Marine Marchande

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Baltic Ace : L’épave reste à traiter

Marine Marchande

Les autorités néerlandaises et l’armateur du Baltic Ace, qui a sombré mercredi dernier en mer du Nord, faisant cinq morts et six disparus, réfléchissent au traitement de l’épave. Long de 148 mètres pour une largeur de 27 mètres, le navire roulier a coulé avec une cargaison de 1417 voitures neuves au large des Pays-Bas et de la Belgique. Pour l’heure, ses soutes à combustible ne semblent pas fuir. Mais il va falloir les pomper afin d’éviter tout risque de pollution. La question du renflouement du Baltic Ace se pose également. Se trouvant apparemment sur des fonds de moins de 40 mètres, l'épave représente un danger potentiel pour la navigation, alors que cette zone demeure très fréquentée, notamment par les navires faisant escale à Rotterdam ou Zeebrugge. Pour l'heure, les autorités néerlandaises signalent aux bateaux croisant dans le secteur la présence de la coque, qui a été balisée avec cinq bouées. Lorsque les conditions météorologiques seront meilleures, le navire de lutte contre la pollution Arca, des affaires maritimes néerlandaises, se rendra également sur zone avec un sondeur.

Des sociétés spécialisées, comme Smit et Boskalis, ont d'ores et déjà proposé leurs services pour évacuer le Baltic Ace. L'enlèvement d'une épave de ce type constitue une opération très lourde, rappelant celle du roulier norvégien Tricolor (198 mètres, 2862 voitures à bord), qui avait sombré dans le détroit du Pas-de-Calais le 14 décembre 2003, à une vingtaine de milles de Dunkerque, après avoir lui aussi été heurté par un porte-conteneurs (le Kariba). Reposant à faible profondeur, ce qui avait provoqué plusieurs accidents malgré le balisage, la coque du Tricolor avait été scindée en neuf tronçons (découpage par un câble d’acier diamanté actionné par deux plateformes) d’environ 3000 tonnes chacun, remontés à la surface par des grues flottantes puis transférés vers Zeebrugge pour être démantelés. Un chantier titanesque, piloté par Smit, qui avait duré de nombreux mois.

Pour mémoire, le Baltic Ace a été percuté par le porte-conteneurs chypriote Corvus J (135 mètres, 2003), qui est demeuré à flot malgré d’importants dégâts sur son étrave et son bulbe. Construit en 2007, le roulier était affrété par UECC pour transporter des véhicules entre Zeebrugge et Kotka, en Finlande. Immatriculé aux Bahamas et armé par 24 membres d’équipage (Bulgares, Polonais, Ukrainiens et Philippins), le navire a très rapidement coulé, ce qui pose une nouvelle fois, au passage, la question de la capacité de ces rouliers à résister aux abordages. Malgré le déploiement très rapide d’importants moyens de sauvetage néerlandais et belges, ainsi que le déroutement sur zone de nombreux navires et l’intervention du Corvus J, resté sur place pour porter assistance aux naufragés, seuls 13 marins ont pu être secourus. Les corps sans vie de cinq d’entre eux ont été retrouvés, six autres étant portés disparus.

 

 

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