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A bord du « La Grandière », un bateau aux multiples casquettes

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A bord du « La Grandière », un bateau aux multiples casquettes

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Du 23 novembre au 12 décembre 2006, le Bâtiment de Transport Léger La Grandière a réalisé une double mission dans la zone sud de l'océan indien : d'une part, le ravitaillement des îles Agalega ; d'autre part, l'exercice CATEAU NOIR 2006. L'occasion, pour l'équipage, de nous faire parvenir ce carnet de bord retraçant la mission du Batral.

9 tonnes de fret et 26 passagers débarqués à Agalega

Une heure seulement après son appareillage, encore au large de la Réunion, le « La Grandière » rassemble à son bord les trois armées. L'armée de l'air ne reste que le temps de quelques appontages avec l'un de ses Fennec. Les hommes de l'armée de terre, détachés du 2ème RPIMa, sont quant à eux embarqués pour toute la durée de la mission. Et malgré leur devise « ne pas subir », nombreux sont ceux que la mer a ébranlés les premiers jours, et qui ont dû user de « mer calme ». Ils restent toutefois opérationnels, et dès l'arrivée à Port Louis le vendredi matin, ils sont mis à contribution et prêtent main forte à l'équipage pour l'embarquement des neuf tonnes de fret, comprenant notamment 150 bouteilles de gaz et 20 fûts de 200 L de carburéacteur JET A1, destinées aux îles d'Agalega. Le bâtiment reste à quai tout le week-end, ce qui ne déplaît pas aux nombreux permissionnaires, en attendant lundi, pour accueillir à son bord 25 passagers et un officier de liaison mauricien, puis reprendre la mer. En effet, au ravitaillement des îles s'ajoute le transport de la relève des coast guards et des policiers. Après deux jours et trois nuits de transit, l'île Nord d'Agalega apparaît au petit matin, au milieu de l'Océan Indien. Une journée à l'embossage devant cette petite île mauricienne suffit pour effectuer le débarquement du fret et des passagers, et pour embarquer en échange du matériel à destination de Port Louis ainsi que 1000 noix de coco qui doivent être replantées sur l'île Maurice. En fin de journée, le commandant, lui-même en mourant d'envie, autorise une baignade surveillée dans l'eau bleue turquoise à la plus grande joie des marins comme des parachutistes. Tandis que certains nagent paisiblement le long de la coque, d'autres profitent du pont pour effectuer quelques cabrioles, cabrioles qui restent toutefois risibles comparées à celles des dauphins qui nous raccompagnent au large, après l'appareillage.

Plageages sur la « plus belle plage du monde 2006 »


L'arrivée aux Seychelles se fait quelques jours plus tard, samedi 2 décembre, sous la pluie. Commence alors l'exercice CATEAU NOIR 2006. Dès le premier jour, un plageage est réalisé dans l'anse Lazio, élue plus belle plage du monde pour la deuxième année, face aux palmiers et à la végétation dense et verdoyante de l'île de Praslin, sous les regards surpris des touristes présents. Le soir même le bateau est à quai, à Port Victoria, et les 3 camions et 2 véhicules de l'armée de terre sont sortis de la cale et déposés sur le quai. Le transit vers Praslin, le mardi, se fait pour exercice sous menace FPB (Fast Patrol Boat), grâce à une bonne collaboration des coast guards seychellois qui jouent les terroristes. Une embarcation rapide lance une première offensive, surgissant de derrière un cargo au mouillage à la sortie du port, puis une vedette attaque. Dès l'appareillage, les canons avaient été débâchés, l'équipage appelé au poste de combat et le zodiac mis à l'eau avec des hommes armés pour surveiller le plan d'eau. La défense est bien organisée, le bâtiment ne se laisse pas surprendre : l'exercice est « profitable », selon les mots du commandant.

Après quelques ronds dans l'eau, le bâtiment amphibie se dirige vers la plage de l'anse Lazio, en respectant l'alignement sur les balises rouges, posées par la SNP (section navale de plage). L'étrave s'ouvre alors que le sable continue à se rapprocher. Un Transall survole la zone pour prendre quelques clichés ; sur tribord, on aperçoit des parachutistes. Les hommes du 2ème RPIMa sont déjà prêts, dans la cale, devant le tablier qui est encore levé. « Attention on va plager ». Brusquement le bateau s'arrête sur la plage, le tablier descend, et les hommes en treillis sortent de la cale au pas de course, les armes à la main. Les touristes sont encore une fois nombreux à observer et à photographier. Mais rapidement le bateau se dégage, et s'en va mouiller quelques centaines de yards plus loin. La journée se termine dans la bonne humeur, avec un barbecue sur la plateforme hélicoptère. Le lendemain, après une plongée sous coque, deux visitex sont réalisés : l'équipe de visite du « La Grandière » inspecte le « Topaz », la vedette qui a attaqué la veille, puis les rôles sont inversés. L'entraînement est réussi, mais certains points doivent encore être affinés. L'équipe a notamment été surprise en découvrant une bombe artisanale, scénario auquel elle n'était pas préparée. Après une exfiltration de nuit avec les zodiacs du GAM (Groupe d'Assaut Mer) très réussie, le « La Grandière » retrouve le quai de Port Victoria. CATEAU NOIR 2006 touche à sa fin : les soutes sont remplies de gazole, les véhicules de l'armée de terre rembarqués dans la cale... L'exercice se clôture jeudi soir par un coquetèle à bord, avec notamment la présence de l'ambassadeur de France aux Seychelles, son excellence Monsieur Michel Tretout. Le lendemain matin, le Batral appareille, laissant derrière lui les 115 îles de l'archipel des Seychelles.

Après de brèves escales à Agalega puis à l'île Maurice, où respectivement il embarque puis débarque cinq tonnes de fret et 24 passagers, le Batral accoste à Port-Des-Galets mardi 12 décembre, où il entame une période d'entretien de quatre mois. Finalement la phrase de l'officier de liaison mauricien « Join the navy and see the world » semble s'appliquer à merveille à ce Batral qui vogue dans la zone sud de l'océan indien.

L'équipage du La Grandière
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- Voir la fiche technique du La Grandière

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