE)

Novembre 1978, les HSS-1 de la 31F sont remplacés par les Lynx (© JEAN-LOUIS VENNE)

 

 

Vol mixte pour la cérémonie de mise en service des Lynx dans la 31F, en novembre 78 (© JEAN-LOUIS VENNE)

Vol mixte pour la cérémonie de mise en service des Lynx dans la 31F, en novembre 78 (© JEAN-LOUIS VENNE)

 

Succédant au vénérable HSS-1, qui a équipé à partir de 1956 les 31F, 32F et 33F et dont les derniers exemplaires prennent leur retraite en 1979, le Lynx est officiellement mis en service en novembre 1978 au sein de la 31F, alors basée à Saint-Mandrier. La 34F, qui voit quant à elle le jour en septembre 1974 à Saint Raphaël, avec pour commencer des hélicoptères Alouette en version anti-sous-marine, s’installe définitivement en Bretagne en janvier 1975 et passe sur Lynx en 1979. Cette année-là, la nouvelle machine devient pleinement opérationnelle et réalise ses premiers embarquements sur FASM. « Le Lynx fut l’hélicoptère majeur de la marine dans la période charnière entre le XXe et le XXIe siècle. Le premier hélicoptère de combat aéromaritime total et intégré, polyvalent et conçu comme un système d’arme de la frégate qui l’accueille », explique-t-on à l’état-major de la Marine nationale.

 

Un vieux HSS-1 conservé sur la BAN de Lanvéoc-Poulmic (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Un vieux HSS-1 conservé sur la BAN de Lanvéoc-Poulmic (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

La révolution du tandem frégate/Lynx

Le tandem Lynx/F67-F70 constitue en effet, à l’époque, une révolution puisque les frégates sont non seulement équipées de puissants moyens de détection sous-marine, dont un sonar remorqué à immersion variable DUBV-43 pouvant être immergé à grande profondeur (concept développé avec succès pour les anciens escorteurs d’escadre ASM), mais bénéficient avec ces nouveaux hélicoptères d’une élongation cruciale, un moyen de détection et d’attaque à distance des sous-marins adverses. Avec des capacités sans commune mesure par rapport aux anciens HSS-1. Le Lynx permet notamment, face à des sous-marins rapides, de tenir le contact après la détection par les sonars des frégates de pistes intéressantes. Car les bâtiments, s’ils sont capables d’atteindre 30 nœuds, ne peuvent évoluer en permanence à pleine vitesse, période durant laquelle ils sont bruyants, ce qui les rend détectables et donc vulnérables, d’autant que les nuisances générées impactent évidemment les capacités d’écoute de leurs propres sonars. De plus, l’allure est limitée quand le DUBV-43 est à l’eau, et même si dans cette configuration, la robustesse de cette merveille technique qu’est le sonar remorqué français permet encore de marcher jusqu’à 24 nœuds tout en manœuvrant, un sous-marin peut s’échapper.

 

Le DUBV-43 du Latouche-Tréville (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le DUBV-43 du Latouche-Tréville (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le DUBV-43 du Latouche-Tréville (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le DUBV-43 du Latouche-Tréville (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Cette évolution majeure dans la lutte ASM correspond à celle des sous-marins de l’époque, plus discrets et surtout plus endurants et rapides avec le développement de la propulsion nucléaire. Celle-ci leur permet de ne plus avoir besoin de remonter en surface pour recharger leurs batteries et d’évoluer à très grande vitesse. Principal adversaire du moment, l’URSS met par exemple en service, dans les années 70, les célèbres sous-marins nucléaires d’attaque du type Alfa, des lévriers capables de dépasser les 40 nœuds et dotés d’une coque épaisse en titane autorisant des plongées à plus de 800 mètres (jusqu’à 1300 en théorie lors de situations d’urgence). De quoi échapper aux moyens ASM traditionnels. Pour la flotte française, le problème est d’autant plus important que les Soviétiques évoluent régulièrement devant Brest, où se trouve le fer de lance de la dissuasion française, constitué des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) basés à l’Ile Longue.

Pour faire face à une telle menace, il faut donc réaliser un saut technologique et capacitaire, tant dans les équipements avec l’émergence d’une nouvelle génération de sonars que l’emploi d’un hélicoptère moderne, taillé pour l’environnement marin et l’embarquement sur frégate, qui devient un complément indispensable au bâtiment porteur grâce à sa réactivité, sa souplesse d’emploi, son rayon d’action et ses capacités d’emport.

Un appareil taillé pour l’emploi maritime

D’une longueur totale de 15.2 mètres rotor déployé (diamètre du rotor et cellule mesurent tous les deux 12.8 mètres), le Lynx affiche un poids de 3.25 tonnes à vide et une masse maximale au décollage de 4.87 tonnes. Ce biturbine est équipé de deux moteurs Rolls-Royce BS 360 d’une puissance unitaire de 1130 cv. La vitesse maximale est de 150 nœuds pour une autonomie pouvant aller théoriquement jusqu’à 2H30 (2H en pratique et 1H avec 300 kilos en cargo – 340 kg max). Très puissant, l’hélicoptère peut ainsi tenir ses stations et être mis en œuvre sur frégate même quand les conditions météo sont très dégradées.

Pour sécuriser les manœuvres sur la plateforme, l’appareil est équipé d’un harpon qui vient se fixer dans une grille. La cellule et les trains sont renforcés pour résister aux chocs parfois violents des appontages. Pour réduire au maximum l’encombrement, en plus des pales du rotor, la queue se replie également. Il est ainsi possible de le loger dans le hangar assez exigu des frégates, sachant que cet espace a été sur les F67 et F70 ASM prévu pour abriter deux Lynx.

 

Deux Lynx dans le hangar du Latouche-Tréville (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Deux Lynx dans le hangar du Latouche-Tréville (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

Deux Lynx dans le hangar du Latouche-Tréville (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Deux Lynx dans le hangar du Latouche-Tréville (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

L’hélicoptère est doté d’un treuil externe permettant de supporter une charge de 270 kilos, par exemple pour déployer un plongeur et remonter des naufragés dans le cadre d’une opération de sauvetage, treuiller du matériel ou récupérer une grappe de commandos. Il peut aussi, pour des missions logistiques, supporter plus d’une tonne de charge sous élingue.

En plus du pilote et du copilote, l’équipage standard est constitué d’un troisième marin, un opérateur qui assure l’exploitation des moyens de détection, veille à la sécurité du cargo ou d’éventuels passagers, et gère la mise en œuvre du treuil. Modulaire, la cabine peut être équipée d’une console permettant à l’opérateur de suivre la situation tactique, comprenant notamment les informations recueillies par le sonar trempé du Lynx.

 

Lynx déployant son sonar trempé DUAV-4

Lynx déployant son sonar trempé DUAV-4 (© MARINE NATIONALE)

 

Déployé au moyen d’un treuil via une ouverture ventrale, ce système est un DUAV-4, sonar actif à immersion variable. Il permet de sonder les couches d’eau, où les sous-marins se cachent en profitant à différentes profondeurs, selon les conditions environnementales du moment, d’un milieu et de zones plus ou moins favorables. Les capacités de détection des sonars, dont les ondes ne se propagent pas dans la mer de manière rectiligne mais plutôt sous forme d’ondulations, dépendent de la température, de la pression et de la salinité de l’eau. Ces facteurs créent à différentes profondeurs des couches engendrant un phénomène de réflexion et de réfraction des ondes sonars, des cuvettes de non-détection se forment et servent aux sous-marins pour se dissimuler. D’où l’intérêt d’un senseur à immersion variable, qui peut émettre et écouter à différentes profondeurs pour limiter ces cuvettes, tout en multipliant grâce à la rapidité de l’hélicoptère des stations sur des zones différentes plus ou moins éloignées du bâtiment porteur. Le tout en complément de l’action des frégates et de leurs senseurs (sonars de coque et remorqués), ainsi que des avions de patrouille maritime Atlantique 2 dotés notamment d’un détecteur d’anomalie magnétique (MAD), d’un radar de surveillance maritime et d’un système optronique, et qui déploient des bouées acoustiques. La portée du DUAV-4, variable selon la bathymétrie et les conditions environnementales, est de plusieurs kilomètres, le sonar trempé pouvant être immergé au-delà de 100 mètres de profondeur. Le Lynx peut également déployer des bouées acoustiques, mais contrairement à son successeur le Caïman Marine, ne peut assurer le traitement des données à bord. Un système d’émission permet aux bouées de transmettre les informations qu’elles recueillent vers la frégate ou un Atlantique 2 pour analyse.

 

Lynx équipé d'une torpille Mk46 (© MARINE NATIONALE)

Lynx équipé d'une torpille Mk46 (© MARINE NATIONALE)

 

Une fois détecté et identifié, le sous-marin adverse peut être neutralisé par les différents moyens engagés contre lui, dont l’hélicoptère qui peut emporter une ou deux torpilles légères. Initialement, le Lynx mettait en œuvre la Mk46 américaine, remplacée dans les années 2000 par la torpille franco-italienne MU90, capable de filer à 50 nœuds et de plonger jusqu’à 1000 mètres.

 

Lynx tirant une torpille d'exercice MU90 (© EUROTORP)

Lynx tirant une torpille d'exercice MU90 (© EUROTORP)

 

En matière d’armement, le Lynx peut également embarquer une mitrailleuse en sabord, avec porte latérale ouverte, et de même un tireur d’élite. Initialement, l’appareil était également gréé pour la lutte antinavire, avec la possibilité d’emporter le missile AS12 (en théorie jusqu’à quatre). Une fonction qui a cessé en 1992 suite au retrait du service de cette arme.

 

Lynx tirant un missile antinavire AS12 (© MARINE NATIONALE)

Lynx tirant un missile antinavire AS12 (© MARINE NATIONALE)

 

Côté moyens de détection au-dessus de la surface, le Lynx a été équipé d’un radar ORB-31 optimisé pour la surveillance maritime, y compris débusquer de petits mobiles de surface, ainsi qu’un système électro-optique Chlio pour l’identification. Il disposait enfin dans lance-leurres Alkan (deux paniers de 16) au cas où il serait la cible de missiles.

 

 

Lynx tirant des leurres (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Lynx tirant des leurres (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Lynx tirant des leurres (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Lynx tirant des leurres (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Lynx tirant des leurres (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Lynx tirant des leurres (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Lynx tirant des leurres (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Lynx tirant des leurres (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Lynx tirant des leurres (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Lynx tirant des leurres (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Entre 2011 et 2017, les Lynx on été modifiés dans le cadre d’un programme de « mise à hauteur » comprenant l’intégration de nouveaux équipements de liaison radio (L11), d’identification des navires (AIS) et des aéronefs (IFF) et de navigation (GPS, écran de bord tactique).

Deux Lynx à bord du Latouche-Tréville

Retour au large de Brest fin juillet, le 22 cette fois. Bénéficiant toujours d’un temps magnifique, le Lynx 622 décolle de la BAN de Lanvéoc pour retrouver le Latouche-Tréville qui longe la pointe de la presqu’île de Crozon. La frégate à la silhouette effilée présente une coque marquée par un emploi intensif ces derniers mois, avec une centaine de jours d’alerte depuis le début de l’année et de rudes navigations en Atlantique pendant l’hiver. Mais qu’importe la peinture défraichie par endroits, le bâtiment franchit magnifiquement la pointe du Toulinguet en se faufilant, ce qui est rare, entre les îlots, pour le plus grand plaisir des nombreux estivants se promenant sur la côte.

 

Le Latouche-Tréville le 22 juillet (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Latouche-Tréville le 22 juillet (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Latouche-Tréville le 22 juillet (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Latouche-Tréville le 22 juillet (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Latouche-Tréville le 22 juillet (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Latouche-Tréville le 22 juillet (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Latouche-Tréville le 22 juillet (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Latouche-Tréville le 22 juillet (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Latouche-Tréville le 22 juillet (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Latouche-Tréville le 22 juillet (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Latouche-Tréville le 22 juillet (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Latouche-Tréville le 22 juillet (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Latouche-Tréville le 22 juillet (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Latouche-Tréville le 22 juillet (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Latouche-Tréville le 22 juillet (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Latouche-Tréville le 22 juillet (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Latouche-Tréville le 22 juillet (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Latouche-Tréville le 22 juillet (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Appontage sur le Latouche-Tréville le 22 juillet (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Appontage sur le Latouche-Tréville le 22 juillet (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Le Lynx apponte sans difficulté et les manœuvres se poursuivent dans l’après-midi avec les autres machines disponibles. Ce soir, les 272 et 273 dormiront à bord, le hangar du Latouche-Tréville accueillant une ultime fois non pas un, mais deux Lynx, au terme d’une ultime mission commune au profit de la Force océanique stratégique (FOST).  Quant au 622, il fera la navette depuis Lanvéoc. 


« Nous perdons un atout important et un couple très efficace »

« La frégate et le Lynx, avec notamment son sonar trempé très précis en classification, ont constitué un très bon couple. L’hélicoptère nous permettait d’aller voir rapidement au-delà de la portée de nos sonars. La perte du Lynx est difficile pour le bateau car nous perdons un atout important et un couple très efficace », explique le capitaine de vaisseau Patrick de Sevin, commandant du Latouche-Tréville. Le lieutenant de vaisseau Damien, officier de lutte anti-sous-marine du bâtiment, souligne lui aussi l’importance de l’hélicoptère : « Ce type de frégate a été conçu pour pouvoir embarquer deux Lynx, dans l’idée de disposer d’une permanence aérienne. La capacité du Lynx à agir dans l’immédiat selon différents stades d’alerte et en fonction des tactiques était très précieuse. Il permettait surtout de faire de la tenue de contact et de répondre à nos besoins de monter en classification pour savoir ce que nous avions détecté et, si nécessaire, engager à distance un sous-marin adverse. On pouvait également l’employer, grâce à son sonar trempé, pour insonifier une zone et en interdire l’accès ».

 

Le CF Chaput et le CV de Sevin

Le CF Chaput et le CV de Sevin (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

« C’était le top du top de la lutte anti-sous-marine »

Le capitaine de frégate François Chaput, pacha de la 34F et qui est le pilote d’hélicoptère d’active de l’aéronautique navale avec le plus d’heures de vol à son actif, est également à bord. Il fait partie des pilotes qui vont réaliser les dernières manœuvres sur FASM du Lynx et en profite d’ailleurs pour réaliser son 2005ème appontage de nuit, pour plus de 5000 de jour. Le Lynx ? il est intarissable sur le sujet : « Le couple FASM/Lynx est né pendant la Guerre froide, c’était le top du top de la lutte anti-sous-marine et il a tenu pendant quarante ans », rappelle-t-il. « Quand la FOST a été créée, la lutte ASM est devenue la grande mission prioritaire de la marine. On a d’abord eu la transformation des anciens HSS avec l’intégration d’un sonar trempé, ce qui nous a permis d’acquérir des compétences ASM sur hélicoptère. Et puis nous avons aussi eu des compétences lourdes, de jour comme de nuit, avec le Super Frelon, sans oublier les Alouette III MAD dont la 34F a été équipée en 1974-76, avec des torpilles Mk44 et des charges de profondeur. Après ces trois machines, qui ont constitué un balbutiement, est arrivé le premier hélicoptère parfaitement intégré sur une frégate et conçu pour cette mission. Cela, à bord de bâtiments eux-mêmes pensés pour le Lynx, tant pour les machines que pour le travail et les logements du personnel du détachement aéro ». Selon le commandant Chaput, l’arrivée du Lynx a constitué « un saut extraordinaire » notamment du fait de sa puissance et de ses capacités : « Le Lynx était un hélicoptère tout temps qui pouvait être mis en œuvre jusqu’à mer 6, décoller rapidement et relocaliser un contact acquis par la frégate, puis attaquer en stand-off à une distance où le sous-marin ne représentait pas encore une menace significative pour la frégate ».

Au-delà de la lutte ASM, un hélicoptère réellement multi-missions

Mais le Lynx ce n’était pas que la lutte ASM, rappelle le commandant de la 34F : « C’était un hélicoptère réellement multi-missions qui savait tout faire, et qui a tout fait. Avec lui, on a mené des sauvetages en mer, des missions de lutte contre la piraterie avec par exemple un succès extraordinaire sur le De Grasse engagé en 2010 dans l’opération Atalante (plusieurs interceptions de pirates réussies au large de la Somalie, ndlr), des opérations de lutte contre le narcotrafic en Méditerranée, de police des pêches, le contrôle de l’embargo en Adriatique et dans le canal d’Otrante durant les interventions en ex-Yougoslavie, des missions de reconnaissance au large de la Syrie… »

 

(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Une machine puissante et précise taillée pour se battre contre les éléments

Et côté pilotage, qu’est-ce qui caractérisait le Lynx ? « Il est très nerveux, très vif. Avec le Panther ou le Dauphin, on est rapidement en limite de puissance, quand on se pose et qu’on est un peu lourd, on ne peut pas jouer, on les laisse aller sur leur trajectoire. Avec le Lynx, il n’y a quasiment jamais de limite de puissance, on peut accepter que le bateau bouge et aller au-delà des limites, en restant bien sûr dans les plages maximales de roulis et de tangage ».  Un atout crucial pour permettre aux FASM de mettre en œuvre l’appareil dans les eaux tumultueuses de l’Atlantique, notamment l’hiver, ou face aux caprices de la Méditerranée. D’autant qu’il faut composer avec le comportement caractéristique de frégates comme le Latouche-Tréville, qui se distingue par des mouvements de lacets sur l’arrière. « Mer 6 incluse, ça passe, après on regarde le vent, sachant que le Lynx tolère moins le vent de droite que de gauche. Cinquante nœuds de face, c’est limite, quarante-cinq ça commence à devenir compliqué ». Le Lynx est donc une bête marine taillée pour affronter des conditions très sévères : « avec sa puissance, son rotor rigide et sa tête de rotor en titane, on peut se battre contre les éléments dans l’adversité aérologique, il est apte à contrer les turbulences, c’est un pilotage de combat. Et cet hélicoptère, à la fois léger et puissant, donne une grande réactivité aux commandes, permettant des manœuvres précises ».

Un moment d’émotion

Dans la voix et les yeux du commandant Chaput, la passion transpire, l’émotion aussi avec cet ultime embarquement sur FASM et le retrait du service du Lynx cet été. « C’est un moment d’émotion, cela fait clairement quelque chose, d’autant que cela marque aussi la fin proche de ce type de frégates, on ressent comme un vide ». Mais à ce moment, les Lynx sont encore en mer, pour quelques heures. A bord, les marins ont conscience de vivre un moment très particulier. Les jeunes savent qu’ils voient sous leurs yeux une page d’histoire de la marine se tourner, alors que les anciens, qui ont grandi avec cet hélicoptère et les frégates de cette génération, ont en plus un naturel pincement au cœur. « J’ai travaillé avec cet hélicoptère pour la première fois en 2006, lorsque j’étais embarqué sur le Montcalm », explique par exemple le second-maitre Benoît. Agé à l’époque de 22 ans, il avait fait ses débuts dans la marine trois ans plus tôt dans la manutention aéronautique (Manaé) et servait alors comme personnel de pont d’envol (Ponev). Son ancienne tunique bleue a été depuis remisée pour une couleur plus prestigieuse puisque, devenu officier-marinier, c’est aujourd’hui le chien jaune du Latouche-Tréville. Alors quand il supervise les ultimes manœuvres des Lynx de la 34F sur la plateforme du bâtiment, forcément, cela lui fait quelque chose : « Cela me rappelle mes débuts dans la marine et c’est de l’émotion d’être le dernier chien jaune à travailler avec cet hélicoptère, et en plus de gérer pour la dernière fois deux Lynx à bord d’une frégate ».

 

Dernière photo avec le Lynx pour le détachement de la 34F et les personnels de pont d'envol du Latouche-Tréville (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Dernière photo avec le Lynx pour le détachement de la 34F et les personnels de pont d'envol du Latouche-Tréville (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Derniers passages des Lynx (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Derniers passages des Lynx (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Pour ces derniers jours d’embarquement sur le Latouche-Tréville, les personnels de la frégate et l’équipe technique du détachement de la 34F sont aux petits-soins pour les trois dernières machines, qui se relaient à bord. Il faut finir en beauté. Appontages et décollages s’enchainent et, entre deux manœuvres, de la plateforme au hangar, les marins s’activent pour manutentionner les hélicoptères,sortis du hangar à la force des bras (les rails sur le ponts ne servent qu'au guidage au au maintien en sécurité des appareils), les préparer et procéder à toutes les vérifications techniques. Les gestes sont précis, professionnels, automatiques, fruits d’années d’expérience et d’une attention constante, car dans ce milieu, le danger est permanent et l’habitude constitue un atout aussi bien qu’une ennemie coriace.

Le hangar, qui parait grand quand il est vide, est complètement rempli quand les deux Lynx y sont logés. Les appareils y entrent au chausse-pied et le sol est encombré de chaînes saisinées pour ancrer solidement les hélicoptères qui ne doivent pas bouger d’un pouce même si la mer est démontée. S’y ajoutent de nombreux équipements matériels, dont certains stockés dans une mezzanine largement encombrée, permettant d’assurer à bord le soutien technique des appareils.

 

Le Lynx 273 dans le hangar du LTT

Le Lynx 273 dans le hangar du LTT (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

Les Lynx 272 et 273 dans le hangar du LTT

Les Lynx 272 et 273 dans le hangar du LTT (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Les Lynx 272 et 273 dans le hangar du LTT

Les Lynx 272 et 273 dans le hangar du LTT (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Les Lynx 272 et 273 dans le hangar du LTT

Les Lynx 272 et 273 dans le hangar du LTT (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Sortie du hangar et mise en place sur la plateforme

Sortie du hangar et mise en place sur la plateforme (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

Les pales dépliées (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Les pales dépliées (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Appontage du Lynx 272

Appontage du Lynx 272 (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

Appontage du Lynx 272, installation des cales de train

Appontage du Lynx 272, installation des cales de train (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Appontage du Lynx 272

Appontage du Lynx 272 (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

Appontage du Lynx 272, le pompier se met en place

Appontage du Lynx 272, le pompier se met en place (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Appontage du Lynx 272

Appontage du Lynx 272 (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Appontage du Lynx 272, rotor arrêté, les Ponev mettent les saisines

Appontage du Lynx 272, rotor arrêté, les Ponev mettent les saisines (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

Le Lynx 272

Le Lynx 272 (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Refueling sur le pont du Lynx 272

Refueling sur le pont du Lynx 272 (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Refueling sur le pont du Lynx 272

Refueling sur le pont du Lynx 272 (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Technicien vérifiant les pales (

Technicien vérifiant les pales (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Les techniciens visitent les moteurs (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Les techniciens visitent les moteurs (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Derrière le hangar, on en profite pour s’exercer une dernière fois à la manutention d’une MU90 d’exercice destinée au Lynx. Avec une demi-douzaine de torpilles de combat, elle est stockée dans une soute dédiée et doit subir toute une série de manœuvres depuis son berceau jusqu’à l’hélicoptère. Système de levage, palans, ponts roulants mis en place pour franchir coursives et portes étanches… l’opération et ses multiples étapes est aussi complexe que laborieuse, à se demander si l’ingénieur qui a imaginé le dispositif n’a pas en même temps voulu relever un défi technique ou battre un record de procédures… On imagine à peine le calvaire quand en plus le bateau bouge. « C’est clair que ce n’est pas le système le plus simple au monde », plaisante un marin. Une corvée qui s’achève de toute façon avec la fin du Lynx, ces torpilles aéroportées allant être débarquées, seules les MU90 destinées aux deux tubes lance-torpilles de la frégate allant être conservées (elles sont stockées près des TLT). Quant au local, il ne va pas rester vide très longtemps, certains imaginant déjà d’y installer une salle de sport.

 

 

Manutention d'une torpille aéroportée MU90

Manutention d'une torpille aéroportée MU90 (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Dernières manœuvres et équipage au poste de bande

Jeudi 23 septembre à la mi-journée, arrive enfin le moment des adieux. Les Lynx 272 et 622 s’envolent et effectuent d’ultimes manœuvres autour de la frégate pour un dernier salut. Que lui rend le bâtiment, dont l’équipage s’est aligné au poste de bande, les mains brandissant bâchis et casquettes au passage des hélicoptères. Une dernière image, une belle fin devant Brest, sous un soleil toujours radieux clôturant une aventure qui aura duré quatre décennies.  

 

Dernières manoeuvres avec le Latouche-Tréville (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Dernières manoeuvres avec le Latouche-Tréville (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

Dernières manoeuvres avec le Latouche-Tréville (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Dernières manoeuvres avec le Latouche-Tréville (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Dernières manoeuvres avec le Latouche-Tréville (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Dernières manoeuvres avec le Latouche-Tréville (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Dernières manoeuvres avec le Latouche-Tréville (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Dernières manoeuvres avec le Latouche-Tréville (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Dernières manoeuvres avec le Latouche-Tréville (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Dernières manoeuvres avec le Latouche-Tréville (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Dernières manoeuvres avec le Latouche-Tréville (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Dernières manoeuvres avec le Latouche-Tréville (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Dernières manoeuvres avec le Latouche-Tréville (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Dernières manoeuvres avec le Latouche-Tréville (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Dernières manoeuvres avec le Latouche-Tréville (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Dernières manoeuvres avec le Latouche-Tréville (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

Dernières manoeuvres avec le Latouche-Tréville (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Dernières manoeuvres avec le Latouche-Tréville (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Dernières manoeuvres avec le Latouche-Tréville (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Dernières manoeuvres avec le Latouche-Tréville (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

Dernières manoeuvres avec le Latouche-Tréville (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Dernières manoeuvres avec le Latouche-Tréville (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Dernières manoeuvres avec le Latouche-Tréville (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Dernières manoeuvres avec le Latouche-Tréville (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Dernières manoeuvres avec le Latouche-Tréville (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Dernières manoeuvres avec le Latouche-Tréville (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Sur les quarante Lynx produits entre 1977 et 1983 pour la marine française, il n’en restait plus cette année que neuf en parc, dont seulement quatre étaient encore opérationnels en juillet : les 272, 273 et 622 de la 34F, qui ont tenu l’alerte opérationnelle jusqu’au 3 août, ainsi que le Lynx 267 du CEPA/10S remonté depuis Hyères vers Lanvéoc le 23 juillet. En 42 ans de service, seules quelques machines ont été accidentellement perdues (environ 10% du parc). Certains appareils maintenant déclassés devraient finir leur carrière dans des musées, les autres seront déconstruits, ce qui a déjà été le cas pour une bonne partie du parc.  

Initialement, les derniers Lynx ne devaient tirer leur révérence qu'en 2022, afin de correspondre à la sortie de flotte de l'ultime FASM. Mais le soutien technique des appareils devenait de plus en plus compliqué, en particulier en matière de ressources humaines et des pannes graves récentes ont amené l'état-major de la marine à anticiper ce retrait du service actif. 

La succession assurée par les nouveaux Caïman

La succession de ces hélicoptères est assurée par le Caïman Marine, version française du NH90 NFH, qui a déjà remplacé le Super Frelon, dont les derniers exemplaires furent retirés du service en 2010.  A ce jour, 24 Caïman Marine ont été livrés à l'aéronautique navale française, sur un total de 27 commandés. La 25ème machine de ce type doit normalement être réceptionnée en novembre prochain mais, compte tenu des retards enregistrés lors de la crise du Covid-19, la livraison sera peut-être repoussée à 2021. Idem pour les deux derniers hélicoptères, prévus pour rejoindre la marine à l'été 2021 et fin 2021. Les Caïman sont mis en oeuvre par les flottilles 31F (Hyères) et 33F (Lanvéoc). Ils embarquent notamment sur les frégates multi-missions (FREMM) et le porte-avions Charles de Gaulle. 

 

Caïman Marine (© MARINE NATIONALE)

Caïman Marine (© MARINE NATIONALE)

 

Après le retrait de ses Lynx, la 34F est quant à elle temporairement mise en sommeil. Mais cela ne va pas durer longtemps puisqu’elle doit être officiellement réactivée en 2021 pour accueillir six des douze Dauphin N3 loués à DCI et Héli-Union dans le cadre de la flotte intérimaire (voir notre article détaillé). Comprenant également la location de quatre H160 (qui seront livrés en 2022 par Airbus à la 32F), cette flotte intérimaire permettra d’attendre la mise en service des futurs Guépard Marine (version navale du nouveau H160M), que la Marine nationale doit réceptionner à partir de 2028. La flottille va au passage reprendre les traditions de l’escadrille 22S, qui va disparaitre avec la fin des Alouette III, et combiner une double fonction : opérationnelle avec des embarquements sur frégates mais aussi de formation au profit de l’Ecole de spécialisation sur hélicoptères embarqués (ESHE). C’est pourquoi elle sera nommée 34F/ESHE et alignera en tout dix hélicoptères, dont quatre Dauphin déjà loués depuis 2018 à NHV pour des missions d’entrainement et de formation.

 

Le nouveau Wildcat britannique (© ROYAL NAVY)

Le nouveau Wildcat britannique (© ROYAL NAVY)

 

L'aventure Lynx se poursuit à l'étranger

L’histoire du Lynx ne s’achève cependant pas avec sa sortie de la flotte française. Cette machine, produite à plus de 400 exemplaires, a connu un beau succès à l’export, une quinzaine de pays en faisant l’acquisition en plus du Royaume-Uni et de la France. Des appareils sortis dans différentes versions alors que le Lynx a régulièrement fait l’objet d’évolutions et de rénovations. De nouveaux modèles profondément modernisés ont même vu le jour, comme les Super Lynx 300 livrés à l’Algérie il y a quelques années. Dans la foulée, AugustaWestland a mené à bien le programme AW159 Wildcat, qui a vu le développement d’une nouvelle génération de Lynx appelée à succéder à son vieil aîné dans les forces britanniques, notamment pour les missions de lutte ASM et antinavire. Une machine commandée à 62 exemplaires par le Royaume-Uni, dont 28 pour la Royal Navy qui en a pris livraison entre 2014 et 2016 (les derniers Lynx de première génération de la Fleet Air Arm étant retirés du service en 2017). Plusieurs pays ont par ailleurs adopté le Wildcat (Algérie, Corée du Sud et Philippines). La famille Lynx va donc continuer de voler très longtemps encore au-dessus des mers du monde entier.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

 

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