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Avec les Paniers de la mer, le poisson invendu n’est pas perdu

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Avec les Paniers de la mer, le poisson invendu n’est pas perdu

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Depuis la création du premier panier de la mer en 1997 au Guilvinec puis l’implantation de l’activité sur le port de Saint-Guénolé en 2010, l’initiative a fait des émules sur le littoral Atlantique. La fédération nationale des Paniers de la mer regroupe désormais cinq chantiers d’insertion de Boulogne à la Turballe. « On récupère les invendus de poisson et une fois préparé, surgelé, valorisé, on le met à disposition des associations : Restos du Cœur, Secours populaire, Banque alimentaire, ANDES. En 2019, on a récupéré plus de 320 t d’invendus et 168 t ont été redistribuées aux associations d’aide alimentaire. On a couvert ainsi 58 départements soit les deux-tiers de la France », comptabilise le directeur Jean-Marie Le Buan.

Un dispositif d’insertion qui fait ses preuves

Au-delà de la lutte contre le gaspillage alimentaire, c’est aussi le dispositif d’insertion qui est mis en avant par ce prix. Sur dix ans, ce sont ainsi 120 salariés en moyenne qui passent chaque année par ces chantiers d’insertion avec un taux de sorties positives de 50 à 55 %. « L’objectif n’est pas d’en faire des mareyeurs mais qu’ils retrouvent un cadre de travail, des horaires, le respect des règles de sécurité et d’hygiène, de lever des freins à l’embauche et de construire durant cette période un projet professionnel avec eux », décrit le directeur. Avec, à l’arrivée, une réinsertion dans des métiers très variés, de la ferronnerie au service à la personne en passant par le commerce et l’agroalimentaire.

En quête d’autres sources d’approvisionnement

Face à la demande croissante des associations d’apports nutritionnels de qualité, la fédération est à la recherche d’autres sources d’approvisionnement. L’idée est de se tourner aussi vers le poisson de report, non vendu et congelé. Ce projet qui nécessite un matériel spécifique à sa transformation et à son reconditionnement en portion individuelle, serait financé à hauteur de 80 % par le fonds de l’Union Européenne consacré aux affaires maritimes et à la pêche (FEAMP). Pour trouver les 5 000 € restant, la fédération vient de lancer un appel au financement participatif via la plateforme Ulule. « L’objectif est de récupérer 25 t de poisson supplémentaires qui vont à l’aide alimentaire également. Une étude technique va être menée sur l’atelier de Saint-Guénolé. On espère que cela va se mettre en place en 2021 et qu’on pourra le dupliquer à d’autres ateliers », précise Jean-Marie Le Buan. D’autres pistes sont également explorées, comme l’accès au marché de Rungis.

Face une raréfaction de la ressource halieutique, la réflexion porte par ailleurs sur la diversification de l’activité vers d’autres produits, en nouant des partenariats avec les piscicultures ou les conchyliculteurs qui attrapent régulièrement des dorades dans leurs filets de protection.

Après les deux mois de confinement, l’activité a redémarré mi-mai. « On a bien travaillé cet été même si on n’a pas totalement rattrapé le retard. Cela dépendra de la météo mais on devrait bien s’en sortir », rassure Jean-Marie Le Buan.

* Les Trophées dont c’est la 14e édition, sont organisés par l’État, l’Ademe Bretagne et la Région. Huit trophées ont été décernés cette année. Ils valorisent les actions menées par les associations, les entreprises, les acteurs publics et les établissements d’enseignement sur le territoire breton.

Un article de la rédaction du Télégramme