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Base de défense Brest-Lorient : la marine reprend des couleurs
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Base de défense Brest-Lorient : la marine reprend des couleurs

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« La décroissance de la Marine nationale à Brest, c’est terminé ! ». Le préfet maritime Jean-Louis Lozier, commandant également l’arrondissement maritime Atlantique, confirme le coup de fouet donné par la dernière loi de programmation militaire. Et divulgue au passage deux ou trois innovations qui vont compter.

On avait l’habitude de voir une Marine nationale en décroissance à Brest, d’annoncer toujours moins de navires et de marins. Avec un budget en hausse et l’aboutissement d’un certain nombre de programmes, la base de défense Brest-Lorient présentera d’ici 2030 un tout nouveau visage, avec des unités et des moyens modernisés.

L’image est forte mais c’est volontairement celle qu’a choisie Jean-Louis Lozier pour illustrer son propos. « À part le Monge, les frégates multimissions et le Rhone tout nouvellement arrivés, tous les navires actuellement visibles dans le port militaire de Brest seront remplacés pour 2030 ! ». L’ensemble de la flotte sera entièrement remanié avec une quatrième frégate multimissions attendue pour 2022 (la troisième, la Normandie en service cet été), l’arrivée des frégates de défense et d’intervention programmée entre 2024 et 2026 ainsi que la mise en service de quatre patrouilleurs océaniques entre 2025 et 2030. Idem pour les unités portuaires qui vont bénéficier d’infrastructures également modernisées.

Investissements massifs

Les quais et les bâtiments de service ou d’hébergement vont subir une spectaculaire cure de jouvence. Pas un luxe pour certaines de ces infrastructures datant de l’après-guerre.

Au total, ce ne sont pas moins de 600 M€ qui vont être injectés sur les différents chantiers militaires du Finistère, dont 460 M€ pour la seule base brestoise (12 000 militaires et civils actuellement recensés). Entretien des bassins, remplacement des grues, rénovation des bâtiments… Les 16 000 militaires et 5 000 civils de la base de défense de Brest-Lorient vont continuer à retrouver des couleurs et de nouveaux moyens après des années de disette, pour ne pas dire de baisse récurrente des crédits alloués.

À ces importants travaux de modernisation, il ne faut pas oublier le poids récurrent de l’entretien des navires. « Le service de soutien de la flotte de Brest a réglé en 2018 près de 550 M€ de factures et engagé en 2018 pour près de 1,2 Md€, dont une très large part (> 90 %) consacrée à des travaux industriels menés sur le Grand Ouest », précise le service de communication de la Marine.

Hélicoptères loués

À Lanvéoc, le renouvellement des hélicoptères est également annoncé. Les antiques Alouettes III seront remplacées par une flotte de Dauphins loués à un prestataire. Cinq H 160 seront également mis à disposition pour assurer, à l’horizon 2023, les missions de recherche et de sauvetage en mer (trois appareils basés à Lanvéoc), alors que les NH 90 (Caïmans) seront réservés aux missions de combat, en rejoignant les frégates notamment.

À Lann Bihoué, deux Atlantique II nouvelle génération sont attendus cet été.

Toujours d’après Jean-Louis Lozier, une école de drone aérien dispensera ses premières formations à Lann Bihoué, dès cet été. Les premières vedettes protégées UFast seront livrées aux fusiliers marins du secteur qui poursuivent leur montée en puissance.

En plus des nouveaux pontons béton qui vont remplacer peu à peu les structures métalliques fatiguées de la base navale à Brest, l’ensemble du système électrique va être modernisé (haute tension), soit 55 km de câbles posés pour une enveloppe avoisinant les 140 M€ sur dix ans de travaux. « De nouveaux bâtiments dédiés au renseignement maritime se dessinent également dans la zone de Mesdoun dans les trois à quatre années qui viennent », ajoute le commandant d’arrondissement maritime.

Soigner l’attractivité

« En proposant des moyens modernisés et performants, nous ferons venir les marins de demain ! », assure le préfet maritime. En tant qu’ancien sous-marinier, il sait aussi combien les mesures engagées en direction des familles (plan famille) renforcent le moral des troupes et l’attractivité de la Marine. À l’image du quasi-doublement des primes au profit des marins embarqués. Une revalorisation salariale qui devrait s’accompagner « d’une stabilisation des effectifs », assure, avec entrain et optimisme, le patron des marins militaires de la zone Atlantique.

Un article de Stéphane Jézéquel, de la rédaction du Télégramme

 

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