Marine Marchande
A bord de l'Abeille Flandre, sentinelle de la Méditerranée

Reportage

A bord de l'Abeille Flandre, sentinelle de la Méditerranée

Marine Marchande

Alors que l'Abeille Flandre revient d'une semaine intense de mobilisation autour de la collision entre le CLS Virginia et l'Ulysse au large de la Corse, nous vous proposons de découvrir le célèbre remorqueur et ses missions à travers un embarquement effectué fin août.

Le cap Corse se dessine à l’horizon. Devant nous, les deux voies du dispositif de séparation de trafic créé en 2016 et qui organisent le trafic entre la Corse et Capraïa, la petite île italienne. L’Abeille Flandre est en patrouille dans cette zone à la fois très fragile et très fréquentée. « Il y en a du trafic ici, avec des grands ports de commerce comme Gènes ou Marseille, les ferries vers la Corse ou le Maghreb et puis toute la plaisance » Frédéric Denis est le commandant de l’Abeille Flandre. Son métier est à la fois une vocation et une conviction, comme beaucoup de ceux qui naviguent à bord des remorqueurs de sauvetage des Abeilles, dans le Nord, en Manche, en Bretagne ou ici en Méditerranée. Mais ne comptez pas sur eux pour alimenter l’image d’Epinal qui en fait des héros de la mer. Ce genre de comparaison aurait même tendance à les agacer un peu. Plutôt que d’exploits, ils préfèrent parler d’exercices, de bons réflexes, d’entretien et d’attention permanente. « Travailler sur un remorqueur de sauvetage, c’est un métier forcément particulier. On ne sait évidemment jamais quand on devra partir sur une intervention et ce qu'on aura à gérer. Il faut être opérationnel immédiatement, sur une zone très vaste avec des conditions bien particulières, notamment en termes de météo. Alors il faut s’entraîner. Tout le temps ».

 

Frédéric Denis, commandant de l'Abeille Flandre  et Clément Belin, second capitaine ( © MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

Frédéric Denis, commandant de l'Abeille Flandre  et Clément Belin, second capitaine ( © MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

L'Abeille Flandre au mouillage devant Ajaccio

L'Abeille Flandre au mouillage devant Ajaccio ( © MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

( © MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

( © MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

( © MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

( © MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

( © MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

( © MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

( © MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

( © MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

 

Cela fait quatre jours que l’Abeille Flandre a quitté son port-base de Toulon, où, quand elle fait relâche, elle voisine avec les BPC et le porte-avions dans la base navale. Plusieurs jours de patrouille au large de la Corse, comme elle en fait régulièrement. « Le bureau des approches maritimes de la préfecture maritime établit un calendrier de patrouilles, qui alterne entre la Corse, la Côte d’Azur ou la côte du Languedoc. Cela nous permet de rester bien familier avec chacune de ces zones, qui ont chacune des spécificités géographiques, de trafic et de météo bien particulières ». La Flandre est devenue la sentinelle de la mer Méditerranée.

Il y a 13 ans, elle quittait Brest et sa station du bout de la Bretagne, l’anse de Bertheaume quand il fait du noroît, celle de Camaret quand le vent vient du sud et Ouessant quand ça se déchaîne. La Flandre a marqué les esprits et les cœurs des Brestois. Depuis son arrivée, à la fin des années 70, elle en a sauvé des marins et des bateaux en perdition, elle en a épargné des kilomètres de côtes en évitant des dizaines de marées noires. Son sister-ship et homologue, l’Abeille Languedoc, qui a depuis rejoint le Pas-de-Calais, affiche le même palmarès au large du Cotentin.

 

L'Abeille Languedoc à Boulogne-sur-Mer ( © FABIEN MONTREUIL)

L'Abeille Languedoc à Boulogne-sur-Mer ( © FABIEN MONTREUIL)

 

Les deux bateaux fêtent leurs 40 ans cette année. Ils sont nés en 1978 à Ulsteinvik, sur la côte ouest norvégienne, dans les chantiers Ulstein. Commandés à l’origine pour un armateur suédois, Neptun, ils étaient tous deux destinés au remorquage hauturier et septentrional de plateformes pétrolières. 63,4 mètres de long, quatre moteurs et une puissance de 12.800 chevaux, 160 tonnes de traction au point fixe, une coque glace : les UT 507 sont bien nés et robustes. Mais Neptun, victime collatérale des vicissitudes du marché pétrolier, fait faillite. Les Neptun Gothia et Neptun Suecia sont désarmés, l’un neuf, l’autre avec à peine quelques

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