Marine Marchande
A bord du navire de soutien Bourbon Gannet

Reportage

A bord du navire de soutien Bourbon Gannet

Marine Marchande

Il revient de mer du Nord où il a effectué une mission auprès de l’Oceanic Phoenix, navire sismique français de CGG, géré par GeofieLD. En ce début d’année, le Bourbon Gannet retrouve brièvement les embruns bretons, le long d’un quai brestois, à quelques encablures de la grande forme du chantier Damen dans laquelle le Geo Celtic, autre unité sismique de CGG, est en arrêt technique. « Nous attendons de savoir sur quelle mission nous allons partir. Cela peut-être sur n’importe quelle mer, tout dépend de la zone de prospection du navire que nous allons accompagner », explique le commandant Jean-Pierre Ollitrault.

 

(MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

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Puisque c’est précisément cela la mission de ce navire de 53,8 mètres de long, troisième d’une série de six (les Bourbon Petrel, Fulmar, Gannet, Grebe, Cormorant et Tern) sortis en 2013 et 2014 des chantiers Grandweld de Dubaï. Bourbon les a fait construire après avoir remporté un contrat d’affrètement avec le groupe de géophysique. Immatriculés à Chypre, ils sont gérés par Bourbon Offshore Greenmar, la filiale suisse du groupe Bourbon.

 

(MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

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« Un navire sismique ne revient que très peu à quai. Son rôle est de quadriller sa zone de prospection jour et nuit pour acquérir les données sismiques du sous-sol. Et ce, parfois, pendant plusieurs mois. Il a donc besoin de bateaux pour l’assister sur le plan d’eau ou pour son ravitaillement », poursuit le commandant.

Quand un navire d’acquisition sismique entre en opération, il déploie une douzaine - et parfois plus - de streamers, qu’il remorque à une vitesse de 4-5 noeuds. Ces flûtes d’acquisition (ou « streamers »), qui mesurent plusieurs kilomètres de long, contiennent des hydrophones qui enregistrent l’intensité du signal acoustique, émis par la source sismique  du navire et réfléchi par les couches géologiques du sous-sol marin. A partir de ces données, analysées par les géophysiciens embarqués et modélisées par des logiciels dédiés, les groupes pétroliers disposent de carte en trois voire quatre dimensions (aux trois dimensions spatiales s’ajoutant la valeur temps) du réservoir d’hydrocarbures prospecté.

 

(CGG)

(CGG)

Inutile de préciser que ces journées d’acquisitions sont onéreuses et qu’elles ne peuvent être interrompues par n’importe quel aléa. Sur l’eau, le navire doit pouvoir avancer avec son imposant attelage sans avoir à  manœuvrer trop fréquemment pour éviter des collisions. « Nous nous plaçons à environ deux milles à son avant, sur son tribord, de manière à lui ouvrir la voie et vérifier que tout est clair. On repère ainsi s’il y a quoi que ce soit qui puisse le gêner, des bouées, des filets de pêche, des débris…», détaille Jean-Pierre Ollitrault. C’est cet aspect « chase-boat » qui représente la plus grosse partie de la mission du Bourbon Gannet. « Nous restons à cette distance, de manière à pouvoir venir rapidement sur lui, s’il avait besoin d’être remorqué ». Le Gannet dispose d’une capacité de 54 tonnes de bollard pull, de quoi assister le navire le temps qu’il procède à l’entretien de la propulsion ou qu’il remonte le matériel sismique à bord en cas d’avarie.

 

(MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

(MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

 

(MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

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« Lorsque nous sommes dans cette configuration de bateau d’escorte, nous n’avons pas besoin d’aller vite, ni de beaucoup de puissance. Nous pouvons donc passer notre propulsion en mode purement électrique, ce qui permet une bonne économie de carburant ». La série des 6 navires Bourbon est en effet équipée d’une propulsion hybride PTI. Celle-ci est composée de trois groupes électrogènes Caterpillar, de deux lignes d’arbres auxquelles sont attelées deux moteurs Diesel et deux moteurs électriques . Elle permet de fonctionner en mode purement électrique, en mode diesel et en mode « boosté » - la puissance électrique s’ajoute à celle des moteurs diesel - pour, par exemple, un remorquage d’urgence. 

 

(MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

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Sur le pont du Bourbon Gannet, il y a tout ce qu’il faut pour ravitailler son client. « Nous revenons au port tous les 10-15 jours pour charger tout ce dont le navire sismique a besoin. L’opération est soigneusement planifiée, de manière à ce que nous ne soyons pas éloignés trop longtemps. Pendant notre absence, c’est l’autre chase-boat, qui se trouve normalement à l’arrière du convoi, qui prend le rôle d’éclaireur ». Un conteneur permet de stocker et transporter le matériel sismique, une grande chambre froide, ainsi qu’un congélateur, accueillent les provisions alimentaires. « Nous sommes également là pour effectuer le soutage du bateau ». Le Gannet peut transporter du fuel lourd, mais plus souvent c’est du combustible plus léger, type MGO, qui est utilisé par les unités sismiques. « En général, nous leur fournissons aux alentours de 800 m3 par livraison ».  Un treuil est en cours d’installation sur le pont, pour permettre éventuellement la récupération et le stockage de sections de streamers.

 

(MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

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(MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

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Dans la passerelle claire du Bourbon Gannet, tout est prêt pour repartir au service du navire sismique auquel il aura été assigné. « Nous pouvons partir un peu avant lui, profiter de sa navigation pour aller chercher du matériel… ». Tout pour faciliter la très particulière navigation de prospection sismique.

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