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A bord du Beautemps-Beaupré, fraîchement modernisé

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C’est le navire amiral à disposition du Service hydrographique national français (Shom). Mis en service en décembre 2003, le Beautemps-Beaupré vient de bénéficier d’une modernisation complète de ses moyens scientifiques. Les travaux, qui ont débuté le 6 novembre et se sont achevés le 9 février, ont vu le bâtiment hydro-océanographique (BHO) passer notamment en cale sèche dans l’un des bassins de la base navale de Brest. Ils ont été conduits sous la responsabilité de Piriou Naval Services, titulaire du contrat de maintien en condition opérationnelle du BHO, la partie portant sur la rénovation de la charge utile étant confiée à CNN MCO. « L’objectif de cette modernisation est de redonner au bâtiment un potentiel opérationnel pour les 15 ans à venir dans le domaine des capacités hydro-océanographiques », explique Sébastien Beuchard, chef de la division ingénierie et équipements scientifiques du Shom, reponsable de la modernisation du Beautemps-Beaupré. 

 

Remise à l'eau du Beautemps-Beaupré au mois de janvier (© MARINE NATIONALE - THOMAS TREBER

Remise à l'eau du Beautemps-Beaupré au mois de janvier (© MARINE NATIONALE - THOMAS TREBER)

Remise à l'eau du Beautemps-Beaupré au mois de janvier (© MARINE NATIONALE - JOHANN GUIAVARCH

Remise à l'eau du Beautemps-Beaupré au mois de janvier (© MARINE NATIONALE - JOHANN GUIAVARCH)

 

Tous les équipements, ou presque, ont ainsi été modernisés ou remplacés par des outils plus modernes et performants. Ce fut en particulier le cas pour les systèmes de la gondole, grande structure en acier de 13 mètres de long pour plus de 8 mètres de large située sous la quille et accueillant les principaux senseurs acoustiques.

 

La gondole du BHO à la fin de l'arrêt technique (© SHOM - C. VRIGNAUD)

La gondole du BHO à la fin de l'arrêt technique (© SHOM - C. VRIGNAUD)

 

Devenu obsolète, le sondeur multifaisceau moyens fonds d’origine, un EM 1002 du groupe norvégien Kongsberg, a été remplacé par un EM 712, avec une portée et une résolution accrues. On notera que l’ancien EM 1002 qui équipait les La Pérouse, Borda et Laplace, avait déjà été remplacé sur ces trois autres bâtiments hydrographiques utilisés par le Shom, respectivement en 2011, 2012 et 2016.

Sur la gondole du Beautemps-Beaupré, ont également été remplacés cet hiver le sondeur de sédiments (un SBP 27 de Kongsberg à la place du SBP 120), le sondeur monofaisceau (un EA 600 au lieu de l’EA 640), le système de base ultracourte (USBL) servant au positionnement acoustique sous-marin (il permet de repérer les balises permanentes sur des lignes de mouillage ou encore des engins sous-marins). C’est la société française iXblue qui a fourni le nouvel USBL (un Posidonia V2 au lieu de l’ancien Posidonia 6000).

Le BHO a, par ailleurs, vu remplacés ses deux courantomètres de coque (Teledyne RDI), ainsi que son bathythermographe (un Mk21 de Lockheed Martin) pour la mesure du courant et du profil de température de l’eau. Le bâtiment a, dans le même temps, été doté d’un nouvel outil, un profileur de célérité Rapid Cast de Teledyne RDI, qui permet d’étudier la température, la célérité et la conductivité de l’eau.

Le thermosalinomètre de coque a, quant à lui, été renouvelé avec des équipements identiques (SBE 21 et SBE 38 de Seabird). Ils servent à mesurer la température et la conductivité de l’eau en surface (à environ 3 mètres de profondeur) lorsque le navire est en route.

 

Le BHO durant son arrêt technique (© SHOM - C. VRIGNAUD)

Le BHO durant son arrêt technique (© SHOM - C. VRIGNAUD)

 

 

Le BHO durant son arrêt technique (© SHOM - C. VRIGNAUD)

Le BHO durant son arrêt technique (© SHOM - C. VRIGNAUD)

Support de l’antenne d’émission du sondeur de sédiments SBP27, constituée de 96 transducteurs - ici avant montage des 96 transducteurs

Support de l’antenne d’émission du sondeur de sédiments SBP27, constituée de 96 transducteurs - ici avant montage des 96 transducteurs (© SHOM - C. VRIGNAUD)

Antennes des 2 courantomètres de coque VM ADCP OS38 kHz (la grande) et VM ADCP OS150 kHz (la petite) (© SHOM)

Antennes des 2 courantomètres de coque VM ADCP OS38 kHz (la grande) et VM ADCP OS150 kHz (la petite) (© SHOM)

Antenne du nouveau système USBL Posidonia II ​​​​ (© SHOM)

Antenne du nouveau système USBL Posidonia II ​​​​ (© SHOM)

 

Le BHO dispose aussi d’un gravimètre marin (KSS 32M fourni par la société allemande BGSS), système permettant de mesurer le champ de pesanteur. S’y ajoute un nouveau gravimètre portable CG-5 (au lieu du CG-3) de Micro g LaCoste. Employé à terre, ce dernier permet de rapprocher du bateau des références terrestres (points de gravité absolue) afin de recaler les mesures effectuées en mer.

 

Gravimètres marins KSS32M et à l’arrière-plan les centrales internielles Hydrins (© SHOM)

Gravimètres marins KSS32M et à l’arrière-plan les centrales internielles Hydrins (© SHOM)

 

L’arrêt technique du bâtiment fut par ailleurs l’occasion de changer le système de positionnement et d’altitude, avec deux nouvelles centrales inertielles Hydrins V3 d’iXblue, couplées à deux récepteurs GNSS (Global Navigation Satellite System) Trimble BX982.

Enfin, un système de mise en œuvre du carottier Kullenberg a été installé, la manipulation étant jusque-là manuelle. Constitué d’une plateforme et deux tangons, ce dispositif, qui permet de manipuler plus facilement et en toute sécurité le carottier (un tube jusqu'à 15 mètres de long, lesté de 500 kg à 1 tonne), a été développé sur mesure par CNN MCO, ENAG, Bretagne Hydraulique. Il est installé sur le pass tribord et l'avant tribord de la plage arrière.

 

Le nouveau système de mise en oeuvre du carottier Kullenberg (© SHOM)

Le nouveau système de mise en oeuvre du carottier Kullenberg (© SHOM)

 

Au-delà des équipements scientifiques, le Beautemps-Beaupré a également vu son PC scientifique et son réseau informatique complètement modernisés. « Nous avons changé tout le système informatique, les serveurs, les baies de stockage, les librairies de sauvegarde, le réseau de distribution et le cœur de réseau. Tous les postes pour l’acquisition et le traitement des données ont été renouvelés, ainsi que la partie impression. Nous avons aussi installé une "matrice vidéo", associées à un mur de 17 écrans qui permet à l’hydrographe de quart de configurer la disposition d’affichage des écrans selon les besoins de la mission en cours », précise Sébastien Beuchard.

 

Le nouveau PC Scientifique (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le nouveau PC Scientifique (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

La salle de traitement (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La salle de traitement (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

Pendant le passage au bassin il a également fallu refaire la métrologie complète de tous les équipements, c’est-à-dire leur positionnement et orientation précis par rapport au point et au plan de référence du navire. Cette prestation conduite par le cabinet de géomètres experts Quarta (spécialiste de ce type de mesure) est une étape indispensable à la bonne intégration des équipements. La précision des données recueillies dépend directement de la qualité de ces mesures.

A l’issue de son arrêt technique, le Beautemps-Beaupré a réalisé ses essais, avant de reprendre son activité opérationnelle fin février.

De la haute mer aux zones côtières

Conçu et réalisé par le chantier de Lanester, près de Lorient, en collaboration avec les chantiers de Saint-Nazaire, dont le site morbihannais était une filiale à l’époque, le Beautemps-Beaupré mesure 80.6 mètres de long pour une largeur de 14.9 mètres et un déplacement de 3300 tonnes en charge. Son tirant d’eau maximum est de 6.5 mètres (au niveau de la gondole).

 

Le Beautemps-Beaupré dans l'estuaire de la Loire fin mars (© BERNARD PREZELIN)

Le Beautemps-Beaupré dans l'estuaire de la Loire fin mars (© BERNARD PREZELIN)

 

Ce bâtiment est spécialement conçu pour les missions d’hydrographie et d’océanographie côtières et hauturières, ses senseurs lui permettant de travailler jusqu’à 10.000 mètres sous la surface. Il peut ainsi réaliser la cartographie des fonds marins et leur mise à jour dans la durée, certaines zones évoluant plus ou moins vite, tout en étudiant la composition de ces fonds via des études géo-sédimentologiques. Le BHO sert également à mieux connaître l’environnement marin (prélèvements et analyses d’échantillons d’eau, de sédiments et de roches) ainsi que les caractéristiques et spécificités de la colonne d’eau (courants, température, salinité, oxygène dissous). 

Sécurité de la navigation, besoins militaires et soutien aux politiques publiques de la mer

Bathymétrie, sédimentologie, physique de l’océan, acoustique sous-marine, gravimétrie, magnétisme, géodésie… Dans le cadre de la mission du Shom, « décrire l’environnement marin et prévoir son évolution », ces études sont indispensables à la sécurité de la navigation, civile ou militaire et ont un intérêt stratégique pour les forces armées françaises. La connaissance précise des fonds marins est par exemple cruciale pour les opérations des sous-marins, mais aussi pour déterminer l’efficacité des sonars de bâtiments de surface, les ondes se propageant de manière différente selon les caractéristiques de la colonne d’eau (pression, température, salinité…) et se réfléchissent plus ou moins bien selon la nature des fonds. L’intérêt est également évident pour la guerre des mines, non seulement pour les moyens chargés de la détection des engins explosifs, mais aussi pour savoir, en fonction des caractéristiques du fond, si des mines peuvent par exemple s’enfouir. En zones côtières, les études du Shom sont aussi très précieuses pour les opérations amphibies, la connaissance des plages et de leurs approches permettant de préparer d’éventuels débarquements. 

Le Shom travaille par ailleurs au bénéfice du développement des politiques publiques de la mer et du littoral: établissement des frontières maritimes, amélioration des prévisions de la vigilance vagues-submersion, observation du niveau de la mer, alerte aux tsunamis, suivi de la cartographie du littoral, définition des habitats marins, planification de l’espace maritime, mise à disposition de la connaissance physique de référence, etc.

 

Le Beautemps-Beaupré à La Réunion lors de sa mission en océan Indien en 2017 (© PATRICK SORBY)

Le Beautemps-Beaupré à La Réunion lors de sa mission en océan Indien en 2017 (© PATRICK SORBY)

 

Deux équipages pour travailler loin et longtemps

Unique en son genre et, selon les spécialistes du Shom, toujours considéré 15 ans après sa mise en service comme une référence au niveau mondial, le Beautemps-Beaupré est un navire particulier au sein de la Marine nationale. « Ce bateau présente plusieurs spécificités. La première, c’est qu’il fonctionne avec un équipage réduit de seulement 29 marins, c’est-à-dire l’équivalent d’un patrouilleur. Cela nécessite une forte automatisation de la plateforme et une polyvalence du personnel. Le barreur s’occupe aussi de la mise en œuvre des embarcations, le cuisinier est également servant d’artillerie... Nous n’avons besoin que de 2 marins de quart pour conduire le bateau à la mer. Energie/propulsion, navigation, sécurité, ballastage, senseurs… Tout est généré depuis la passerelle, sachant que ce navire a été conçu aux normes civiles », explique sur le capitaine de frégate Tristan Cocrelle, le commandant du Beautemps-Beaupré. Ou plutôt l’un des deux commandants du BHO puisque ce bâtiment fut la première unité de surface de la flotte française à être armée par deux équipages. « Les affectations sont de 2 ans pour les officiers et 3 ans pour l’équipage, un tiers étant renouvelé chaque année. Ce concept du double équipage est lié au fait que ce bâtiment a vocation à être déployé loin et longtemps, soit environ 290 jours par an. En 2017, par exemple, il est parti de janvier à fin octobre en océan Indien. Pour tenir des missions aussi longues et réaliser autant de jours de mer dans l’année, il faut deux équipages, qui se relaient à bord tous les quatre mois ».

 

La passerelle du Beautemps-Beaupré (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La passerelle du Beautemps-Beaupré (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

La partie de la passerelle surplombant la plage arrière (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La partie de la passerelle surplombant la plage arrière (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La passerelle couvre toute la superstructure (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La passerelle couvre toute la superstructure (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La partie arrière de la passerelle surplombe le pont de travail (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La partie arrière de la passerelle surplombe le pont de travail (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Vue du pont de la plage arrière depuis la passerelle (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Vue du pont de la plage arrière depuis la passerelle (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

« C’est un bateau de marins, de manœuvriers »

Offrant une autonomie de plus de 8000 milles à 10 nœuds, avec la possibilité de travailler 45 jours sans ravitaillement, le Beautemps-Beaupré est une plateforme très manoeuvrante. Il est équipé d’une propulsion diesel-électrique, architecture permettant de naviguer de manière silencieuse afin d’améliorer la qualité des données recueillies par les senseurs. Doté d’une seule ligne d’arbres, le navire dispose en outre d’un propulseur d’étrave et d’un système de positionnement dynamique. « L’hydrographie et l'océanographie, notamment en haute mer, nécessitent d’être extrêmement précis par rapport au fond. Le positionnement dynamique est en cela précieux pour avoir des relevés précis », souligne le CF Cocrelle, qui ajoute en souriant que le BHO, « c’est un bateau de marins, de manœuvriers ».  Pour la navigation, mais aussi et surtout en raison des nombreux systèmes de manutention des équipements.  

Sous la conduite du Shom

Comme les BH La Pérouse, Borda et Laplace, des unités plus anciennes (1988-89) et plus petites (59 mètres, 980 tpc), qui seront remplacées dans le cadre du programme CHOF, le Beautemps-Beaupré est armé par la Marine nationale. Mais le personnel de l’équipe scientifique qui réalise les missions hydro-océanographiques et peut comprendre jusqu’à 25 scientifiques et  hydrographes, est fourni par le Shom. Rattaché au ministère des Armées, ce dernier est depuis 2007 un établissement public et opérateur de l’Etat, comme l’IGN ou Météo France. Il compte 514 personnes (hors équipages des navires), pour l’essentiel basées à Brest, dont 92 du Groupement Hydro-Océanographique de l’Atlantique (GHOA) qui assure la préparation des missions et le soutien aux équipements scientifiques installés sur ces navires. « La moitié de l’activité du Shom est réalisée au profit des besoins des armées, en particulier de la Marine nationale. L’autre moitié est au bénéfice de l’amélioration de la documentation nautique pour la sécurité de la navigation (cartes marines et ouvrages) et le soutien aux politiques publiques. Nous sommes en particulier responsables, pour le compte de l’Etat, de fournir des documents nautiques normalisés pour les zones sous responsabilité française », explique Pierre-Yves Dupuy, directeur du GHOA.

Les zones sous responsabilité française correspondent d’abord aux eaux nationales, ce qui avec les territoires d’Outre-mer représente une zone économique exclusive de 11 millions de km². « Il faut y ajouter des zones de responsabilité historique faisant l’objet d’arrangements avec certains Etats, comme en Afrique de l’Ouest et à l’Est du continent, notamment Madagascar et les Comores ». Et si l’on prend en compte toutes les zones d’intérêt de la marine française à l’étranger, le Shom doit en réalité développer et entretenir ses connaissances sur pas moins de 40 millions de km². 

Coopération avec l’Ifremer

En cela, le Beautemps-Beaupré est un outil crucial car c’est le seul bâtiment hydro-océanographique de la Marine nationale à pouvoir se déployer loin et longtemps, y compris dans des zones sensibles. Car bien que peint en blanc, il s’agit tout de même d’une unité militaire qui, à ce titre, dispose de moyens d’autodéfense propres, avec en particulier des mitrailleuses de 12.7mm, et peut recevoir si besoin le renfort d’équipes provenant de la force des fusiliers-marins et commandos. Le Shom travaille cependant logiquement avec l’Institut français de la mer (Ifremer), dont le principal navire océanographique, le Pourquoi pas ? a été cofinancé par la Marine nationale à hauteur de 45%, ce qui lui ouvre actuellement 130 jours d’activité par an sur ce bateau, que le Shom utilisera par exemple cette année pour une campagne hydrographique et sédimentologique à Saint-Pierre-et-Miquelon. Selon les besoins et le programme d’activité des navires, ces jours peuvent aussi être effectués sur l’Atalante, une autre unité de l’Ifremer, qui est notamment déployée ponctuellement dans le Pacifique. « Pour répondre aux besoins qu’il doit satisfaire, le Shom doit réaliser 800 jours d’activité chaque année, avec le BHO, les BH, ainsi que le Pourquoi pas ? ou l’Atalante », dit Pierre-Yves Dupuy, qui rappelle que l’enrichissement des connaissances est complété par le traitement d’observations satellites et le recours, pour les très petits fonds de frange littorale, à des avions équipés d’un laser topo-bathymétrique aéroporté de type Lidar. On notera, pour en revenir à la coopération avec l’Ifremer, que l’Institut a lui aussi contribué au financement du Beautemps-Beaupré, mais dans une bien moindre mesure (5%). Cela ouvre tout de même 10 jours par an d’utilisation du BHO, que l’Institut peut mettre notamment à profit pour conduire des études dans des zones d’insécurité.

 

L'une des deux vedettes hydrographiques actuellement embarquées (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

L'une des deux vedettes hydrographiques actuellement embarquées (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Vedettes hydrographiques pour les très petits fonds

Pouvant comme on l’a vu travailler à des profondeurs allant jusqu’à 10.000 mètres, notamment grâce au sondeur multifaisceau intégré à sa gondole, le Beautemps-Beaupré est aussi apte à travailler en zones côtières. Pour les très petits fonds, il met en œuvre deux vedettes hydrographiques, actuellement les Pélican et Cormoran. Ces bateaux de 8 mètres sont en fait des BHO miniatures. Elles sont équipées de sondeurs multifaisceaux et mono-faisceau adaptés aux très petits fonds, ainsi qu'un sonar à balayage latéral et un magnétomètre remorqués.

 


 

La plage arrière

Les vedettes sont déployées par des bossoirs, un sur chaque bord, depuis la plage arrière. Celle-ci, très vaste, peut accueillir et manutentionner de nombreux types d’engins, ainsi que des conteneurs. Un portique, d’une capacité de 10 tonnes, permet de mettre à l’eau et récupérer par la poupe différents équipements de mesure, mais aussi en cas de besoin des robots sous-marins. S’y ajoute une grue, pouvant elle aussi soulever des charges de 10 tonnes, ainsi qu’un portique latéral de 5 tonnes. Les équipements déployés comprennent notamment un sonar à balayage latéral, un magnétomètre, des marégraphes, des bouées, des bathysondes et leur équivalent remorqué, et pour l’étude des sédiments des carottiers ainsi que des bennes et une drague à roche.   

 

(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

Sonar à balayage latéral et magnétomètre (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Sonar à balayage latéral et magnétomètre (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Laboratoires embarqués

Alors que la plage arrière est surplombée par la vaste passerelle, qui s’étend vers l’arrière avec un poste de mise en œuvre des moyens de manutention, elle se prolonge à l’intérieur, sur le même pont, par les laboratoires. Il y a notamment le labo humide, où sont traités les carottes et les prélèvements de sédiments et les échantillons d’eau pouvant être prélevés à plusieurs milliers de mètres de profondeur par la bathysonde. Cette dernière, servant aussi à mesurer la température, la pression et la salinité de l’eau, est déployée par le travers du bâtiment, le système de manutention communiquant directement avec le laboratoire. Le BHO dispose par ailleurs d’un engin remorqué, le Seasoar, qui a les mêmes fonctions que la bathysonde.

 

Bathysonde dans le laboratoire humide (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Bathysonde dans le laboratoire humide (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le laboratoire humide (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le laboratoire humide (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Coursive donnant accès depuis la plage arrière aux laboratoires (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Coursive donnant accès depuis la plage arrière aux laboratoires (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Jusque dans le Grand Nord

En termes d’activités, le Beautemps-Beaupré va rester en Atlantique et en Manche dans les semaines qui viennent. Il doit notamment assurer l’installation et les essais à la mer d'un prototype de gravimètre à atomes froids de l'ONERA jusqu'au 15 avril. Il mettra ensuite le cap sur la Méditerranée occidentale jusqu’à la fin mai, pour une campagne de mesures océanographiques destinée à l'amélioration les modèles de prévision développés par le Shom. Puis il devrait, dans le courant de l’été, effectuer une mission « Grand Nord », vers la Scandinavie, qui constitue depuis quelques années une zone d’intérêt stratégique accrue pour la Marine nationale.  

 

Le Beautemps-Beaupré dans l'estuaire de la Loire fin mars (© BERNARD PREZELIN)

Le Beautemps-Beaupré dans l'estuaire de la Loire fin mars (© BERNARD PREZELIN)

Marine nationale