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Baisse des quotas pour la pêche du cabillaud baltique
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Baisse des quotas pour la pêche du cabillaud baltique

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Réunis à Bruxelles en conseil agriculture et pêche les ministres des 28 États membres ont adopté une série de mesures pour préserver l’état des stocks de cabillaud, une espèce particulièrement menacé en mer Baltique. La situation est tellement préoccupante que Bruxelles a décidé, dès juillet, d’interdire cette pêche jusqu’à la fin de l’année dans la majeure partie de la mer Baltique.

Pour 2020, les ministres se sont mis d’accord sur un quota réduit de 2 000 tonnes (-17 %), pour le cabillaud oriental. Le quota pour le cabillaud occidental est fixé à 3 806 tonnes, soit une baisse de 60 % par rapport à 2019. C’est toutefois un peu moins que ce que proposait la Commission (-68 %).

Le Conseil a également donné son feu vert à des mesures supplémentaires, notamment pour la pêche récréative (cinq poissons par pêcheur par jour) et étendu les périodes de fermetures sur certaines zones. « Des mesures courageuses », a salué le ministre finlandais Jari Leppä, dont le pays assure la présidence tournante de l’Union européenne. Une position à mille lieues de celle des ONG qui estiment que l’alerte donnée par les scientifiques n’a pas été entendue. « État critique du stock signifie quota zéro, s’agacent WWF et Oceana, il en va de la crédibilité de l’Union européenne ».

Un article de la rédaction du Télégramme

Pourquoi le cabillaud est-il le poisson préféré des Français ?

Sur les étals de poissonnerie, impossible de passer à côté : le cabillaud, plus particulièrement le filet, est toujours en bonne place. Et pour cause, c’est le poisson frais préféré des Français : un achat sur cinq est du cabillaud, selon les derniers chiffres de France Agrimer. Il a même réussi à détrôner le saumon.

À eux deux, ils représentent 37 % des ventes en France. Loin devant le lieu noir qui complète le podium des poissons les plus vendus.

Comment expliquer un tel succès pour ce poisson qui revient de loin ? Rappelons en effet que morue et cabillaud ne font qu’un. La première a longtemps été considérée comme le poisson du pauvre pendant de nombreuses années. Mais la tendance s’est inversée ces 20 dernières années.

 

 

Souvent présenté en filet sur les étals, le cabillaud a des atouts : une chair blanche, tendre, facile à cuisiner, un goût moins prononcé que celui d’autres espèces, un prix raisonnable et « surtout aucune arrête », explique un vendeur d’un rayon poissonnerie de la région qui confirme l’engouement pour l’espèce : « Entre tous les filets de poisson proposés dans notre rayon, c’est clairement celui qui se vend le mieux ».

Importation en masse

Au poisson frais, il faut également ajouter les surgelés. Là aussi, le cabillaud bat tous les records. Poissons panés, parmentiers, plats préparés… on le retrouve cuisiné à toutes les sauces. Afin de combler notre appétit grandissant pour ce poisson vivant dans les eaux froides, la France doit importer en masse : 182 750 tonnes par an entre 2014 et 2016, selon l’étude annuelle de Kantar World panel pour France Agrimer ! Comme le saumon, le cabillaud est en effet très peu pêché sur les côtes françaises : 11 810 tonnes par an en moyenne de 2014 à 2016.

Pêche interdite en mer Baltique

Les Français ne sont pas les seuls à raffoler de cette espèce sauvage. Pour satisfaire la demande mondiale, les prises ont considérablement augmenté. À tel point que dans certaines régions, les stocks se réduisent. L’été dernier, la Commission européenne a pris la décision radicale d’interdire jusqu’à la fin de l’année, la pêche au cabillaud dans la majeure partie de la mer Baltique.

Dans cette zone, les prises ont doublé entre 1970 et 1984, pour atteindre les 391 000 tonnes, avant de dégringoler à moins de 20 000 tonnes en 2018. L’espèce souffre également des changements biologiques (salinité de la mer Baltique, diminution de la taille à maturité, difficulté à se nourrir en raison des migrations de certaines de ses proies…).

Ce moratoire pourrait-il être prolongé et les Français devront-ils songer à se tourner vers d’autres espèces même si, plus au nord, Russes et Norvégiens poursuivent leur pêche ? Les ministres européens devraient trancher la question d’ici mardi soir.

Un article de la rédaction du Télégramme

 

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