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Bois : Les déchets recyclés bretons s’exportent depuis Lorient

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Des tonnages en hausse d’un côté, un marché national saturé de l’autre… Valoriser les déchets du bois français, c’est un peu la quadrature du cercle pour les recycleurs. « Les usines de fabrication de panneaux, les chaufferies et les réseaux de chaleur de l’Hexagone n’ont pas aujourd’hui la capacité d’absorber tout le bois recyclé français », confirme Nicolas Chéné, responsable de la filière bois chez Veolia Centre Ouest. « 50 % de ces déchets partent à l’étranger ».

Par déchets de bois, on entend les bois non traités (sous-produits de bois brut et palettes par exemple) et les bois faiblement traités (meubles, résidus d’exploitation forestière, bois de démolition…). Quant aux débouchés, ils sont de deux ordres : la fabrication de panneaux en bois aggloméré et l’énergie (production de chaleur et d’électricité). Avant d’être réutilisés, ces déchets de bois sont triés et broyés. Quelque 6,6 millions de tonnes (*) de déchets de bois sont collectées en France chaque année. « Ce volume augmente avec l’amélioration du tri aussi bien chez les particuliers que dans les entreprises », souligne Nicolas Chéné.

Des centrales de cogénération davantage développées

Dans l’Hexagone, l’export s’organise en fonction des régions de collecte pour les différents recycleurs. « Chez Veolia, ça part vers l’Italie et l’Espagne pour les départements du sud de la France ; vers la Belgique et l’Allemagne pour ceux d’Ile-de-France, de l’Est et du Nord ». Mais en Bretagne, où en 2015, 204 000 tonnes (*) de bois à recycler ont été collectées en 2015, « nous sommes loin par la route des pays du sud de l’Europe et de la Belgique », souligne Nicolas Chéné. D’où l’idée d’exporter une partie du broyat par bateaux dans les pays du nord de l’Europe.

 

« Les centrales de cogénération - chaleur et électricité - sont beaucoup plus développées là-bas », explique encore Nicolas Chéné. Et surtout, grâce à des techniques spécifiques notamment de filtration, « ces pays utilisent des broyats issus des deux catégories de bois recyclé en France ». Pour ce nouveau marché, le groupe a décidé d’utiliser la voie maritime et a choisi le port de commerce de Lorient pour son export. Kergroise qui est à proximité du site de stockage et de transformation des déchets de bois de l’entreprise.

Premier bateau en novembre

Du côté de la chambre de commerce et d’industrie du Morbihan, gestionnaire du port de commerce lorientais, on se réjouit de ce nouveau trafic. « C’est l’aboutissement de deux ans de travail », confie Vincent Tonnerre, responsable du développement commercial et logistique de Kergroise. Même si l’activité est en hausse depuis deux ans, le gestionnaire cherche à diversifier ses activités. Notamment à l’export, qui, en 2017, ne représentait que 2,87 % du trafic total, et se limitait au pneu broyé et aux minéraux bruts.

 

Jusqu’ici sur le port de commerce lorientais, l’activité bois consistait uniquement à l’import de pâte à papier en provenance de Suède pour l’approvisionnement des Papeteries de Mauduit à Quimperlé (29). Dans l’autre sens cette fois, un premier bateau de 2000 t de broyat de bois devrait être affrété début novembre. « Nous tablons sur quatre bateaux de 6 500 à 10 000 m3 par an », indique Nicolas Chéné.

(*) Source : Fédération professionnelle des entreprises du recyclage

Un article de la rédaction du Télégramme