Construction Navale
Baptisé, le paquebot MSC Poesia quitte Saint-Nazaire

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Baptisé, le paquebot MSC Poesia quitte Saint-Nazaire

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Le dernier né des chantiers de Saint-Nazaire a fait ses adieux, ce matin, à l'estuaire de la Loire. Mis sur cale par Aker Yards en décembre 2006 et lancé le 31 août dernier, le MSC Poesia (S32) a été baptisé, hier, en présence de plus de 2000 personnes. L'incontournable commandant Ponti, qui prend la barre de tous les nouveaux paquebots de MSC Cruises, a mis le cap avec ses 987 membres d'équipage sur Douvres, qu'il atteindre demain. C'est dans ce port anglais que le Poesia sera officiellement inauguré samedi. Pour la compagnie italo-suisse, il s'agit d'une première. « C'est important pour nous d'inaugurer le paquebot en Angleterre. La Grande-Bretagne est en effet le premier marché européen de la croisière, avec plus de 1.5 million de passagers chaque année. Nous investissons beaucoup sur l'Angleterre, notamment en proposant des traversées à partir de Douvres », explique Pierfrancesco Vago, président de MSC Cruises. L'armement n'oublie bien évidemment pas la France, ayant fixé, cette année, un objectif très ambitieux de 65.000 passagers dans l'Hexagone.

 (© : MER ET MARINE)
(© : MER ET MARINE)

Long de 294 mètres pour une jauge de 92.000 tonneaux, le Poesia dispose de 1275 cabines. Au cours de la cérémonie d'hier Gianluigi Aponte, président du groupe Mediterranean Shipping Company, a tenu à rendre hommage au constructeur. « C'est le troisième navire du même type qui est construit à Saint-Nazaire et il est réussi. Ce succès est dû aux corps de métiers qui ont participé jour après jour à sa réalisation. Il a une décoration élégante et une chaleur européenne qui sont la marque de fabrique de notre compagnie ». Depuis le MSC Lirica, livré en 2003, la compagnie et le constructeur sont intimement liés. Alors qu'après 2001, les principaux clients de Saint-Nazaire faisaient faillite et que les trois « grands » de la croisière (Carnival, Royal et NCL) décidaient de faire construire leurs navires ailleurs, MSC est devenu l'unique client du chantier français, jusqu'en 2006. Avec sept bateaux réalisés à Saint-Nazaire et trois autres en commande, Aker est un peu considéré par l'armement comme « son » chantier. Découpes de premières tôles, mises sur cale, lancements et baptêmes s'enchaînent depuis six ans. Le groupe italo-suisse rappelle qu'il a investi un total de 4.5 milliards d'euros, ce qui a permis, selon ses propres termes, « de conserver 5000 emplois » dans la région de Saint-Nazaire. « Ces navires sont la preuve du dynamisme de la coopération et même de l'intégration entre l'armateur et les chantiers. Cela fait de nous un modèle unique dans notre secteur », assure Jacques Hardelay, directeur général d'Aker Yards France.

Jacques Hardelay au baptême du Poesia (© : MER ET MARINE)
Jacques Hardelay au baptême du Poesia (© : MER ET MARINE)

 Le cdt Ponti, Gianluigi Aponte et Jacques Hardelay (© : MER ET MARINE)
Le cdt Ponti, Gianluigi Aponte et Jacques Hardelay (© : MER ET MARINE)

Le petit dernier de la classe Musica, le Magnifica (T32), est actuellement en construction chez Aker pour une livraison début 2010. Deux autres unités plus grosses sont également en train de grandir dans la forme de construction de Saint-Nazaire. Longs de 333 mètres pour une jauge de 135.000 tonneaux (1647 cabines), les Fantasia (A33) et Splendida (B33) seront mis en service en décembre 2008 et au printemps 2009. Et l'aventure entre MSC et Saint-Nazaire, où 7 de ses 9 paquebots aujourd'hui opérationnels ont déjà été réalisés, ne devrait pas s'arrêter là. « Nous sommes en négociation pour d'autres paquebots. Le Fantasia va rester en Méditerranée car c'est un paquebot conçu pour pouvoir rester en Europe l'hiver. Les Musica vont, quant à eux, avoir tendance à suivre le beau temps et aller vers les Caraïbes ou l'Amérique latine. Les prochains devront pouvoir faire l'été et l'hiver », souligne Pierfrancesco Vago, qui côté taille, semble pour le moment pencher « plutôt pour un Fantasia ». Le carnet de commandes d'Aker Yards pourrait donc prochainement s'enrichir d'un E33 et, pourquoi pas, d'un F33... D'un coût de 400 à 600 millions d'euros, « ces navires permettent, chacun, de faire travailler 3000 personnes pendant deux ans, voire trois ans pour un prototype », rappelle Jacques Hardelay.

 (© : MER ET MARINE)
(© : MER ET MARINE)

 (© : AKER YARDS - BERNARD BIGER)
(© : AKER YARDS - BERNARD BIGER)

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