Construction Navale
A bord du Papy Chichi, chalutier construit chez Gléhen

Reportage

A bord du Papy Chichi, chalutier construit chez Gléhen

Construction Navale

Derniers coups de pinceau, coups de chiffon sur le moteur et coups de perceuse pour fixer les serpentins dans la glacière ou l’électronique : le Papy Chichi est en pleine finition au chantier Gléhen de Douarnenez. Après un peu plus d’un an de construction, le chalutier en acier conçu par le cabinet Coprexma de Pont-l'Abbé a été mis à l’eau le 22 février dernier. Les essais terminés, il doit rejoindre cette semaine les Sables-d’Olonne. Le bateau a été commandé par le nouvelle armement La Belle Alliance. Il associe le conserveur de Saint-Gilles-Croix-de-Vie Philippe Gendreau (qui commercialise sous la marque « Les Dieux »), le pêcheur Jérémy Chagnolleau et deux mareyeurs. Le Papy Chichi doit son nom au père de Jérémy Chagnolleau, Yann Chagnolleau, marin-pêcheur et sauveteur en mer disparu lors de la tragédie des Sables-d’Olonne en juin 2019.

 

(© COPREXMA)

(© COPREXMA)

(© COPREXMA)

(© COPREXMA)

 

Construit en symétrie

Ce bateau, de 14.38 mètres hors-tout, pour 7 mètres de large et 50 tjb, armé par trois ou quatre marins, est le quasi sister-ship du chalutier Les Chignolles, livré en octobre 2020 par Gléhen aux mêmes armateurs. Différence notable, toutefois : les deux navires ont été construits en symétrie pour pratiquer ensemble la pêche en bœufs dans le golfe de Gascogne, pendant la saison de la sardine. Ils peuvent aussi pêcher en solo, au chalut de fond, la seiche ou l’encornet, par exemple.

 

 

Pour la pêche en boeufs, sur le Papy Chichi, le patron peut se déporter à bâbord dans la timonerie (à tribord sur Les Chignolles), à l’écart des échappements, juste derrière une vitre, pour surveiller l’autre bateau avec qui il travaille. Quand ils pêchent au chalut pélagique, le Papy Chichi est toujours à tribord de Les Chignolles. La cabine patron est de l’autre côté de la passerelle, à tribord. Au poste de barre, le patron retrouve tous les appareils (Furuno) pour la navigation et la pêche face à son siège baquet, tandis qu’à l’arrière il peut actionner les treuils et surveiller la manœuvre quand la pochée remonte, grâce à un écran diffusant les images de quatre caméras sur la plage arrière.

Une cuve réfrégérée

Là, sous les quatre enrouleurs, le Papy Chichi est équipé d’un bac basculant monté sur charnières. Le poisson y est déversé, la table se soulève ensuite, et des panneaux amovibles libèrent les sardines vers une cuve d’eau glacée, proche des 0 degrés, d'une capacité de 6 m3. Un dispositif pensé pour garantir la qualité du produit. Dans cette eau très froide, le poisson est immédiatement saisi, ce qui l’empêche de « stresser », préservant fraîcheur et fermeté. Une cuve tampon, sous la cale, alimente en eau de mer réfrigérée successivement la cuve réceptrice et les 40 conteneurs de 400 litres dans la cale réfrigérée.

 

Les poissons atterissent tout d'abord dans les bacs basculants. (© MER ET MARINE - GAEL COGNE)

Les poissons atterissent tout d'abord dans les bacs basculants. (© MER ET MARINE - GAEL COGNE)

Quand la table basculante est redressée, des trappes libèrent le poisson pour le précipiter en-dessous, dans une cuve d'eau glacée. (© MER ET MARINE - GAEL COGNE)

Quand la table basculante est redressée, des trappes libèrent le poisson pour le précipiter en-dessous, dans une cuve d'eau glacée. (© MER ET MARINE - GAEL COGNE)

 

Une trieuse innovante

Les pêcheurs peuvent ensuite trier la sardine. Mais, fini les longues tâches fastidieuses à la main pour la séparer des sprats et anchois. Un convoyeur-chargeur monte le poisson vers une trieuse assurant le bon calibrage des sardines. Ce système inventé et breveté par Kevin Dziuba, ancien mécanicien qui s'est inspiré de matériel agricole, a été testé avec succès sur deux premiers prototypes en 2020. Un va-et-vient associé à une grille avec des profils inox inclinés permet d'accélerer le tri, de préserver l’état des captures qui se dégradaient en attendant d’être triées, d'éviter de ralentir la pêche et de soulager le travail des marins. Le dispositif peut d’ailleurs être utilisé en criée et Kevin Dziuba travaille maintenant sur une trieuse de langoustines, explique-t-il à Mer et Marine. Une goulotte dans le panneau de cale permet ensuite d’acheminer les captures jusque dans les conteneurs en cale réfrigérée. A quai, ils peuvent être débarqués rapidement via des panneaux de cale.

 

Le panneau pour accéder à la cale et débarquer les captures. (© MER ET MARINE - GAEL COGNE)

Le panneau pour accéder à la cale et débarquer les captures. (© MER ET MARINE - GAEL COGNE)


Sonar télescopique

 

Côté propulsion, le Papy Chichi a un moteur Cummins KT19 de 330 kW, un réducteur Masson avec une hélice à pas variable. En machines, on aperçoit la cuve à gasoil de 12 m3, l’armoire électrique, l’hydraulique conséquent, ou encore le sonar télescopique. Ce dernier se déploie à 1m50 sous le bateau et aide à repérer le poisson. Une pompe broyeuse permet par ailleurs d’éliminer les dépôts au fond de la cuve d’eau de mer.

 

 

 

Le haut de la machine est isolé avec de la laine de roche et un film pour éviter le bruit. De même, sur tribord, les deux cabines des marins, avec chacune deux bannettes, sont isolées avec de la laine de verre. Elles jouxtent une douche et des toilettes. Sur babord se trouve l’espace de vie des marins, avec cuisine et le carré.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

(© MER ET MARINE - GAEL COGNE)

(© MER ET MARINE - GAEL COGNE)

 

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