Construction Navale
Avec Meyer Werft, RCCL se lance dans l’aventure des piles à combustible

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Avec Meyer Werft, RCCL se lance dans l’aventure des piles à combustible

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En plus d’annoncer un nouveau projet de paquebots dotés d’une propulsion au GNL, le groupe américain Royal Caribbean Cruises Ltd a décidé de tester la technologie des piles à combustible. Le groupe allemand Meyer Werft, dont la filiale finlandaise de Turku réalisera les futurs navires du programme Icon, fournira la technologie. Des essais se seront menés à partir de 2017 sur un paquebot de la classe Oasis, un emploi plus large étant prévu pour les futures unités de la classe Quantum, dont les quatrième et cinquième exemplaires doivent sortir du chantier Meyer Werft de Papenburg en 2019 et 2020. Puis un nouveau cap doit être franchi avec les Icon.

Alimenter les fonctions hôtelières

« Comme la technologie devient plus compacte et efficace, les piles à combustible sont de plus en plus viables pour alimenter de manière significative les fonctions hôtelières des navires. Nous allons commencer à tester ces possibilités dès que possible, et chercher à maximiser leur utilisation pour la mise en service de la classe Icon. Nous avons un long délai avant la mise en service de ces navires et nous allons le mettre à profit pour travailler avec Meyer Turku afin d’adapter les piles à combustible à un usage maritime », explique Harri Kulovaara, architecte en chef des navires de RCCL, qui précise que cela fait une dizaine d’années que le groupe s’intéresse à cette technologie et l’estime désormais suffisamment mature pour justifier des investissements.

Et Royal Caribbean a été séduit par les recherches et progrès accomplis dans ce domaine par l’industrie allemande. En 2009, un ambitieux programme, e4ships, a été lancé de l’autre côté du Rhin. Doté d’un budget d’1.4 milliard d’euros, il réunit notamment les chantiers Meyer Werft, FSG, Lürssen et TKMS, la société de classification DNV-GL, la compagnie AIDA Cruises, l’université Leibniz de Hannovre, le gouvernement fédéral et bien d’autres.

Un vaste programme de R&D en Allemagne

Les partenaires ont développé deux projets phares, dont les premiers résultats ont été présentés le mois dernier au salon SMM de Hambourg.

Il y a notamment Pa-X-ell, mené par Meyer Werft et qui vise à tester des piles à combustible à membrane électrolyte polymère (PEM) haute température à bord de navires à passagers. Meyer Werft a commencé par installer un démonstrateur de 30 kW dans son chantier puis un autre à bord du ferry Mariella de Viking Line. Sur ce dernier, les ingénieurs du projet ont installé un système de PEM alimenté au méthanol, développé par Fischer Eco Solutions et SerEnergy, d’une puissance de 90 kW. Le système, qui convient en complément de la production d’énergie « traditionnelle »,  fonctionne en tri-génération, fournissant de la chaleur, du froid et de l’électricité. Le principe modulaire que peut offrir un tel dispositif intéresse beaucoup les chantiers et armateurs, notamment pour les navires à passagers. Il permettrait de mettre en place un réseau décentralisé d’apport d’énergie à bord, séparant notamment la production destinée à l’hôtellerie et celle dédiée à la propulsion.

Le second projet d’e4ships, SchIBZ est réalisé par un consortium mené par TKMS. Son objectif est le développement d’un système hybride diesel/pile à combustible d’une puissance de 100 à 500 kW pour fournir la propulsion principale de navires. Le premier démonstrateur a été installé à bord du Forester de Bremer Reederei sous la forme d’un système conteneurisé de 50 kW : alimenté par du diesel (qui devrait ensuite être remplacé par du GNL), il utilise une batterie au lithium comme tampon entre la pile à combustible et le réseau électrique du bord. 

 

Royal Caribbean Meyer Werft