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Baptême du second porte-avions britannique
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Baptême du second porte-avions britannique

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Un peu plus de trois ans après son aîné, le HMS Queen Elizabeth, qui a rejoint la base navale de Portsmouth le mois dernier et poursuit ses essais, le HMS Prince of Wales a été baptisé en grande pompe vendredi 8 septembre au chantier Babcock de Rosyth, en Ecosse. La cérémonie s’est évidemment déroulée en présence du fils aîné de la reine Elizabeth II, Charles, le nom du bâtiment renvoyant à son titre de prince de Galles.  C’est son épouse Camilla, duchesse de Cornouaille, qui est la marraine du navire, sur la coque duquel s’est brisée non pas une bouteille de champagne, mais un bon vieux scotch.

 

Cérémonie de baptême du Prince of Wales (© AIRCRAFT CARRIER ALLIANCE)

Cérémonie de baptême du Prince of Wales (© AIRCRAFT CARRIER ALLIANCE)

Cérémonie de baptême du Prince of Wales (© ACA)

Cérémonie de baptême du Prince of Wales (© ACA)

 

Le HMS Prince of Wales est le huitième bâtiment de la flotte britannique à porter ce nom, le dernier étant l’un des cinq anciens cuirassés de la classe King George V. Lancé en 1939, l’illustre aïeul du nouveau porte-avions a connu une brève mais célèbre carrière. A peine opérationnel, il est envoyé avec le Hood, en mai 1941, barrer la route du Bismarck, qui tente de se frayer un passage vers l’Atlantique. Alors que le Hood est coulé, le Prince of Wales est sérieusement endommagé mais participe à la bataille finale qui se solde par la destruction du cuirassé allemand. Une fois réparé, il emmène Churchill au large de Terre Neuve, où le premier-ministre britannique rencontre le président américain Roosevelt, avec lequel il signe en août la Charte de l’Atlantique. Le Japon se montrant de plus en plus menaçant, le Prince of Wales est ensuite envoyé en Extrême-Orient pour protéger les colonies britanniques. Trois jours après l’attaque surprise de Pearl Harbor, il est surpris le 10 décembre 1941 par l’aviation japonaise en mer de Chine méridionale, alors qu’il évolue avec le croiseur de bataille Repulse afin de s’opposer à l’invasion de la Malaisie. Les deux bâtiments sont coulés par les appareils nippons, qui larguent leurs bombes à haute altitude avec une précision inédite, alors que les avions torpilleurs achèvent le travail. La perte du Prince of Wales et du Hood constitue d’ailleurs la première destruction par l’aviation de bâtiments de ligne évoluant en pleine mer.

 

L'ancien cuirassé Prince of Wales (© ROYAL NAVY)

L'ancien cuirassé Prince of Wales (© ROYAL NAVY)

 

Symbole d’une renaissance de la Royal navy

Plus de 75 ans après, le nouveau Prince of Wales symbolise, comme son aîné l’avait fait en son temps, une ère de renouvellement pour les principales unités de la flotte britannique. Une renaissance diront même certains, tant la Royal Navy a été éprouvée ces dernières années par les coupes budgétaires.

Les Queen Elizabeth et Prince of Wales vont remplacer non seulement les anciens porte-aéronefs Invincible, Ark Royal et Illustrious, respectivement désarmés en 2005, 2011 et 2014, mais aussi le porte-hélicoptères Ocean, qui sera retiré du service d’ici l’an prochain après seulement 20 ans d’activité.

 

L'ancien porte-aéronefs Illustrious (© ROYAL NAVY)

L'ancien porte-aéronefs Illustrious (© ROYAL NAVY)

Le porte-hélicoptères Ocean (© ROYAL NAVY)

Le porte-hélicoptères Ocean (© ROYAL NAVY)

 

Une longue montée en puissance

Le Queen Elizabeth, qui a quitté le 26 juin le chantier de Rosyth et débuté ses essais en mer, a rallié le 16 août la base navale de Portsmouth, où de lourds travaux ont été menés afin d’adapter le chenal d’accès et les infrastructures portuaires à l’accueil et au soutien des nouveaux porte-avions. Les efforts de la marine et des industriels britanniques se concentrent maintenant sur la mise au point de ce bâtiment tête de série. Une phase délicate en raison de la taille et de la complexité d’une telle plateforme, mais aussi du fait que la Royal Navy a perdu sa capacité aéronavale début 2011 (avec le retrait du service des Harrier) et doit se réapproprier cet outil avec un tout nouvel avion, le F-35B. Comme les anciens Invincible, les nouveaux porte-avions sont en effet du type STOVL (Short Take Off Vertical Landing), c’est-à-dire que leurs avions appontent verticalement et sont lancés sur une piste s’achevant par un tremplin.

 

Le Queen Elizabeth arrivant à Portsmouth le 16 août (© ACA)

Le Queen Elizabeth arrivant à Portsmouth le 16 août (© ACA)

Le Queen Elizabeth arrivant à Portsmouth le 16 août (© ACA)

Le Queen Elizabeth arrivant à Portsmouth le 16 août (© ACA)

 

Premiers essais avec le F-35B prévus en 2018

Alors que les Britanniques comptent actuellement 11 F-35 et 1230 personnels en entrainement aux Etats-Unis, les premiers essais de l’avion sur le Queen Elizabeth sont prévus en 2018. La montée en puissance se fera ensuite de manière progressive, afin de qualifier les installations, les personnels et

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