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Bois Belleau 100 : Le Chevalier Paul et le Tonnerre de retour à Toulon

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Bois Belleau 100 : Le Chevalier Paul et le Tonnerre de retour à Toulon

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Parti de Toulon le 21 novembre, le groupe amphibie (Task Group 473.01) déployé dans le cadre de la mission franco-américaine Bois Belleau 100, a retrouvé la base navale varoise le 2 mars. Le bâtiment de projection et de commandement Tonnerre, escorté par la frégate de défense aérienne Chevalier Paul, a évolué durant trois mois et demi en Méditerranée, en mer Rouge, dans l’océan Indien et le golfe Persique. « Placé pendant plusieurs mois sous le contrôle opérationnel de NAVCENT (Navy Central Command, Commandement maritime américain de la zone du Moyen-Orient), de la Task Force 51/5 et sous le commandement opérationnel du CEMA, le TG 473.01 a apporté à la France et aux Etats-Unis une capacité d’action conjointe pour la protection de nos intérêts communs », explique la Marine nationale.

 

 

 

Premier déploiement des Caïman de l’ALAT

Pendant cette mission, le Tonnerre embarquait trois engins de débarquement (un EDAR et deux CTM) de la flottille amphibie, un hélicoptère Dauphin et un Panther des flottilles 35F et 36F, ainsi que quatre appareils du 1er régiment d’hélicoptères de combat de l’aviation légère de l’armée de Terre (ALAT), soit deux Gazelle et deux Caïman Terre. Pour ces derniers, version française du NH90 TTH, il s’agissait d’ailleurs du premier déploiement de longue durée sur un BPC de la Marine nationale, qui projetait pour sa part l’un de ses NH90 NFH (Caïman Marine de la 31F) sur le Chevalier Paul.

 

 

Une étape supplémentaire dans l’interopérabilité avec les Américains

Armé par 205 marins (auxquels s’ajoutaient les 200 de sa frégate d’escorte), le Tonnerre embarquait également un état-major d’une trentaine de personnes ainsi qu’un groupe tactique de l’US Marine Corps comprenant 150 militaires. La mission Bois Belleau 100 avait en effet été imaginée comme un déploiement franco-américain visant à franchir une étape supplémentaire dans la coopération entre les forces armées des deux pays. « La Marine nationale entretient un très haut niveau d’interopérabilité et d’intégration avec la marine américaine, fruit d’une longue coopération et d’une grande confiance mutuelle, qui se traduit par les escortes réciproques d’unités précieuses. Les missions du groupe aéronaval Arromanches 2 et 3 en 2016 ont marqué des étapes majeures dans le développement de cette interopérabilité. La coopération entre la Marine nationale et les US Marines se développe rapidement. Après l’embarquement de Marines sur le BPC Mistral pour deux exercices majeurs au cours de la mission Jeanne d’Arc 2017, l’embarquement dans un contexte opérationnel d’un groupe tactique de Marines à bord du BPC Tonnerre pour cette mission, sous le commandement d’un état-major combiné franco-américain, marque une nouvelle étape dans la capacité et la volonté à opérer ensemble », souligne la marine française.

 

(© MARINE NATIONALE)

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L'USS Monterey escortant le Tonnerre (© MARINE NATIONALE)

L'USS Monterey escortant le Tonnerre (© MARINE NATIONALE)

 

Escortes mutuelles avec l’US Navy

Pendant la mission, le Tonnerre a ainsi été escorté durant plusieurs semaines par le croiseur américain USS Monterey, pendant que le Chevalier Paul assurait le commandement de la défense aérienne du porte-avions USS Theodore Roosevelt.

Plusieurs manoeuvres amphibies et aéromobiles ont été conduites, pendant lesquelles les forces et les états-majors français et américains ont opéré de manière intégrée.

 

Manoeuvres amphibies avec l'EDAR du Tonnerre (© MARINE NATIONALE)

Manoeuvres amphibies avec l'EDAR du Tonnerre (© MARINE NATIONALE)

 

 

Exrecice à Djibouti (© MARINE NATIONALE)

Exrecice à Djibouti (© MARINE NATIONALE)

Marines à bord d'un Caiman de l'ALAT (© MARINE NATIONALE)

Marines à bord d'un Caiman de l'ALAT (© MARINE NATIONALE)

 

Intégration progressive grâce à différents exercices

A Djibouti, le groupe amphibie a conduit durant 10 jours un premier exercice amphibie d’intégration visant à démontrer la capacité à opérer conjointement. « Dans le cadre d’un scénario le plus réaliste possible, les troupes franco-américaines, composées d’un détachement du 3ème RIMa et d’un détachement de la 15° Marines Expeditionary Unit, se sont entraînées ensemble sur tout le spectre des opérations amphibies, réalisant un débarquement, un raid, une reprise de vive-force d’un point détenu par des factions hostiles, et une évacuation de ressortissants ».

La Marine nationale explique que deux exercices amphibies supplémentaires ont permis de consolider et diversifier l’interopérabilité des moyens français et américains : « Débarquement de troupes américaines à terre par la batellerie (EDAR et CTM de la Flottille Amphibie) ou par les hélicoptères français du 1er RHC, exercices de tir et patrouilles communes de contrôles de zones, simulation d’évacuation de ressortissants et récupération d’un équipage dont l’aéronef est à terre suite à un crash ou à une panne dans un environnement complexe : ces deux mois de présence américaines à bord du BPC Tonnerre ont permis le développement d’une interopérabilité poussée à un niveau inégalé jusqu’alors ».

 

(© MARINE NATIONALE)

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Intervention chirurgicale sur un marin de l’USS Lewis B. Puller

Ce déploiement a également été marqué par plusieurs « premières ». Ainsi, l’équipe médicale composée de chirurgiens et d’infirmiers américains et français, embarqués à bord du Tonnerre le 12 décembre 2017, a procédé à sa première opération chirurgicale trois jours plus tard sur un marin américain de la base flottante USS Lewis B. Puller, transféré à bord du BPC français.

Raids antiterroristes

Le groupe amphibie a également eu l’opportunité de s’entraîner avec différentes forces américaines présentes sur le théâtre, dont un détachement de SPMAGTF/CR du Marines Central Command qui a été projeté depuis le BPC Tonnerre par deux Osprey MV-22 afin de conduire un raid anti-terroriste. On notera à ce propos qu’en Jordanie, l’un des points d’appui de la France dans la lutte contre Daech, les hélicoptères du 1er RHC mis en oeuvre depuis le Tonnerre ont également conduit un raid à terre, guidés depuis le sol.

 

Un MV-22 Osprey sur le Tonnerre (© MARINE NATIONALE)

Un MV-22 Osprey sur le Tonnerre (© MARINE NATIONALE)

Embarquement de soldats américains sur un Osprey à bord du Tonnerre (© MARINE NATIONALE)

Embarquement de soldats américains sur un Osprey à bord du Tonnerre (© MARINE NATIONALE)

 

 

Un MV-22 Osprey sur le Tonnerre (© MARINE NATIONALE)

Un MV-22 Osprey sur le Tonnerre (© MARINE NATIONALE)

(© MARINE NATIONALE)

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Manœuvres avec les forces alliées de la région

La mission Bois Belleau 100 fut par ailleurs l’occasion de mener différents exercices avec des forces armées alliées du Proche et du Moyen-Orient. « Le groupe amphibie est un formidable levier de coopération opérationnelle avec nos partenaires régionaux. La mission Bois Belleau 100 a donc été une opportunité de conduire des activités et exercices avec les forces armées de pays partenaires afin de développer notre interopérabilité et de contribuer à la stabilité de la région ».

 

Bâtiments français et égyptiens lors de l'exercice Cleopatra 2018 (© MARINE NATIONALE)

Bâtiments français et égyptiens lors de l'exercice Cleopatra 2018 (© MARINE NATIONALE)

 

Avec les bâtiments égyptiens construits en France

Le déploiement a ainsi débuté et s’est conclu par des exercices avec la marine égyptienne et notamment l’Anwar el-Sadate, l’un des deux BPC réalisés à Saint-Nazaire et livrés à l’Egypte en 2016. Il était escorté par la corvette Elfateh (première des quatre unités du type Gowind commandées à Naval Group), construite à Lorient et réceptionnée par la marine égyptienne en 2017.  Ces bâtiments ont participé avec le Tonnerre et le Chevalier Paul à l’édition 2018 de Cleopatra, exercice annuel organisé alternativement en France et en Egypte. « Cleopatra s’inscrit dans le cadre de la coopération militaire bilatérale. Il vise à consolider la coopération navale entre les deux Nations en renforçant l’interopérabilité de leurs forces armées. S’appuyant sur l’échange d’expertise, de savoir-faire et de procédures, Cleopatra concrétise la coopération opérationnelle entre forces françaises et égyptiennes, lesquelles réalisent fréquemment des manoeuvres combinées particulièrement complexes. Lors de l’exercice Cleopatra 18, pour la première fois, un assaut amphibie conjoint a été planifié par un état-major combiné franco-égyptien et effectué conjointement par les fusiliers marins français et les forces spéciales égyptiennes ».

 

 

Enfin, deux exercices d’opportunité ont également eu lieu au cours de la mission avec la frégate australienne Warramunga et la frégate indienne Tarkash, qui opéraient dans la même zone que le groupe amphibie français.

 

La frégate australienne Warramunga vue du Tonnerre (© MARINE NATIONALE)

La frégate australienne Warramunga vue du Tonnerre (© MARINE NATIONALE)

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