Histoire Navale
Belfast et l'Irlande du nord s'adjugent le Nomadic pour 250.001 euros

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Belfast et l'Irlande du nord s'adjugent le Nomadic pour 250.001 euros

Histoire Navale

La salle des criées du tribunal de grande instance de Paris était comble hier. L’ultime représentant européen de l’âge d’or des paquebots va changer de pavillon. Après une première mise aux enchères pour laquelle il n’avait pas trouvé d’acquéreur, le 10 novembre dernier, le SS Nomadic a été adjugé hier à 250.001 euros. Le transbordeur, quasiment abandonné depuis 2003 au Havre, a été acheté par l’Irlande du nord. L’offre a été présentée par divers investisseurs, dont le département pour le développement social du gouvernement de l’Ulster et la municipalité de Belfast. Il n’y a pas eu d’autre candidat et la première enchère, 1 euro au dessus de la mise à prix, fût la bonne. Le groupe monégasque, qui envisageait de refaire naviguer le Nomadic, a finalement jeté l’éponge en raison d’une mise à prix trop élevée, à laquelle il fallait ajouter quelques 100.000 euros de frais divers. L’association Française du Titanic, qui soutenait les différents projets de sauvetage a salué cette « bonne nouvelle ». Thierry Dufournaud, porte-parole de l’AFT, regrette néanmoins « qu’une fois de plus, la France n’a pas su retenir son patrimoine maritime. Après la Calypso et le Norway, le Nomadic va partir. C’est à se demander si ce pays a réellement des côtes… »

Attraction phare du Titanic Quarter

Il faut reconnaître qu’en Irlande, la fibre maritime semble beaucoup plus vivace. Depuis des semaines, élus et associations se sont largement mobilisés, soutenus par la population, pour rassembler les fonds nécessaires au sauvetage du Nomadic. Construit en 1911 aux chantiers Harland & Wolff, non loin du Titanic, ce navire de 67 mètres a été le dernier à accoster le célèbre paquebot avant son naufrage, en avril 1912. Le site du chantier naval, fermé depuis quelques années, fait l’objet d’un vaste plan de réhabilitation. En 2012, cent ans après la disparition du Titanic, un vaste parc touristique dédié aux célèbres transatlantiques y sera inauguré. Dernier représentant de l’époque où Harland & Wolff lançait des dizaines de navires, le Nomadic deviendra l’attraction phare du « Titanic Quarter ». Une réplique du paquebot disparu au large de Terre Neuve doit également voir le jour le long des quais de Belfast. Il ne s’agirait plus d’une maquette mais d’un ensemble de lasers reconstituant le paquebot en trois dimensions.

L’AFT reste vigilante sur la suite des opérations

Avant d’être ouvert au public, le SS Nomadic nécessitera une longue période de travaux. Partiellement pillé dans les années 70, le transbordeur dispose encore de son bar anglais, de ses ferronneries et des moulures du salon des premières classes. L’intérieur doit néanmoins être restauré, de même que la coque. Un point reste problématique, celui du béton coulé dans la cale. Cette chape de plusieurs centimètres a rendu la coque rigide, interdisant de fait une traversée de la Manche. Selon l’AFT, « la date du départ reste un mystère ». Des travaux doivent être réalisés sur place avant le transit ou alors, le navire doit être acheminé à Belfast par barge. « Nous restons très vigilants et nous espérons que derrière l’offre irlandaise, il y a une logistique. Il ne faudrait pas que le Nomadic reste encore des mois à végéter si rien n’a été prévu pour répondre à ces problèmes ». La produit de la vente tombe quant à lui dans l'escarcelle du Port Autonome de Paris. Pour l'établissement public, les 250.001 euros ne représente qu'un quart de la facture laissée par l'ancien propriétaire et les charges que le Nomadic a engendré pendant trois ans.

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