Croisières et Voyages
A bord du paquebot Astoria

Reportage

A bord du paquebot Astoria

Croisières et Voyages

Sa coque rivetée et ses ponts incurvés témoignent de son âge vénérable, avec désormais plus de 71 ans de service à son actif. Doyen de la flotte mondiale de paquebots, l’Astoria  a vu son histoire débuter en Suède à la fin de la seconde guerre mondiale. Alors que les hostilités viennent de cesser en Europe, le royaume veut se doter d’un nouveau liner pour relancer le trafic transatlantique avec les Etats-Unis. Commandé en octobre 1944 pour la Swedish America Line, le navire, qui prend le nom de Stockholm, est lancé à Göteborg en septembre 1946 et débute son service en février 1948. Avec ses 160 mètres de long pour une largeur de 21 mètres et une jauge dépassant de peu les 12.000 GT, il s’agit du plus petit paquebot exploité sur la route de l’Atlantique nord.

 

L'ancien Stockholm 

L'ancien Stockholm (© WIKIPEDIA)

 

Sa carrière de liner est marquée par une grave collision, dans la nuit du 25 juillet 1956, lorsque le Stockholm éperonne, au nord-ouest des côtes américaines, le paquebot Andrea Doria, qui bien que beaucoup plus gros (214 mètres, 29.000 GT) et récent (1953) coule suite à l’accident. Le navire italien déplore 46 morts mais 1660 passagers et membres d’équipage sont sauvés, notamment par le Stockholm, sur lequel on dénombre 5 victimes parmi l'équipage.

Resté à flot malgré une proue détruite, le liner suédois rejoint New York par ses propres moyens et reprend du service après trois mois de réparation. On notera que sa cloche d’origine, tombée à l’eau suite à la collision avec l’Andrea Doria, a été retrouvée des années plus tard lors de plongées sur l’épave du paquebot italien. Elle a été remontée et se trouve depuis 2015 à bord de l’Astoria.

 

La cloche d'origine est revenue à bord en 2015 (

La cloche d'origine est revenue à bord en 2015 (© MER ET MARINE)

 

Le Stockholm est exploité jusqu’en 1960 par la Swedish America Line. Puis il est vendu à l’Allemagne de l’Est et navigue jusqu’en 1985 sous le nom  de Völkerfreundschaft (« Amitié entre les nations »). Revendu à une société panaméenne puis désarmé en 1986 en Angleterre, il rejoint la Norvège où, sous le nom de Fridtjof Nansen, il sert pendant plusieurs années d’hôtel flottant à Oslo pour des demandeurs d’asile. Puis il est repris par des intérêts italiens et est reconstruit au début des années 90. Transformé en navire de croisière moderne, il est exploité sous les noms d’Italia I, Italia Prima et Valtur Prima. Brièvement repris en 2004 par Festival, qui poursuit son exploitation à Cuba en le renommé Caribe, le navire est cédé en 2005 à Classic International Cruises, qui le rebaptise Athena. Il portera ce nom jusqu’à la liquidation de CIC et la reprise de la plupart de ses navires par l’homme d’affaire portugais Rui Allegre, qui créer Portuscle Cruises en 2013.

 

 

Le navire lors de sa modernisation à Marseille en 2013  

Le navire lors de sa modernisation à Marseille en 2013  (© DR)

 

Le vieux paquebot est alors rénové et devient Azores. Mais l’aventure tourne court et le navire, aux mains des créanciers de Portuscale Cruises, se retrouve de nouveau sur le marché. Il est alors affrété en 2015 par la compagnie britannique Cruise & Maritime Voyages et change une dernière fois de nom l’année suivante. L’Astoria est depuis exploité par CMV et, depuis trois ans, au printemps et à l’été par l’opérateur français Rivages du Monde, qui rempilera en 2020 pour une ultime saison de mai à septembre, avant de passer l’année suivante sur un nouveau navire.

 

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(© FABIEN MONTREUIL)

 

Si l’ancien Stockholm n’était pas à l’origine un modèle de beauté en matière d’architecture navale, sa reconstruction il y a 20 ans n’en a pas plus fait une beauté des mers. Mais derrière ses lignes un peu abruptes et sa curieuse poupe alourdie d’une jupe lors de sa reconstruction, le vieux paquebot ne manque pas de charme. Certes, pour les habitués des navires modernes, les premières heures à bord peuvent faire un choc. On est à coup sûr dépaysé, pour ne pas dire dérouté. Mais, rapidement, le côté vintage et les aspects surannés de l’Astoria laissent place à une atmosphère pour le moins agréable. C’est un bateau calme, bien rénové, dont les extérieurs sont rapidement accessibles. Une petite taille et une capacité réduite (un peu plus de 500 passagers) qui donnent à ce bateau un caractère assez intimiste. Quant au ronronnement des moteurs, évidemment plus bruyants que les machines des unités récentes, on s’y fait rapidement.

L’Astoria compte 277 cabines, avec quelques suites dotées d’un balcon, des cabines extérieures avec hublots ou sabord, et des intérieures. Là aussi, il faut oublier les chambres ultramodernes des grands paquebots mais l’ensemble est propre et correct. Avec des rénovations, dont la dernière il y a quelques années, et des pièces d’histoire, comme les bidets dans les salles de bain qui témoignent de l’époque italienne du navire.

 

Suite Deluxe avec balcon (

Suite Deluxe avec balcon (© RIVAGES DU MONDE)

 

 

Suite Deluxe avec balcon (

Suite Deluxe avec balcon (© MER ET MARINE)

 

Les passagers ont à leur disposition une salle à manger principale et un buffet, plusieurs bars et salons, un petit casino, une discothèque, une salle de conférences/cinéma et un grand salon où sont proposés chaque soir des spectacles. Le navire dispose aussi d’une petite chapelle et bien entendu de différents espaces extérieurs, dont la plage arrière avec bar, terrasse et piscine.

 

 

Salon sur l'Astoria (

Salon sur l'Astoria (© MER ET MARINE)

Salle de conférence et cinéma sur l'Astoria (

Salle de conférence et cinéma sur l'Astoria (© MER ET MARINE)

Spectacle en soirée sur l'Astoria (

Spectacle en soirée sur l'Astoria (© MER ET MARINE)

Le grand salon, qui sert de salle de spectacle (

Le grand salon, qui sert de salle de spectacle (© MER ET MARINE)

 

 

La discothèque (

La discothèque (© MER ET MARINE)

Le restaurant principal de l'Astoria (

Le restaurant principal de l'Astoria (© MER ET MARINE)

Plat au restaurant de l'Astoria (

Plat au restaurant de l'Astoria (© MER ET MARINE)

 

 

Le buffet de l'Astoria (

Le buffet de l'Astoria (© MER ET MARINE)

La terrasse extérieure de l'Astoria (

La terrasse extérieure de l'Astoria (© MER ET MARINE)

 

 

Le pont arrière de l'Astoria (

Le pont arrière de l'Astoria (© MER ET MARINE)

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(© RIVAGES DU MONDE)

La chapelle (

La chapelle (© MER ET MARINE)

 

A noter pour les croisières Rivages du Monde que du personnel francophone est à bord, notamment des Mauriciens. Le TO français dispose également sur le navire d’une équipe d’une quarantaine de personnes (accompagnateurs, directeur de croisière, artistes etc) avec une programmation dédiée et une nourriture adaptée à la clientèle française.

 

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(© FABIEN MONTREUIL)