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BAE Systems emporte le contrat géant des frégates australiennes

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BAE Systems emporte le contrat géant des frégates australiennes

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Enorme succès pour BAE Systems et, à contrario, gros revers pour l’Espagnol Navantia et l’Italien Fincantieri. Le groupe britannique a été retenu par l’Australie pour le programme SEA 5000 portant sur la construction de 9 nouvelles frégates destinées à remplacer les unités du type ANZAC de la Royal Australian Navy. Un marché gigantesque de 35 milliards de dollars australiens (24 milliards d’euros), soit le plus important de l’histoire récente ouvert à la compétition internationale après un autre programme australien, celui des 12 futurs sous-marins océaniques de la RAN (50 milliards de dollars australiens, 34 milliards d’euros), décroché en 2016 par le Français Naval Group.

Le modèle retenu par l’Australie est une version dérivée des futures frégates du type 26 de la Royal Navy, unités de 149.9 mètres de long pour 20.8 mètres de large dont le déplacement atteindra près de 7000 tonnes en charge. BAE Systems a débuté en juillet 2017 la construction de la tête de série, le HMS Glasgow, dont la mise en service est prévue d’ici 2025.

Conformément à la volonté de Canberra, la version de la T26 destinée à la RAN disposera d’un radar à antennes fixes australien CEAFAR 2. Les bâtiments disposeront également d’un système américain de défense aérienne de la famille Aegis, les Etats-Unis fournissant également les missiles surface-air (SM-2 et ESSM pour 32 cellules de lancement vertical) et antinavire. Plutôt dédiés à la lutte anti-sous-marine, les futures frégates australiennes seront dotées d'un sonar de coque S2150 et d'un sonar remorqué S2087 (Captas 4) de Thales, de torpilles MU90 et pourront embarquer deux hélicoptères Romeo gréés pour les missions ASM (sonar trempé, torpilles) ou une machine de ce type et un drone à voilure tournante. Le reste de l’armement comprendra une tourelle principale Mk45 de 127mm, deux canons télé-opérés de 30mm et deux systèmes multitubes Phalanx.

La construction de la première unité du programme SEA 5000 doit débuter en 2020 en vue d’une livraison en 2027, la dernière de la série devant intégrer la flotte d’ici 2042. Ces frégates, qui formeront la classe Hunter, seront réalisées par le chantier ASC d’Osborne, près d’Adelaide, où les sous-marins du programme AFS (Australian Future Submarine) vont également voir le jour. Le programme doit permettre de créer 4000 emplois dans le pays.

 

La version de la FREMM proposée à l'Australie par Fincantieri (© FINCANTIERI)

La version de la FREMM proposée à l'Australie par Fincantieri (© FINCANTIERI)

 

A l’issue d’un appel d’offres international, l’Australie avait pour mémoire sélectionné en 2016 trois finalistes. Navantia, qui avait été précédemment sélectionné pour les trois destroyers lance-missiles du programme AWD, proposait une nouvelle variante de la F-100 espagnole équipée du CEAFAR. Fincantieri, de son côté, avait une offre basée sur la FREMM italienne, dotée du même radar. Pour ces deux compétiteurs, l’échec face à BAE Systems est très important. Alors que l’Italien rate ce qu’il espérait être son premier contrat majeur à l’export, qui lui aurait au passage permis de peser plus lourdement dans le cadre de son projet d’alliance avec Naval Group, l’Espagnol rate quant à lui un contrat colossal qui aurait pu permettre de redresser sa situation financière très délicate.

 

La version de la F-100 proposée à l'Australie par Navantia (© NAVANTIA)

La version de la F-100 proposée à l'Australie par Navantia (© NAVANTIA)

 

A l’inverse, BAE Systems, dont il faut dire qu’il était donné favori ces dernières semaines, réussit un coup magistral avec, pourtant, une frégate qui n’existe pas encore. Et cela renforce évidemment sa position sur l’appel d’offres encore plus gigantesque des 15 futures frégates canadiennes. Un marché évalué à 62 milliards de dollars canadiens, soit 40 milliards d’euros, pour lequel le groupe britannique est également donné favori.

Pour en revenir à l’Australie, le programme SEA 5000 complète l’énorme plan de modernisation et de développement de la RAN et de l’industrie navale australienne. Il avait été précédé par le programme des sous-marins et celui des 12 nouveaux patrouilleurs hauturiers de 80 mètres et 1700 tonnes (2 milliards d’euros) notifié en janvier dernier au constructeur allemand Lürssen, qui fera réaliser les deux premiers exemplaires à Osborne et les suivants à Henderson.

Marine australienne BAE SYSTEMS