Construction Navale
A bord de la nouvelle vedette des pompiers du SDIS 22

Reportage

A bord de la nouvelle vedette des pompiers du SDIS 22

Construction Navale

Avant de rejoindre Paimpol dans les semaines qui viennent, le Men Garo, toute nouvelle vedette du Service Départemental d'Incendie et de Secours des Côtes d'Armor (SDIS 22), a effectué de nouveaux essais en Loire avant d’être remise à sec au chantier Alumarine de Couëron, où ce bateau a été construit. L’occasion de monter à bord et de découvrir le nouvel outil des pompiers paimpolais, qui va très avantageusement remplacer leur vieille unité.  

 

(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Pour succéder à L’Alerte, vedette de 8 mètres datant de 1996 basée à Lézardrieux, près de Paimpol, les pompiers ont souhaité un bateau rapide et très polyvalent, qui puisse remplir de nombreux types de missions avec des capacités supérieures : secours aux victimes, évacuation sanitaire, lutte contre les incendies, transport et projection de moyens humains et matériels, support aux opérations de plongée ou encore assistance et remorquage d’un bateau en difficulté. Le tout, avec un tirant d’eau réduit permettant d’opérer près des plages et dans les cales de l’île de Bréhat, où de nombreuses évacuations médicales doivent être réalisées (jusqu'à plusieurs par jour pendant la saison estivale).

Intégralement réalisé en aluminium, le Men Garo a été conçu par le bureau d’architecture Pierre Delion sur la base d’un modèle éprouvé. Long de 11.98 mètres pour une largeur de 3.94 mètres et un tirant d’eau de 0.81 mètres, son déplacement lège est de 8.8 tonnes. La carène est en V évolutif pour réduire la résistance à l’avancement et faciliter le passage dans les vagues, avec des redans longitudinaux pour améliorer la portance hydrodynamique et assurer la stabilité transversale, même dans les virages serrés.

 

(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

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(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Très manoeuvrante et puissamment motorisée, la vedette dépasse la vitesse de 27 nœuds à mi-charge. Elle est équipée de propulseurs sur embases Z-Drive alimentés par deux moteurs diesels Volvo D4 de 260 cv chacun. Ces machines sont logées à l’intérieur de la coque, sur l’arrière, avec un accès direct grâce à un panneau basculant.

 

 

(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Pour optimiser l’espace, ce panneau sert de support au poste des plongeurs, avec deux bancs et des racks pour 8 bouteilles de 15 litres. Le bateau est muni à l’arrière de deux plateformes dotées d’échelles perroquet, ainsi qu’un dispositif lumineux relié à la commande d’embrayage donnant l’autorisation aux plongeurs de monter à bord lorsque les moteurs sont au point mort.

 

Le poste des plongeurs est intégré au panneau sous lequel se trouvent les moteurs (© MER ET MARINE - VG)

Le poste des plongeurs est intégré au panneau sous lequel se trouvent les moteurs (© MER ET MARINE - VG)

 

La grande cabine se divise en deux zones, avec à l’avant le poste de pilotage et derrière un espace permettant d’accueillir un brancard et de prodiguer des soins. Les deux peuvent être séparés par un rideau. Le poste de pilotage compte deux places, alors que la partie arrière de la timonerie peut accueillir jusqu’à sept personnes assises, ou un brancard et trois personnes assises.

 

Le poste de pilotage (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le poste de pilotage (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

Le pont arrière, dégagé, offre une surface de stockage de 6.6 m², avec une capacité d’emport de plus de 900 kilos. Il a été notamment conçu pour faciliter l’embarquement et le débarquement d’un brancard roulant de type hospitalier, que le navire soit à quai ou échoué. On accède directement au pont et à la timonerie par les deux côtés de la vedette via des portes de pavois. Mais il est aussi possible de monter à bord par les rampes arrière ou par l’avant. Une potence d'une capacité de 150 kg, installée au droit de la coupée tribord, pourra servir à la remontée de naufragés et au chargement de matériel.

En plus de la timonerie, la vedette est équipée d’un poste de contrôle extérieur, imaginé notamment pour faciliter les manœuvres et les approches de nuit, avec une vue dégagée tout autour du bateau.

 

Le poste de pilotage extérieur et ici le mât baissé (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le poste de pilotage extérieur et ici le mât baissé (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Celui-ci est enfin doté sur l’avant d’un canon antiincendie, qui peut projeter son jet d’eau à plusieurs dizaines de mètres (pression de 15 à 16 bar). Il est alimenté par un groupe motopompe autonome du type Magirus Fire 1000 encastré à l’arrière bâbord de la timonerie. Un équipement analogue à ce que l’on trouve sur les véhicules terrestres des SDIS. Il est également possible de brancher sur la motopompe une lance à incendie supplémentaire.

 

La motopompe (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La motopompe (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le canon à eau à poste à l'avant (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le canon à eau à poste à l'avant (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

L'équipe d'Alumarine teste la vedette et son canon à eau (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

L'équipe d'Alumarine teste la vedette et son canon à eau (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Une belle réalisation donc pour Alumarine, qui ajoute avec cette vedette une unité de pompiers à sa large production de navires professionnels. Appartenant au groupe Grand Large et employant une petite trentaine de personnes, le chantier dirigé depuis septembre par Paul Asquier a beaucoup de pain sur la planche. Il vient notamment d’achever la chaudronnerie du voilier-cargo Grain de Sail, qui devrait être mis à l’eau à l’été. Est également en cours de fabrication une coque de voilier de plaisance destinée à une marque de Grand Large, ainsi que deux vedettes de lamanage de 7 et 7.5 mètres d’un nouveau modèle. Elles sont destinées pour la première au groupe ligérien LHD et pour la seconde au Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire.

 

La coque de Grain de Sail (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La coque de Grain de Sail (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Coque d'un navire de plaisance (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Coque d'un navire de plaisance (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Nouvelles vedettes de lamanage (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Nouvelles vedettes de lamanage (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Nouvelles vedettes de lamanage (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Nouvelles vedettes de lamanage (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Le chantier va par ailleurs attaquer prochainement la réalisation de deux vedettes de 12 mètres pour la Corse, une pour l’Armement des Phares et Balises et l’autre pour une Université. Alumarine travaille enfin sur une nouvelle série d’Aqualodges, structures habitables flottantes destinées au secteur du tourisme aux Antilles. Deux ont été récemment livrés, trois autres étant en cours de réalisation.

 

Aqualodges (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Aqualodges (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Alumarine Shipyard