Marine Marchande
Beyrouth : interrogations sur la destination du nitrate d'ammonium
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Beyrouth : interrogations sur la destination du nitrate d'ammonium

Marine Marchande

Suite aux dramatiques explosions ayant détruit et endeuillé Beyrouth début août, de nombreuses questions ont été soulevées autour de la présence de ce stock de nitrate d’ammonium sur le port de la capitale libanaise. Marchandise dangereuse et inflammable, le nitrate d’ammonium est à la fois utilisé pour la fabrication d’engrais et d’explosifs. Les 2750 tonnes qui ont provoqué la catastrophe de la capitale libanaise étaient stockées depuis l’été 2014 après avoir été débarquées d’un vraquier, le Rhosus.

Après le choc de l’accident viennent désormais les questions. Que faisait ce stock dangereux depuis si longtemps sur le port ? Comment est-il arrivé là ? Et surtout à quoi servait-il ?

La rédaction du grand magazine allemand Der Spiegel, en coordination avec l’OCCRP (Organized Crime and Corruption Reporting Project, un consortium international de journalistes spécialisés dans l’investigation), a entamé une enquête minutieuse autour de cette cargaison et les circonstances de son arrivée à Beyrouth. Et ses premiers résultats mettent à jour des conclusions qui interrogent.

Le Rhosus est un vieux vraquier fatigué de 27 ans, déjà détenu à plusieurs reprises suite à des contrôles de l’Etat du port pour des défaillances graves. Le 23 septembre 2013, au moment du chargement de la cargaison de nitrate d’ammonium, dans le port géorgien de Batumi, il est pavillonné en Moldavie, appartient à une société panaméenne et est certifié par Maritime Lloyd, une société géorgienne. La cargaison, expédiée par une entreprise également géorgienne, est a priori, selon la BBC, destinée à une usine mozambicaine d’explosifs. A ce stade, l’enquête du Spiegel bute déjà face à une interrogation classique dans le milieu du transport maritime : à qui appartient le navire. Le nom