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Barracuda : La Marine nationale table sur un début des essais du Suffren en 2019

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Toujours entouré par beaucoup de discrétion, l’achèvement du premier des six nouveaux sous-marins nucléaires d’attaque français du type Barracuda se poursuit sur le site Naval Group de Cherbourg. Le Suffren doit être mis à l’eau en 2018, probablement au cours du second semestre. Pour la suite, la Marine nationale table désormais sur un début des essais en mer mi-2019 en vue, si tout va bien, d’une réception du bâtiment mi-2020. Logiquement, la mise en service de la tête de série ne devrait donc pas intervenir avant 2021.

« un retard industriel, pas à un problème de conception »

Pour mémoire, ce programme particulièrement complexe, notifié fin 2006, devait initialement voir la livraison du Suffren en 2017. Au sein de la flotte française, malgré les difficultés, on se montre néanmoins confiant, les trois ans de glissement étant attribués à « un retard industriel, pas à un problème de conception », a récemment dit l’amiral Prazuck, chef d’état-major de la marine.

Alors que Naval Group a fait de l’achèvement du Suffren sa grande priorité, le retard pris par le prototype impactera inévitablement son premier sistership, le Duguay-Trouin, qui est désormais en cours d’assemblage à Cherbourg. Cependant, militaires et industriels comptent toujours revenir au calendrier nominal à partir de la troisième unité, le Tourville, dont la livraison interviendrait par conséquent vers 2023/2024. Les trois autres doivent suivre d’ici 2030.

 

SNA du type Rubis (© : MICHEL FLOCH)

 

Prolonger le Rubis jusqu'en 2020 

Afin de conserver ses capacités opérationnelles basées sur une escadrille de six SNA, la Marine nationale a décidé cet été de prolonger le Rubis, opérationnel depuis 1983 et qui devait à l’origine prendre sa retraite en janvier 2017. Des études techniques ont été menées, en particulier sur la coque et la chaufferie nucléaire, afin de vérifier que le bâtiment pourrait continuer de naviguer jusqu’en 2020, avec une réintégration dans le cycle de maintenance. La décision finale devrait être officiellement prise incessamment sous peu.

Des successeurs meilleurs en tout

Longs de 99.5 mètres pour un déplacement prévu d'environ 5300 tonnes en plongée, les Barracuda, dont on notera qu'ils sont les premiers sous-marins français à la conception intégralement numérisée, seront plus grands, plus discrets, plus puissants, plus endurants, plus rapides et plongeront plus profondément que leurs aînés. Dotés d’une propulsion nucléaire basée sur une évolution du réacteur à eau pressurisée du type K15 (50 MW) développé pour les quatre SNLE du type Le Triomphant et le porte-avions Charles de Gaulle, ils pourront atteindre au moins 25 nœuds en plongée.

 

SNA du type Barracuda (© : MARINE NATIONALE)

 

Très automatisés, avec un équipage limité à une soixantaine de marins, les nouveaux SNA français seront équipés d’un nouveau système de combat, des dernières générations de sonars (étrave, flanc, remorqué) et de mâts non pénétrants dans la coque épaisse.  Ils mettront en œuvre la nouvelle torpille lourde F21, le missile antinavire Exocet SM39 Block2 Mod2 et le missile de croisière naval (MdCN), ce dernier leur conférant la capacité de frapper des cibles terrestres situées à grande distance, de l’ordre d’un millier de kilomètres. En tout, une vingtaine d'armes pourront être embarquées. Les Barracuda, qui seront aussi capables de déployer des mines FG 29, sont dans le même temps conçus pour les opérations spéciales, avec la possibilité de loger une dizaine de commandos. Ils pourront emporter derrière le massif un Dry Deck Shelter accueillant différents matériels, dont le propulseur sous-marin de troisième génération des commandos marine.

L'export avec une version à propulsion conventionnelle

En dehors de la Marine nationale, une version à propulsion conventionnelle du Barracuda a été choisie par l’Australie dans le cadre de son programme de 12 nouveaux sous-marins, qui seront réalisés localement par le chantier d’Adelaïde, dont Naval Group va prendre la gestion. L’industriel français propose également le Barracuda conventionnel aux Pays-Bas afin de remplacer les quatre Walrus de la flotte néerlandaise.

 

 

Marine nationale Naval Group (ex-DCNS)