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Avenir incertain pour le Karel Doorman néerlandais

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Avenir incertain pour le Karel Doorman néerlandais

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Mis sur cale en juin 2011 au chantier Damen de Galati, en Roumanie, le bâtiment de ravitaillement et de soutien logistique Karel Doorman a été remorqué jusqu’au site du groupe à Flessingue, aux Pays-Bas, où il est arrivé en août. Le bâtiment doit y être achevé pour le compte de la marine néerlandaise. Mais ce n’est toutefois plus certain. En raison de coupes budgétaires, les Pays-Bas pourraient en effet, selon la presse néerlandaise, tenter de vendre le bâtiment à une marine étrangère. Une manière d’économiser environ 300 millions d’euros alors que de nouveaux efforts financiers sont demandés au ministère de la Défense.

 

 

Le Karel Doorman, ou JSS (

Le Karel Doorman, ou JSS (© DAMEN)

 

 

La piste canadienne

 

 

Alors que chez Damen, on ne souhaite faire aucun commentaire quant à l‘avenir du bâtiment, la piste d’une vente au Canada a bien évidemment été soulevée par certaines observateurs. Il faut dire qu’à l’origine, le concept du Joint Support Ship, qui a donné naissance au Karel Doorman, avait été imaginé par Damen pour les besoins de la marine canadienne. Celle-ci avait, en effet, exprimé dans les années 2000 le souhait de se doter d’un bâtiment multifonctions, à la fois pétrolier-ravitailleur et unité de transport de troupes et de matériel. La vente du JSS à Ottawa avait néanmoins échoué, les Canadiens décidant finalement, cette année, de retenir la proposition de TKMS pour construire deux unités dérivées des bâtiments logistiques allemands du type 702 (Berlin). Attendus à partir de 2017, les nouveaux ravitailleurs doivent remplacer les vénérables HMCS Protecteur et HMCS Preserver, mis en service en 1969 et 1970 et qui sont à bout de souffle. Il reste maintenant à voir si l’éventuelle mise en vente du Karel Doorman remet en cause ce programme, ou le complète éventuellement. Ou bien, s’ils décident de le céder, comment les Néerlandais parviendront à trouver un acquéreur au bâtiment.

 

 

Le Karel Doorman lors de son arrivée en remorque à Flessingue (

Le Karel Doorman lors de son arrivée en remorque à Flessingue (© DAMEN)

 

 

Toujours présent sur le site de la marine néerlandaise

 

 

Pour l’heure, le projet figure encore sur le site de la marine néerlandaise, sa page ayant été mise à jour cet été. Il y est toujours fait état d’une mise en service du bâtiment en 2015, à l’issue de son achèvement par le site Damen Schelde Naval Shipbuilding (DSNS) de Flessingue et de sa période d’essais. Pour mémoire, le Karel Doorman doit remplacer le pétrolier-ravitailleur Zuiderkruis, opérationnel en 1975 et désarmé en 2012, mais aussi l’Amsterdam, bien plus récent puisque datant de 1995, mais qui doit être retiré du service l’an prochain. Autant dire que si la marine néerlandaise doit faire l’impasse sur le Karel Doorman et souhaite conserver une capacité de ravitaillement à la mer, soit l’Amsterdam sera prolongé, soit il faudra construire un autre pétrolier-ravitailleur, sans doute plus simple, moins grand et donc moins coûteux.

 

 

Vue du JSS ravitaillant un patrouilleur du type Holland et une frégate type LCF (

Vue du JSS ravitaillant un patrouilleur du type Holland et une frégate type LCF (© DAMEN)

 

 

Un bâtiment multifonctions

 

 

Long de 204.7 mètres pour une largeur de 30.4 mètres, le Karel Doorman doit présenter un déplacement de 27.800 tonnes en charge. Doté d’une propulsion diesel-électrique, avec une puissance totale installée de 26 MW, il doit pouvoir atteindre la vitesse de 18 nœuds. En matière de ravitaillement à la mer, il compte deux bras situés de chaque bord et permettant de servir simultanément deux unités. La capacité d'emport est de 8000 m3 de combustible et 1000 m3 de carburant aviation, ainsi que 450 m3 d'eau potable et 400 tonnes de munitions. Comme on l’a vu, le Karel Doorman doit également servir de bâtiment de projection, capable d’acheminer sur un théâtre d’opération des hommes et surtout du matériel. A cet effet, il compte 2000 mètres linéaires de garages avec une capacité de 5000 tonnes de fret roulant, y compris des véhicules blindés. Une grue, d’une capacité de 40 tonnes, permet la manutention de charges lourdes, à quai ou sur des chalands de débarquement, alors que ces derniers peuvent également transborder les véhicules à l’arrière, en porte à porte.

 

 

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(© DAMEN)

 

Vue du Karel Doorman avec en arrière plan de Johan de Witt (

Vue du Karel Doorman avec en arrière plan de Johan de Witt (© DAMEN)

 

 

L’idée de la marine néerlandaise est, en fait, de se servir du Karel Doorman comme un moyen complémentaire aux transports de chalands de débarquement Johan de Witt et Rotterdam. Le JSS, qui n’emporte que de petits chalands de transport de personnel, est également conçu pour les opérations humanitaires. A ce titre, il dispose d’importantes infrastructures hospitalières, avec notamment deux blocs opératoires. Le soutien des troupes au sol ou des populations sinistrées peut être effectué au moyen des chalands, ou encore d’hélicoptères, la plateforme du Karel Doorman pouvant accueillir deux machines du type Chinook.

En matière d’électronique, le bâtiment est conçu pour disposer, comme les quatre patrouilleurs hauturiers du type Holland, d’un mât intégré rassemblant l’ensemble des senseurs et servant à la mise en œuvre de l’armement. Celui-ci doit comprendre un système multitubes Goalkeeper, deux canons télé-opérés de 30mm et des mitrailleuses. 

 

 

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(© MINISTERE NEERLANDAIS DE LA DEFENSE)

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