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AVSIMAR : moins de Falcon, plus de drones ?
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AVSIMAR : moins de Falcon, plus de drones ?

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Destiné à remplacer les actuels Falcon 200 puis les Falcon 50 de l’aéronautique navale française, le programme des nouveaux avions de surveillance et d’intervention maritimes (AVSIMAR) doit être notifié début 2020. Mais son contenu pourrait bien évoluer. Comme annoncé en juin dernier par Florence Parly, et conformément à l’actuelle loi de programmation militaire (LPM), la commande initiale portera sur 7 avions baptisés Albatros. Ils seront développés par Dassault Aviation sur la base de son avion d’affaire Falcon 2000 LXS. Les trois premiers appareils doivent être livrés en 2024 et 2025. Pour la suite, en revanche, l’acquisition initialement prévue de six autres Albatros afin de remplacer nombre pour nombre d’ici 2030 les cinq Falcon 200 stationnés en Polynésie et en Nouvelle-Calédonie, ainsi que les huit Falcon 50 basés en Bretagne et qui interviennent régulièrement hors de l’Hexagone, n’est plus acquise.

Depuis une bonne décennie que ce projet de renouvellement des appareils de surveillance maritime est sur la table, la technologie a en effet évolué et l’avion n’est plus l’unique vecteur envisageable. La Marine nationale voudrait ainsi acquérir des drones de type MALE (moyenne altitude longue endurance) équipés de différents systèmes (moyens radar et optronique, récepteur AIS…) qui présenteront l’avantage d’une autonomie supérieure et, pour un coût moindre que celui de l’avion, pourront surveiller des surfaces plus importantes. Un vrai atout notamment dans les vastes territoires français d’Outre-mer. Cela ne signe pas la fin des avions de surveillance maritime, qui demeureront indispensables pour certaines missions. Les drones seront complémentaires, la marine comptant avec une flotte de SURMAR mixte, composée d’engins habités et d'autres non, accroître ses capacités opérationnelles et optimiser l’emploi de ses matériels. C'est pourquoi le nombre final d'Albatros va devoir être redéfini et l’enveloppe budgétaire prévue dans le cadre d'AVSIMAR pour les six avions en option pourrait être en partie au moins affectée à l’achat de drones MALE. On notera que ces derniers pourront aussi suppléer les Atlantique 2 aujourd'hui employés pour des missions de SURMAR, sachant que seuls 18 des 22 avions de patrouille maritime français vont être modernisés. 

Pour ce qui est des drones, plusieurs options sont possibles, allant d’une solution légère comme le Patroller M de Safran à des engins plus lourds comme ceux envisagés dans le cadre du projet européen MALE RPAS, porté par la France, l’Allemagne et l’Italie, réunissant côté industriel Airbus, Dassault et Leonardo.

 

Maquette du MALE RPAS dévoilée en 2018 (© DASSAULT AVIATION - V. ALMANSA)

Maquette du MALE RPAS dévoilée en 2018 (© DASSAULT AVIATION - V. ALMANSA)

 

Un projet complexe prévu pour voir le jour vers 2025 et que la Marine nationale suit de près. Celle-ci s’intéresse par ailleurs à d’autres moyens nouveaux pour compléter son réseau de surveillance maritime, comme des évolutions au niveau des satellites, les ballons captifs ou encore les pseudolites, à l’image du Zéphir, le HAPS (High-Altitude Pseudo Satellite) conçu par Airbus. Cet engin de 25 mètres d'envergure mais dont la masse n'est que de 75 kg, est capable de voler à plus de 65.000 pieds. Il évolue dans la stratosphère et présente une autonomie considérable grâce à ses panneaux solaires, qui alimentent deux moteurs électriques. En juillet 2018, le Zephyr a réalisé un vol de près de 26 jours. Capables de produire de l’imagerie haute résolution, de tels engins permettraient de surveiller de très vastes étendues et servir de relais de communication, sur des zones particulières ou en « couverture » d’une force navale. Airbus et la Marine nationale prévoient des expérimentations en ce sens.

 

Le HAPS Zephyr (© AIRBUS)

Le HAPS Zephyr (© AIRBUS)

Le HAPS Zephyr (© AIRBUS)

Le HAPS Zephyr (© AIRBUS)

 

Marine nationale Dassault Aviation