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AVSIMAR : Dassault Aviation dévoile les Albatros, dont 9 seront réalisés en Inde

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AVSIMAR : Dassault Aviation dévoile les Albatros, dont 9 seront réalisés en Inde

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Dassault Aviation a dévoilé hier le premier visuel de l’Albatros, futur avion de surveillance et d’intervention maritime (AVSIMAR) de l’aéronautique navale française. Cela, à l’occasion de la visite dans son usine de Seclin (Nord) de Florence Parly, qui a récemment entériné en comité ministériel d’investissement la commande des premiers avions. Les Albatros, pour mémoire développés sur la base du biréacteur d’affaire Falcon 2000LXS, sont à assurer la succession des cinq Falcon 200 Gardian et huit Falcon 50 des flottilles 24F et 25F, basées en métropole et outre-mer (Polynésie et Nouvelle-Calédonie). Comme prévu dans le budget 2020 du ministère des Armées, ce contrat, qui n’est pas encore notifié à ce jour à Dassault Aviation, le sera d’ici la fin du mois de décembre. Le programme s’élève à 1.3 milliard d’euros pour 12 avions, au lieu de 13 initialement prévus. Cette légère réduction de la cible permettra, comme nous l’expliquions dans notre édition du 18 novembre, de financer l’acquisition de drones de surveillance maritime. Le contrat portera sur une première tranche ferme de 7 avions (avec une période de soutien technique sur 10 ans), les 5 autres faisant l’objet d’une option à affermir en 2025.

Un calendrier qui glisse et une production surprise en Inde

Concernant le calendrier, comme d’autres programmes, AVSIMAR glisse légèrement vers la toute fin de la loi de programmation militaire puisque les premières livraisons sont désormais annoncées en 2025, au lieu de 2024 comme prévu initialement par la LPM. Quant aux derniers appareils, on ne parle plus de 2030 mais « du début des années 2030 ».

Il faut dire que si les 3 premiers Albatros seront produits en France par Dassault Aviation, les 9 autres verront le jour en Inde, ce qui constitue une surprise. Cette décision découle en fait des engagements pris par l’avionneur français en matière de contreparties (offset) vers l’industrie locale suite à la vente à l’Inde, en 2016, de 36 Rafale produits à Mérignac. Dassault espère toujours vendre des avions de combat supplémentaires pour les forces aériennes et la marine indiennes. Mais comme toujours avec l’Inde, les procédures trainent en longueur et les appels d’offres sont toujours en cours. Or, il faut en attendant honorer les engagements pris il y a quatre ans et apporter de la charge à la nouvelle usine Dassault Reliance Aerospace Limited (DRAL), construite à Nagpur, dans l’Etat du Maharashtra, à l’ouest de l’Inde. Ce site, dont la première pierre a été posée en octobre 2017, est détenu à 51% par le groupe indien 51 % Reliance Infrastructure et à 49% par Dassault Aviation. L’usine, qui a commencé à être active dès 2018, a été réalisée pour fabriquer des pièces dans le cadre des offsets du contrat Rafale. Mais il s’agissait aussi de développer une chaine d’assemblage final pour les avions d’affaire Falcon, prévue pour sortir ses premiers appareils en 2022. Alors que le marché des jets privés n’est pas au meilleur de sa forme actuellement, DRAL va donc profiter du contrat des nouveaux avions de surveillance maritime français. « Les premiers Falcon 2000LXS servant de base au programme seront fabriqués en France, les suivants seront produits en Inde dans le cadre des offsets liés au contrat Rafale de 2016. Les transformations des 12 Falcon 2000LXS en Albatros seront toutes réalisées en France », indique Dassault.

Pour faire simple, les Indiens fourniront les avions en état de vol, qui seront ensuite équipés de leurs systèmes en France. Un montage industriel équivalent prévaut d’ailleurs pour les premiers avions de surveillance maritime bases sur le Falcon 2000LXS, produits pour les garde-côtes japonais. Dans ce cas, les appareils sortent de l’usine Dassault de Mérignac puis rejoignent les Etats-Unis pour l’intégration de leur radar (Searchmaster de Thales) et de leur système de mission (fourni par L3 Communications) avant d’être livrés au Japon.

Les équipements du futur avion français

Pour ce qui est de l’Albatros, le radar de surveillance sera également un Searchmaster, optimisé pour un emploi en milieu maritime et déjà retenu dans le cadre de la modernisation des avions de patrouille maritime Atlantique 2. Thales n’est en revanche pas parvenu à placer son système de mission Amascos. C’est Naval Group qui, après avoir rénové le système LOTI des Atlantique 2, se chargera de cette partie du programme. Les avions seront également équipés d’une boule optronique Euroflir 410 de Safran. Ils seront dotés d’un système de communication par satellite et de la nouvelle liaison de données tactique L22, qui commence à entrer en service dans la flotte française. Ces appareils disposeront de hublots d’observation, d’un détecteur de balises de détresse et d’un système de largage de chaîne SAR (marqueurs, bouées et radeaux) pour les missions de sauvetage en mer. Pour la surveillance du trafic maritime, ils seront bien sûr équipés d’un récepteur de signaux d’identification automatique des navires (AIS) alors que leurs systèmes seront durcis contre le brouillage GPS, qui devient de plus en plus fréquent dans certaines zones.

Des capacités accrues par rapport aux actuels Falcon de la marine

L’Albatros est la version française du Falcon

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