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Bilan 2017 des ports de Caen Ouistreham et Cherbourg

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2017 a confirmé la pertinence de la stratégie de développement de PNA avec la construction de deux usines de pales et d’hydroliennes à Cherbourg, une activité de réparation navale qui se consolide, la croisière qui continue de battre des records et un niveau de trafic transmanche qui malgré un contexte incertain (Brexit, pression migratoire, livre basse…) continue d’alimenter la confiance des compagnies de ferries puisqu’elles s’apprêtent à mettre en circulation des navires de plus grande capacité, voire sur certaines lignes, à augmenter les rotations. 2018 marquera une nouvelle étape dans l’évolution de ce syndicat mixte puisqu’au 1er janvier 2019, PNA et le Port de Dieppe - tous deux présidés par Hervé Morin - ne feront plus qu’un avec pour objectif de contribuer encore mieux au développement économique normand.  

COMMERCE

Bilan 2017

Après 3 années successives de progression à près de 5 % de moyenne par an, le trafic passagers est en léger recul (- 2.61 %). Le Brexit et, en corollaire, un cours de la ₤ défavorable aux touristes anglais, expliquent cette situation. A noter néanmoins que le trafic passagers se maintient très bien vers l’Irlande et que l’activité croisière continue d’être fleurissante (+ 24.21 %). Quant au trafic marchandises, il se maintient (- 0.32 %) avec des résultats particulièrement bons sur le transmanche (+ 3.51 % sur Caen-Ouistreham et + 6.97 % à Cherbourg). Caen-Ouistreham demeure toujours, et de loin, la ligne la plus fréquentée à l’Ouest du Détroit.

Perspectives 2018

Les travaux d’embectage sur Caen-Ouistreham devraient débuter à l’automne (8M€ PNA / 2M€ CCI Caen Normandie). Très attendus par les acteurs du port de Caen-Ouistreham, ils visent à conforter, voire augmenter, le trafic de manière sensible.

En 2018, l’enjeu tant pour Caen-Ouistreham que pour Cherbourg consistera à poursuivre les efforts pour diversifier les trafics conventionnels, et ainsi diminuer la dépendance au trafic « céréales » (bien que la récolte 2017 présente une qualité excellente, avec des volumes satisfaisants et laisse augurer un premier semestre 2018 plus conforme aux volumes habituels traités par le port de Caen-Ouistreham) :

Lancement de la filière EMR à Cherbourg.

Activités de « niches » et filière bois à Caen, où le port peut espérer engranger des résultats positifs liés à ses efforts sur le plan commercial et des investissements (séchoirs). Même si les volumes sont encore modestes, le port traite désormais de façon récurrente des pellets et un nouveau trafic d’attapulgite s’est mis en place. Environ 10 000 T/an sont attendues. Enfin, l’activité bois exotique poursuit son redressement et a vu ses trafics progresser d’environ 50 % au cours de l’année 2017.

Sur le transmanche, les bons résultats sur l’Irlande ont convaincu la compagnie IRISH FERRIES de remplacer, dès mi-2018, l’OSCAR WILDE par le WB YEATS actuellement en construction. D’une longueur de 194,80 m, il s’agira du plus gros ROPAX en service dans le monde (capacité de 330 camions au lieu des 100 actuels). Il offrira un standard de type « Cruise ferry » et accueillera 1 885 passagers au lieu des 1 450 actuels. A partir du 13 juillet et jusqu’à fin septembre, le WB YEATS assurera une rotation entre Cherbourg et Dublin tous les 2 jours.

Sur la ligne Ouistreham-Portsmouth, BRITTANY FERRIES reste confiant dans l’attractivité de la ligne. D’une part, le dispositif de 3 départs/jour reste inchangé en 2018. Un millier de rotations environ sera donc assuré au cours de cette année. Par ailleurs, la compagnie confirme l’arrivée du HONFLEUR, en remplacement du NORMANDIE en 2019, sur cette ligne.

Toutefois le contexte des échanges avec le Royaume-Uni reste marqué par l’incertitude due au Brexit. Les négociations sur la nature des futures relations commerciales entre l’Union Européenne et le Royaume-Uni ont peu progressé à ce jour. Les crispations sur la question de la frontière en Irlande du Nord et la facture de sortie pour le Royaume-Uni ont retardé jusqu’en décembre 2017, le nécessaire accord préalable sur la sortie. PNA est excessivement attentif et travaille en lien étroit avec les services de l’Etat et l’ensemble des opérateurs pour se préparer au mieux.

CROISIERE

Bilan 2017

PNA enregistre un nouveau record en 2017 avec une croissance de 24,21 % et 130 424 passagers. C’est environ 25 000 croisiéristes de plus que l’an dernier. Ce nouveau record est lié à la bonne dynamique du marché, la qualité de l’accueil et l’accessibilité nautique du port de Cherbourg qui permet d’accueillir les plus grands paquebots du monde comme le Queen Mary 2. 35 paquebots ont été reçus en 2017, dont une dizaine d’une capacité supérieure à 3 000 passagers.

Perspectives 2018

A Cherbourg, les deux dernières passerelles croisière « historiques » vont être remplacées par une passerelle neuve, opérationnelle en juin. Un investissement de 1,6 M€ (350 K€ de Cherbourg en Cotentin, 350 K€ de la SAS Port de Cherbourg et 900 K€ de PNA) plus que justifié par cette nouvelle année record et des perspectives 2018 qui s’annoncent proches de l’exercice 2017. 35 paquebots sont attendus dont une dizaine d’escales inaugurales.

Sur Caen, ce sont 5 à 7 escales qui sont prévues, dont 2 inaugurales : SAGA Pearl II (Compagnie saga) et Laperouse (Compagnie Ponant). Avec ses 400 passagers, le SAGA Pearl II sera l’un des paquebots les plus importants jamais reçus à Caen-Ouistreham.

PECHE

Bilan 2017

Après une année 2016 difficile, la criée de Cherbourg a enrayé son érosion et stabilisé son activité avec un tonnage de 5 508 T (+ 1,08 %) et alors même que le prix moyen est demeuré à un niveau soutenu : 2,69 €/Kg (+ 0,49 %). L’arrivée du MARIBELISE, unité hauturière qui amène la flottille Cherbourgeoise à 7 unités, a tout juste compensé les arrêts techniques d’autres navires hauturiers ce qui explique l’absence de hausse significative du tonnage. Sur le port de Caen-Ouistreham, 1 737 T ont été déclarées à la borne de pesée, ce qui constitue une hausse notable. A la faveur d’une campagne de coquille Saint-Jacques exceptionnelle, le port a connu une bonne fréquentation.

Perspectives 2018

En 2018, PNA et la CCI Ouest Normandie, délégataire du port de pêche de Cherbourg, mettront en œuvre un plan de restructuration de la halle à marée : regroupement des tris, changement du système informatique de vente, installation de frigo pour accueil des produits tout au long de la journée, flexibilité des horaires, amélioration des flux avec l’arrivée de 2 chariots élévateurs, travaux de réhabilitation de l’ancienne gare routière qui sera transformée en magasin d’armement … L’objectif visé est un retour à l’équilibre économique dès 2019. Enfin, l’Armement Cherbourgeois prévoit l’arrivée du Marie Catherine II, sistership du Maribelise, en septembre 2018. Il remplacera le Marie Catherine I.

En complément, des travaux d’aménagement des accès à la zone produits mer sont en cours et devraient être bouclés au printemps. Ils représentent un investissement PNA de 1,5 M€.

PLAISANCE

Bilan 2017

Le nombre de navires est en légèrement baisse (- 1,95 % = 5 537 unités contre 5 647) alors que le nombre de nuitées augmente sensiblement (+ 11,79 % = 30 037 nuitées contre 26 868).

Perspectives 2018

Le travail de réflexion se poursuit concernant l’évolution des ports de plaisance et leur stratégie d’attractivité, que ce soit à Cherbourg ou à Ouistreham. En effet, l’évolution des pratiques des plaisanciers, visiblement moins enclins à devenir propriétaires de navires mais toujours plus nombreux à avoir envie de pratiquer ce loisir, nécessite d’adapter l’offre.

REPARATION NAVALE

Bilan 2017

PNA gère sur le port de Cherbourg 3 outils de mise à sec pour les unités jusqu’à 4 000 T. En 2017, 125 mises à sec ont été effectuées, une activité identique à celle de 2016.

Perspectives 2018

En matière de réparation navale, un Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI) a été lancé en janvier visant à commercialiser 7 lots immobiliers et foncier sur Cherbourg. Par ailleurs, Channel Maintenance Cherbourg va lancer un certain nombre d’initiatives commerciales afin de passer un nouveau palier.

EMR

Bilan 2017

La construction de l’usine de pales de LM Windpower a débuté en février quant à l’usine d’hydroliennes d’Open Hydro Naval Energies, sa construction a démarré en mars. Elles seront achevées dans le courant du premier trimestre 2018. A partir de là, les industriels pourront débuter l’installation des chaines de production et les recrutements.

Perspectives 2018

La construction de la base de maintenance à Ouistreham reste suspendue à la fin des recours. Cette base s’inscrit dans un projet plus global d’aménagement de l’avant-port qui concentre de multiples fonctionnalités et usages liés aux navires de commerce, de pêche, de plaisance, de sécurité et aux futures activités éoliennes en mer.

CENTRE OPERATIONNEL DE SECURITE DE OUISTREHAM

Les travaux de réfection du centre opérationnel de sécurité de Ouistreham viennent de débuter. Le bâtiment actuel, situé sur le terre-plein des écluses, a été construit en 1964. Il regroupe les activités des officiers de port de la capitainerie et des personnels d’exploitation des ouvrages de PNA, ainsi que la téléconduite des ouvrages mobiles pour les ports de Caen-Ouistreham et Cherbourg. Au fil des années, ces locaux sont devenus vétustes, inconfortables et mal adaptés aux besoins et utilisations des deux entités. C’est pourquoi, PNA a engagé la rénovation et la modernisation de ceux-ci. Pendant la période de travaux, le maintien et la continuité de fonctionnement des activités des services capitainerie/PNA seront assurés. Investissement PNA : 1,29 M€

FUSION DE PNA ET DU PORT DE DIEPPE

Porté par Hervé Morin, le projet de fusion des deux syndicats mixtes a été approuvé par les Présidents des exécutif concernés avec pour objectif janvier 2019. Cette évolution des deux syndicats mixtes ne doit pas être analysée sous le seul angle des économies potentielles. Elle constitue avant tout, en soi, l’affirmation d’une priorité collective et politique. 

Ce projet de fusion des structures portuaires s’inscrit dans la stratégie commune de la Région et des départements pour le développement de l’économie maritime normande. Il s’agit « d’être plus forts sans être plus lourds ». Les collectivités départementales, les agglomérations, les personnels ainsi que acteurs de la communauté portuaires sont en cours de consultation en vue de la création de cette structure.

Elle verra émerger un acteur portuaire unique, autorisant la définition et la mise en œuvre d’une stratégie portuaire à l’échelle de l’ensemble du territoire, assurant la pertinence, la cohérence mais aussi la complémentarité des investissements - dont le coût global peut encore être optimisé - et des offres.

Cette structure facilitera notamment la convergence des politiques de la Région et des Départements sur les problématiques pêche, plaisance, transmanche.

La fusion permettra enfin la constitution d’un acteur ayant une masse critique, dont l’activité «commerce» sera d’un niveau proche de certains GPM métropolitains et dont l’activité «transmanche» verra confortée sa place de leader à l’ouest du détroit. 

Cette accession à une visibilité portuaire au niveau national est capitale, notamment parce qu’elle augmente considérablement la capacité de promotion des ports et leur poids dans les diverses instances. 

Communiqué de PNA, 30/01/2018