Construction Navale
Avec ses chantiers allemands, Genting veut sortir jusqu’à 30 navires en 10 ans

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Avec ses chantiers allemands, Genting veut sortir jusqu’à 30 navires en 10 ans

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Pour les propres besoins de ses trois filiales croisière, mais aussi pour des clients extérieurs... Le groupe asiatique Genting Hong Kong, qui vient de boucler le rachat de Nordic Yards et de ses trois chantiers allemands, a clairement l’intention de devenir le quatrième grand pôle européen de construction de paquebots, aux côtés de l’Italien Fincantieri, de STX France et de l’Allemand Meyer Werft, qui en plus de son site de Papenburg exploite celui de Turku, en Finlande.

Deux gros paquebots et un navire moyen ou un yacht chaque année

Après la reprise du chantier Lloyd Werft de Bremerhaven, en 2015, Genting s’est offert Nordic Yards, implanté à Warnemünde, Wismar et Stralsund, pour un montant de 230.6 millions d’euros. « Cette acquisition nous donne l’expertise, la main d’œuvre, la capacité de fabrication et les docks couverts nécessaires à la réalisation d’une flotte globale pour nos trois marques : Crystal Cruises, Dream Cruises et Star Cruises », explique le groupe, dont le président, Tan Sri Lim Kok Thay, révèle les ambitions industrielles de ses trois nouveaux chantiers allemands (hors Bremerhaven donc) : « Notre objectif est de porter leur capacité de livraison à deux méga-navires de croisière et un paquebot de taille moyenne ou un méga-yacht chaque année pendant une décennie, non seulement pour notre propre flotte, mais aussi pour d’autres compagnies de croisière et des propriétaires de yachts ».

 

La classe Exclusive (© CRYSTAL CRUISES)

La classe Exclusive (© CRYSTAL CRUISES)

 

Premières commandes pour Crystal Cruises

Pour l’heure, Genting a passé commande de trois paquebots de 100.000 GT et 1000 passagers (classe Exclusive) pour Crystal Cruises, la tête de série devant entrer en flotte en 2019 et les autres en 2020 et 2021. Quatre navires fluviaux de 84 à 110 passagers seront quant à eux livrés en 2017, alors que le Crystal Endeavour, premier méga-yacht d’expédition de la compagnie (25.000 GT, 200 passagers), sera opérationnel en 2018. Le mois dernier, Lloyd Werft, sous la bannière duquel ont été regroupés l’ensemble des chantiers allemands détenus par Genting, indiquait que son carnet de commandes comptait désormais 10 unités, sans préciser les projets qui n’ont pas encore été officiellement dévoilés.

 

Le Crystal Endeavour (© CRYSTAL CRUISES)

Le Crystal Endeavour (© CRYSTAL CRUISES)

 

Un très gros contrat attendu le 10 mai

On devrait en savoir plus le 10 mai, date à laquelle Gentin annonce qu’il va signer « une nouvelle commande significative » pour Lloyd Werft Group, avec une série de navires à livrer jusqu’en 2026. La veille, un nouveau centre de design accueillant 250 ingénieurs et architectes sera inauguré à Bremerhaven, alors que la construction des navires fluviaux de Crystal Cruises sera lancée.

 

 

100 millions d’euros d’investissement dans l’outil industriel

Les ex-sites de Nordic Yards vont, quant à eux, bénéficier d’importants investissements dans leur outil industriel. Pas moins de 100 millions d’euros vont être notamment consacrés à la modernisation des capacités de production d’acier, ainsi qu’à la création d’une usine de fabrication de cabines.

Des paquebots allant jusqu’à 200.000 GT

Selon Genting, les chantiers de Wismar et Warnemünde, avec leurs formes couvertes de 340x67 mètres et 320x54 mètres, seront capables de réaliser des paquebots allant jusqu’à 200.000 GT. Quant au site de Stralsund, il pourra réaliser des navires de croisière et yachts allant jusqu’à 270 mètres de long et 50.000 GT de jauge.

Répondre à la saturation des constructeurs traditionnels

La reprise de chantiers navals par un armateur, une première dans l’histoire moderne de la croisière, résulte de l’explosion des commandes de paquebots qui sature les cales des constructeurs traditionnels. Or, Genting a décidé d’investir massivement et sans attendre sur ce secteur. Le groupe, qui ne fait manifestement pas confiance aux chantiers asiatiques pour réaliser des paquebots, a donc saisi l’opportunité d’une reprise de Lloyd Werft puis Nordic Yards, qui lui assurent les moyens de son développement. Un plan qui concerne Crystal Cruises, la montée en puissance de Dream Cruises et le renouvellement de la flotte vieillissante de Star Cruises, qui exploite six navires.

 

Le Genting Dream (© DREAM CRUISES)

Le Genting Dream (© DREAM CRUISES)

 

Meyer Werft premier perdant

Le premier perdant de cette nouvelle concurrence en Europe sera, à n’en pas douter, l’Allemand Meyer Werft, dont le site de Papeburg livrera en octobre prochain et un an plus tard les Genting Dream et World Dream (151.300 GT, 1682 cabines). Il s’agit des deux premiers navires de Dream Cruises, nouvelle marque que Genting lance sur un marché asiatique en plein essor. Il parait ensuite évident que les prochains navires de cette compagnie seront confiés au groupe Lloyd Werft. Il sera aussi intéressant de voir si ce dernier récupère au passage Norwegian Cruise Line. La compagnie américaine, ancienne filiale de Genting via Star Cruises, prendra livraison de trois paquebots construits à Papenburg entre 2017 et 2019. Et on sait qu’elle réfléchit pour la suite à une nouvelle série de très gros navires.  

Un nouveau bond pour le carnet de commandes mondial

Le déploiement de nouvelles capacités industrielles pour la construction de paquebots va permettre d’accroître le carnet de commandes cumulé des différents chantiers. Ces derniers ont, pour l’heure, 58 paquebots à livrer d’ici 2024 (y compris le Crystal Endeavour et les trois unités de 100.000 GT). Cela représente un investissement global de plus de 41 milliards de dollars et une capacité de 174.000 lits, alors que la flotte mondiale compte actuellement environ 300 navires pour 500.000 lits, l’augmentation de la capacité ayant été de 60% sur la dernière décennie.

Des perspectives de croissance très importantes

Le niveau d’investissement actuel de l’industrie de la croisière atteint un seuil historique, tant en nombre qu’en taille de navires, avec une course continue au gigantisme et, en parallèle, le développement d’autres segments, comme le luxe et les voyages d’expédition. Une fièvre de commandes portée par des perspectives de croissance très élevées. Ainsi, l'industrie de la croisière table sur près de 34 millions de passagers dans le monde en 2026, contre 24 millions cette année et 13 millions en 2004.

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