Défense
Barracuda : Dernière ligne droite pour l’assemblage à Cherbourg

Actualité

Barracuda : Dernière ligne droite pour l’assemblage à Cherbourg

Défense

Déterminant dans la compétition qui a vu le projet de DCNS obtenir la faveur du gouvernement australien, le programme des six nouveaux sous-marins nucléaires d’attaque français du type Barracuda devient réalité. Neuf ans après sa mise sur cale à Cherbourg, la tête de série, le Suffren, voit son assemblage s’achever. Le bâtiment, dont la coque est fermée et le massif en cours d’installation, sera après l’été transféré sur le dispositif de mise à l’eau du chantier.

 

Le Suffren à Cherbourg (© DCNS)

Le Suffren à Cherbourg (© DCNS)

 

Mise à flot et essais en mer en 2017

Une fois à flot, normalement en début d’année prochaine, les tests à quai s’enchaineront avant une première sortie d’essais en mer quelques mois plus tard, c’est-à-dire vers la mi-2017. Cette phase achevée, le Suffren sera livré en 2018 à la Marine nationale, qui réceptionnera progressivement, d’ici 2029, ses cinq sisterships, appelés à remplacer nombre pour nombre les SNA du type Rubis, mis en service entre 1983 et 1993.

 

SNA du type Rubis (© MARINE NATIONALE)

SNA du type Rubis (© MARINE NATIONALE)

 

Trois autres SNA en construction

Le site DCNS de Cherbourg travaille déjà sur le second Barracuda, qui sera baptisé Duguay-Trouin et doit être livré trois ans après le Suffren. Les sous-sections de coque sont terminées et en cours d’équipement, alors que la fabrication des structures internes et externes se poursuit. Quant au troisième SNA de la série, le futur Tourville, dont le premier des 21 anneaux constituant la coque épaisse a été terminé fin 2012, l’ensemble de ses tronçons de coque sont achevés et les jonctions des sous-sections ont commencé. Les équipes de Cherbourg travaillent aussi sur les cofferdams et la « piscine » est en phase de finalisation avant sa livraison au site DCNS de Nantes-Indret, où sera intégrée la chaufferie nucléaire. Le groupe français va bientôt commencer la construction du quatrième sous-marin, le De Grasse, dont les tôles sont approvisionnées. Le début de la réalisation des anneaux est prévu dans les prochains mois.

Concernant les rythmes de livraison, le Tourville sortira deux ans et demi après le Duguay-Trouin, la cadence étant ensuite d’un SNA tous les deux ans.

 

Soudage d'anneaux à Cherbourg (© DCNS)

Soudage d'anneaux à Cherbourg (© DCNS)

 

Des sous-marins bien plus performants que leurs aînés

Plus grands, plus puissants et plus silencieux que les six SNA du type Rubis, les Barracuda mesureront 99.5 mètres de long et présenteront un déplacement de 4700 tonnes. Très automatisés, ils seront armés par un équipage de 60 hommes (deux équipages se relaieront comme c’est le cas actuellement), qui pourra être partiellement féminisé si l’expérimentation conduite à partir de 2017 sur SNLE est concluante.

Dotés d’une propulsion nucléaire basée sur une évolution du réacteur à eau pressurisée du type K15 (50 MW) développé pour les quatre SNLE du type Le Triomphant et le porte-avions Charles de Gaulle, les Barracuda pourront atteindre au moins 25 nœuds en plongée

 

SNA du type Barracuda (© DCNS)

SNA du type Barracuda (© DCNS)

 

Un armement varié et conséquent

Leur armement, mis en œuvre depuis quatre tubes de 533 mm, pourra comprendre jusqu’à 20 armes, avec des torpilles lourdes F21, des missiles antinavire Exocet SM39 et des missiles de croisière (MdCN). Les Barracuda seront également en mesure de mouiller des mines et d’intégrer une défense antiaérienne contre des aéronefs de lutte anti-sous-marine. Cet armement pourrait être constitué de missiles Mica (concept A3SM de DCNS) mis en œuvre via le même véhicule que le SM39 dans le cadre d’un tir par les tubes lance-torpilles.

 

SNA du type Barracuda (© DCNS)

SNA du type Barracuda (© DCNS)

 

Opérations spéciales

Pour les opérations spéciales, les Barracuda pourront embarquer, derrière le massif, un module abritant du matériel pour les commandos. Les capacités d’hébergement des bâtiments sont à cet effet de 10 places supplémentaires en plus des 60 membres d’équipage. A terme, des drones pourront aussi être embarqués.

Electronique de nouvelle génération

En matière d’électronique, les nouveaux SNA français seront équipés des systèmes les plus modernes (sonar de coque, antenne de flanc, antenne remorquée, sonar d’évitement de mines) et, comme les SNLE après refonte, du nouveau système de combat SYCOBS. Dotés de mâts optroniques non-pénétrants, ils seront dotés d’une nouvelle génération de contre-mesures. Il s’agit du Nemesis, basé sur le système Contralto de DCNS, qui applique un principe de  « confusion/dilution » et combine des manœuvres évasives avec le déploiement de nouveaux leurres Canto-S, intégrés sur les Rubis depuis 2014.

 

Tir d'essai sous-marin d'un MdCN (© DGA)

Tir d'essai sous-marin d'un MdCN (© DGA)

 

Des capacités accrues pour la marine française

Grâce aux Barracuda, la Marine nationale va voir sa flotte sous-marine bénéficier de capacités accrues, avec des bâtiments de nouvelle génération encore plus discrets et nettement plus puissants. L’emport, pour la première fois, de missiles de croisière sur des sous-marins français constitue en particulier un atout stratégique puisque cette arme, conçue pour neutraliser des cibles terrestres durcies à grande distance (un millier de kilomètres), offrira une capacité de frappe nouvelle à la France, complétant les MdCN mis en œuvre depuis les nouvelles frégates multi-missions (FREMM). Embarqué sur des bâtiments de combat positionnés, de façon prolongée, à distance de sécurité dans les eaux internationales, ostensiblement (frégates en surface) ou discrètement (sous-marins en plongée), cette arme est adaptée à des missions de destruction d’infrastructures de haute valeur stratégique. Et ce sera aussi, à n'en pas douter, un outil diplomatique. 

 

Tir de MdCN depuis une FREMM (© MARINE NATIONALE)

Tir de MdCN depuis une FREMM (© MARINE NATIONALE)

 

En plus de cette capacité, les Barracuda rempliront toutes les missions traditionnellement dévolues aux SNA : protection des approches maritimes, des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) et du groupe aéronaval emmené par le porte-avions, surveillance des grands espaces océaniques, renseignement, déploiement de forces spéciales et, en cas de conflit, interdiction d’accès à une zone ou un passage, lutte anti-sous-marine et antinavire.   

 

 

Naval Group | Actualité industrie navale de défense Marine nationale | Toute l’actualité de la marine française