Marine Marchande
L'Atalante met le cap sur le Pacifique

Reportage

L'Atalante met le cap sur le Pacifique

Marine Marchande

Il pleut sur Brest et le pont de l’Atalante ne désemplit pas. Le navire océanographique de l’Ifremer, armé par Genavir, est sur le point de partir pour près de 15 mois de mission dans le Pacifique. Les marins du bord et les scientifiques s’affairent tous à préparer au mieux ce voyage avec « un des plus grands transits entre deux missions », précise le commandant Gilles Ferrand.

 

© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

(© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

 

L’Atalante part aujourd’hui de Brest, direction Panama, puis la Nouvelle-Calédonie où il devrait arriver le 21 mars. Un long voyage durant lequel l’équipage sera constitué de 18 marins. « L’effectif passera à 50 personnes, dont 29 marins dès que nous arriverons à Nouméa et partirons pour notre première mission », précise le commandant. « Nous fonctionnons toujours comme cela, nous adaptons le nombre de marins à la charge de travail et aux missions. Quand il faut mettre des engins à l’eau 24h/24, il faut renforcer l’équipe pont, mais aussi l’équipe machine. Et quand il y a du monde à bord, il faut aussi renforcer le service hôtelier ».

 

Le commandant Gilles Ferrand  

Le commandant Gilles Ferrand  (© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

(© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

Le pont arrière avec le robot Victor 6000

Le pont arrière avec le robot Victor 6000 (© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

(© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

 

Sur le pont de l’Atalante, il y a Victor 6000, le robot sous-marin de l’Ifremer, et des conteneurs de la station biologique de Roscoff, l’unité du CNRS qui va coordonner la première campagne menée en arrivant dans le Pacifique. « Chubacarc, ce sera une mission constituée de deux campagnes de plus d’un mois sur l’arrière-arc Pacifique », explique Jean-François Bourrillet, géologue à l’Ifremer. Cet arrière-arc est une zone où les plaques continentales entrent en subduction, c’est-à-dire que l’une plonge sous l’autre. La campagne, coordonnée par Roscoff et impliquant une dizaine de laboratoires français et étrangers, va permettre différents types de mesures, relevés et cartographies. Les scientifiques s’intéressent beaucoup aux différentes sorties de fluides que l’on observe dans ces endroits. Dans ces lieux de forte activité géologique, on peut ainsi trouver des zones particulièrement sulfurées dans lesquelles une faune particulière, se développant en condition chimique, s’est développée. L’étude de cette adaptation de la faune peut notamment avoir un intérêt pour la recherche médicale. Il y a aussi des zones « d’échappement » d’hydrogène pur, ce qui intéresse fortement la science dans ces temps où ce gaz semble devenir le combustible de l’avenir.

« La campagne se mène d’abord avec une reconnaissance par le sondeur de coque qui « photographie » une zone correspondant à sept fois la hauteur d’eau. Cela donne une image déjà relativement précise. Ensuite, en fonction de l’intérêt ce que nous avons recueilli, nous mettons à l’eau le robot sous-marin qui va encore affiner les données ». Victor, le sous-marin, peut rester en mer trois jours, même si son utilisation s’effectue le plus souvent à la journée. Une équipe, scientifiques et marin pilote de ROV,  le surveille en permanence depuis un local dédié de l'Atalante, collé au PC sciences. Pour éviter de le remonter trop souvent, un système d’ascenseur a été imaginé. Placé à proximité du lieu d’immersion du robot, il permet à ce dernier de « faire remonter » des prélèvements vers le bateau au cours de l’immersion.

 

Le local du pilotage du ROV (© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

Le local du pilotage du ROV (© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

Le PC Sciences

Le PC Sciences (© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

 

A bord de l’Atalante,  tout est presque prêt : les  seize flotteurs de mesures que le navire va déposer dans différents points de l’Atlantique et du Pacifique, le robot Victor « testé il y a 15 jours au large de Penmarc’h », le laboratoire humide, les horloges de précision... Le matériel pour les campagnes suivantes sera chargé directement à Nouméa. Le vénérable Atalante, sorti en 1990 des Ateliers et Chantiers du Havre, part pour une de ses plus longues missions. A son retour, il devrait être remotorisé et repartir pour une quinzaine d’années de service.

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