Disp POPIN non abonne!
Défense

Actualité

Avec l’Indonésie, les Coréens livrent leur premier sous-marin à l’export

Défense

Daewoo Shipbuilding & Marine Engineering a livré début août le Nagapasa. Il s’agit du premier d’une série de trois unités dérivées du type allemand 209/1400 commandées en décembre 2011 par l’Indonésie. Et c’est surtout le premier sous-marin achevé par la Corée du sud pour le marché export.

Après 16 jours de transit depuis le chantier DSME d’Okpo, qu’il a réalisé par ses propres moyens, le Nagapasa a rejoint le 28 août la base navale de Surabaya, à l’Est de l’île de Java. Long de 61 mètres pour un déplacement de près de 1600 tonnes en plongée, ce bâtiment peut mettre en œuvre 14 torpilles lourdes et missiles antinavire. Alors que son premier sistership, l'Ardadedali, est en construction chez DSME en vue d’un achèvement en 2018, la troisième unité de la série, qui devrait prendre le nom d'Alugoro, fait l’objet d’une réalisation en transfert de technologie. Produit avec l’assistance technique sud-coréenne, ce troisième sous-marin sortira du chantier PT PAL de Surabaya, qui disposera donc des capacités nécessaires pour prolonger éventuellement la série.

 

Le Nagapasa (© DR)

Le Nagapasa (© DR)

 

La marine indonésienne ne cache en effet pas son souhait de développer encore ses capacités sous-marines, qui ne comptaient jusqu’ici que deux bâtiments du type 209/1300, les Cakra et Nanggala, construits par les chantiers allemands HDW de Kiel et mis en service en 1981.

Alors que sa flotte de surface se modernise également, avec notamment les deux nouvelles corvettes du type SIGMA 10514, l’Indonésie fait clairement des sous-marins une affaire prioritaire. Il faut dire que la situation géopolitique est sensible en Asie du sud-est, où les moyens navals, en particulier sous la surface de l'eau, sont en plein essor. Le développement indonésien dans ce domaine s’accompagne aussi d’un effort significatif pour mieux cartographier les eaux de ce gigantesque Etat archipélagique comptant 250 millions d’habitants et 17.000 îles. A cet effet, les bâtiments hydro-océanographiques Rigel et Spica, livrés en 2015 par le chantier français Ocea, ont été employés de manière particulièrement intensive depuis deux ans. 

Quant aux Sud-coréens, ce premier contrat à l’export, d’une valeur de 1.1 milliard de dollars, leur permet d’entrer de plein pied sur le marché international des sous-marins, où ils viennent désormais concurrencer les acteurs européens historiques, à commencer par les Allemands et les Français, ainsi que les Russes, mais aussi les Chinois, qui semblent devoir revenir en force et ont remporté récemment plusieurs contrats (Pakistan, Thaïlande, Bangladesh).

Les bâtiments vendus à l’Indonésie adoptent un design d’origine allemande, DSME produisant une version agrandie des 9 unités sud-coréennes de la classe Chang Bogo (type 209/1200 / KSS I), mises en service entre 1993 et 2001. Après la production de la tête de série chez HDW à Kiel, les 8 autres ont été construits avec l’aide allemande à Okpo. Depuis, les chantiers coréens (Daewoo et Hyundai) ont réalisé, toujours en transfert de technologie, des sous-marins du type 214 (KSS II), l’un des modèles les plus récents de l’industrie allemande, avec six unités livrées entre 2006 et 2017, ainsi que trois autres en construction.

 

Type 214 de la marine sud-coréenne (© DR)

Type 214 de la marine sud-coréenne (© DR)

 

Après ces bâtiments de 65 mètres et plus de 1800 tonnes en plongée équipés d’un système de propulsion anaérobie, la Corée du sud voit désormais plus gros. DSME a, ainsi, mis sur cale en mai 2016 le premier sous-marin océanique de conception nationale (KSS III), un bateau de 83.5 mètres et 3700 tonnes en plongée qui doit être opérationnel au début de la prochaine décennie. Deux autres sont déjà en construction sur un total de 9 prévus d’ici 2030. Le pays, qui a aussi un savoir-faire dans le domaine des sous-marins de poche, devrait ainsi pouvoir proposer une large gamme de produits à l’export, tant pour des opérations côtières qu’hauturières.

 

Asie