Histoire Navale
L'un des plus vieux bateaux français restauré à Nantes

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L'un des plus vieux bateaux français restauré à Nantes

Histoire Navale

131 ans. C’est l’âge du Black Joke, l’un des plus vieux bateaux sous pavillon français, et même le plus ancien voilier tricolore selon Jean-François Coudreau, qui l’a acquis cet hiver. Inscrit depuis 2013 au patrimoine maritime et fluvial, ce cotre aurique de 8 mètres de long (11 hors tout) pour 2.5 mètres de large est fait de pin, de chêne et d’acacia, avec un pont en teck. Construit en 1890 au chantier Wilkinson de Charlton, dans l’est de Londres, il commence sa vie sous pavillon britannique avant de passer de l’autre côté de la Manche. C’est en 1949 que le voilier, dont l’un des précédents noms était Antinea, devient français.

Le vénérable cotre en bois, dont l’ancien propriétaire est décédé, était à l’abandon dans le port de Granville et n’a pas navigué depuis des années. « Il était grand temps de s’occuper de lui », confie son nouveau capitaine nantais, qui l’a ramené depuis la Normandie sur ses terres afin de lui offrir une nouvelle jeunesse. C’est là, au Port à sec de Nantes, en bord de Loire, que nous l’avons rencontré.

Perdu au milieu de ce vaste espace où hivernent plus de 130 bateaux actuellement, bien malin celui qui pourrait repérer le vénérable voilier, démâté et caché sous une bâche de protection. Mais en ce beau matin de mars, sous un soleil radieux, le Black Joke laisse entrevoir son élégante ligne. Jean-François Coudreau est en effet en train de le découvrir partiellement pour poser son échelle, monter sur le pont et profiter de la journée ensoleillée qui s’annonce pour poursuivre les travaux. « Voilà la bête ! Il est superbe et regardez cette étrave inversée, ce n’était pas courant sur les voiliers de cette époque », explique celui qui est au chevet du voilier depuis janvier. « J’ai passé 200 heures dessus en deux mois et il m’en reste environ 600 avant que ça soit terminé, j’espère qu’on pourra le remettre à l’eau cet été ».

 

(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

L’ancien pilote de montgolfière, aujourd’hui retraité, est aux petits soins pour son nouveau bateau : « Il y a beaucoup de travail à faire mais il avait été rénové il y une vingtaine d’années et certaines parties sont encore très belles, comme le pont. J’ai changé quelques bordés, c’est maintenant prêt à repeindre. Il va aussi falloir que je m’attaque au moteur, un Nanni 3 cylindres de 29 cv (installé dans les années 2000, ndlr) », dit celui qui est également un passionné de mécanique automobile et qui n’a pas la moindre inquiétude sur la remise en marche de la machine, « l’avantage avec ces moteurs qui ne sont pas bourrés d’électronique c’est que tout se répare ! ». Il faudra aussi passer pas mal de temps dans la cabine, qui a besoin d’un bon coup de ménage et de retapage.

Pour le gréement, en revanche, ce devrait être plus simple : « L’ancien propriétaire avait acquis un mât neuf, haut de 13 mètres, que j’ai récupéré avec le bateau et que l’on va pouvoir installer avec le gréement qui est lui aussi récent ». La voilure du bateau compte en tout neuf pièces en tergal : grand-voile, flèche de route, trinquette de route, grande trinquette, petit foc, foc, grand foc et foc ballon, ainsi qu’une grande flèche, le tout représentant plus de 90 m² de toile.   

Jean-François Coudreau, en discussion pour installer le Black Joke dans le port du Pouliguen, s’imagine déjà à tirer des bords avec son cotre en baie de La Baule dans les prochains mois. « L’objectif c’est de lui redonner vie et que l’on puise le revoir comme cela », dit-il en montrant sur son téléphone portable le scan d’une vieille photo argentique du Black Joke évoluant majestueusement toutes voiles dehors. On peut en découvrir notamment sur le site Patrimoine maritime et fluvial

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