Construction Navale
Balearia va commander deux ferries géants propulsés au GNL

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Balearia va commander deux ferries géants propulsés au GNL

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Marine Marchande

La compagnie espagnole compte faire construire les plus grands ferries d’Europe dotés d’une propulsion duale, fonctionnant aussi bien au gaz naturel liquéfié qu’au diesel. Dans cette perspective, Balearia a annoncé le 4 septembre la signature d’une lettre d’intention avec le chantier basque La Naval de Sestao. Cet accord doit, selon l’armement ibérique, déboucher dans les deux mois sur une commande ferme de deux navires, dont le coût global atteint 350 millions d’euros. La construction de la tête de série doit débuter l’an prochain en vue d’une livraison au premier trimestre 2018.

Longs de 225 mètres pour une largeur de 30.4 mètres, ces nouveaux vaisseaux seront donc les plus grandes unités de ce type fonctionnant au GNL et, même sans cette spécificité, feront partie des plus grands ferries réalisés jusqu’ici en Europe, le record étant actuellement détenu par le Stena Germanica (240 mètres) dans le Nord et par les cruise ferries de 225 mètres du groupe italien Grimaldi.  

Une transition vers le GNL débutée en 2013

Alors que le chantier de Sestao, qui travaillait plutôt sur le secteur de l’offshore, des énergies marines et la construction de dragues, va pouvoir se relancer sur le segment des navires à passagers et développer son offre en matière de propulsion au gaz, Balearia poursuit avec ce projet l’adaptation de sa flotte au GNL. La compagnie avait, en effet, déjà décidé en 2013 de remotoriser les navires rapides Ramon Llull, Jaume II et Jaume III avec des moteurs Bergen fonctionnant exclusivement au gaz et alimentant des waterjets. Puis, en mars dernier, Rolls-Royce avait signé un contrat pour équiper le ferry Abel Matutes d’un moteur Bergen au GNL complétant la propulsion classique du navire.

Avec la commande prochaine de deux grands ferries propulsés au gaz, Balearia confirme donc et amplifie sa stratégie vers ce nouveau carburant, ce qui est encore assez avant-gardiste en Europe du sud. « L’investissement dans la construction de nouveaux navires est le moyen de faire croître la compagnie et de la rendre plus compétitive. Ces nouveaux navires seront technologiquement avancés et innovants, non seulement pour la propulsion, mais également par l’intégration de différents systèmes nous permettant d’être plus respectueux de l’environnement, tout en offrant un meilleur service et un meilleur confort à la clientèle », explique Adolfo Utor, président de Balearia.

Anticiper le durcissement de la règlementation sur les émissions polluantes

L’emploi du GNL permettra notamment d’éliminer les émissions d’oxyde de soufre (SOx), de réduire à presque rien les rejets d’oxydes d’azote (NOx) et de limiter selon Balearia de 30%  les émissions de dioxyde de carbone (CO2). La compagnie espagnole suit donc le mouvement entamé en Europe du nord, où le renforcement de la règlementation sur les émissions de SOx a boosté le développement des moteurs fonctionnant au GNL. Une tendance qui va maintenant se développer en Méditerranée, même si les contraintes règlementaires entreront en vigueur plus tardivement (teneur limitée à 0.5% à partir de 2020, contre 0.1% en Manche mer du Nord et Baltique depuis 2015). Plusieurs armateurs ont décidé d’anticiper en commandant dès aujourd’hui des navires au GNL, à l’image des nouveaux paquebots de Costa Croisières, ce qui va permettre d’accélérer l’équipement des ports méditerranéens en dispositifs d’avitaillement et, de là, inciter d’autres opérateurs à faire de même.

En Méditerranée, aux Caraïbes et aux Etats-Unis

A ce jour, Balearia aligne une flotte de 23 navires et emploie un millier de personnes. La compagnie a transporté 3.3 millions de passagers et 4.1 million de mètres linéaires de fret en 2014. En dehors de son cœur d’activité en Méditerranée, elle compte également se développer sur le marché américain, où on rappellera que la règlementation sur les émissions polluantes se renforce elle-aussi significativement.  Via sa filiale Bahamas Express, l’armement exploite depuis 2011 une ligne entre Fort Lauderdale, en Floride, et Freeport, aux Bahamas. Et Balearia a obtenu cet été des autorités américaines une licence lui permettant d’exploiter des liaisons maritimes entre les Etats-Unis et Cuba. Dans cette perspective, la compagnie travaille sur la possibilité d’ouvrir de nouvelles liaisons, une ligne à grande vitesse entre La Havane et Key West, doublée d’une liaison classique en ferry reliant la capitale cubaine à Port Everglades étant notamment évoquées.