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Battleship : L'US Navy fait son grand retour au cinéma

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Battleship : L'US Navy fait son grand retour au cinéma

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Océan Pacifique... Au large d'Hawaï, l'exercice international RIMPAC, qui rassemble tous les deux ans une quinzaine de marines autour de l'US Navy, voit une impressionnante flotte se déployer en haute mer. Mais bientôt, devant l'armada, une forme étrange et menaçante émerge à la surface des eaux, suivie par d'autres dotées d'une puissance de destruction inimaginable. La bataille navale peut s'engager pour éviter l'invasion de la terre par des extraterrestres... Battleship, qui n'est autre que l'adaptation au cinéma du jeu consistant à détruire les bâtiments de l'adversaire disposés au hasard sur une grille, est sorti le 11 avril au cinéma. Si le scénario de cette superproduction américaine ne deviendra pas l'un des canons du grand écran, les passionnés de bateaux gris devraient être plutôt satisfaits. Ce film de Peter Berg a, en effet, le mérite d'être, en dehors de la présence des aliens, techniquement assez proche de la réalité. Il présente, ainsi, l'intérêt de mettre en scène de véritables bâtiments, comme le porte-avions USS Ronald Reagan, ainsi que les destroyers américains USS Sampson et USS John Paul Jones (type Arleigh Burke), ou encore le Japonais Myoko (type Kong). Un vrai effort par rapport à d'autres films ou les anachronismes le disputaient aux noms d'emprunt ou carrément aux énormités technologiques. Ainsi, pour illustrer la destruction de la flotte du Pacifique en décembre 1941, Pearl Harbor (Michael Bay, 2001) nous avait présenté une succession d'explosions sur des frégates et destroyers des type Knox et Spruance, des bateaux ayant servi des années 70 à l'aube des années 2000... Cette fois, les bâtiments sont bien réels, tout comme l'armement mis en oeuvre. Missiles, tourelle de 127mmm, système multitubes Phalanx... Tout y passe, et plutôt logiquement, même si les spécialistes pourront éventuellement débattre sur quelques détails, comme la cadence de tir ou de la pertinence d'employer tel ou tel matériel.

  (© : DR)
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Certaines idées sont en tous cas très bien vues et conformes aux caractéristiques opérationnelles des armements. Ainsi, le JP Jones, ne pouvant utiliser ses radars - qui n'accrochent pas les aliens -, se sert de ses missiles de croisière Tomahawk et de leur système de navigation GPS pour frapper des cibles via leurs coordonnées géographiques, le cadrillage étant établi d'une surprenante manière. Plutôt que de « couler le porte-avions », comme on pouvait s'y attendre, il s'agit d'ailleurs d'une belle allusion au jeu de la bataille navale d'Hasbro, co-producteur du film. Dans l'ensemble, cette guerre sur mer se tient donc plutôt bien et on sent que l'US Navy a pleinement joué le jeu, tenant probablement là une bonne manière de mettre en avant sa flotte dans une perspective de communication et de recrutement. Les effets spéciaux sont, quant à eux, très réussis, avec d'impressionnantes scènes de combat. On notera aussi que ce ne sont pas les porte-avions, sous-marins ou commandos qui jouent les stars, mais les destroyers, qui pour une fois sont mis sous les projecteurs, ce qui permet aux spectateurs de découvrir ce type de bâtiments, méconnus mais constituant l'épine dorsale des marines. Moins impressionnants que les porte-avions, moins mystérieux que les sous-marins et moins fantasmatiques que les forces spéciales, les destroyers surprennent par leur présence à l'écran. Il faut dire que les Burke sont la quintessence du genre, avec leur silhouette massive et une puissance de feu colossale. On ne boudera pas, non plus, son plaisir de voir un bon vieux cuirassé reprendre -virtuellement- la mer. Bien que le réarmement en quelques heures et avec un équipage de vétérans de l'USS Missouri, transformé en musée, soit pour le coup totalement surréalistes, l'intervention finale du « Big Mo », faisant tonner ses 9 canons de 406mm contre le vaisseau des envahisseurs, fait aussi forte impression.
L'histoire de Battleship n'est donc la plus subtile qui soit mais le spectacle vaut quand même le détour. Pour les amateurs de sciences fiction, de bateaux militaires et de films d'action, bien évidemment. Pour les autres, on rappellera que Titanic, de James Cameron, vient de sortir en 3D dans les salles obscures...