Marine Marchande
A bord du W.B. Yeats, le nouveau fleuron d'Irish Ferries

Reportage

A bord du W.B. Yeats, le nouveau fleuron d'Irish Ferries

Marine Marchande

La veille de la Saint-Patrick est ventée dans le port de Cherbourg. A la passerelle du W.B. Yeats, tout nouveau ferry d’Irish Ferries, l’officier de quart et le commandant surveillent l’amarrage. « On a eu pas mal de vent d’ouest en venant de Dublin. Mais il passe bien, il est puissant et silencieux », disent les marins.

 

Le navire à Cherbourg (© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

Le navire à Cherbourg (© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

(© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

(© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

(© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

(© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

 

Irish Ferries l’aura attendu ce grand ferry. Commandé en mai 2016 aux chantiers allemands Flensburger Schiffbau Gesellschaft, il devait entrer en service deux ans plus tard, en mai 2018. Plusieurs délais, liés à des difficultés techniques pour le chantier, l’ont finalement vu livrer juste avant Noël dernier, avec un démarrage de son exploitation commerciale quelques semaines plus tard d’abord entre Holyhead et Dublin puis sur sa ligne d’été entre Dublin et Cherbourg. D’une longueur de 194.8 mètres de long pour 31.6 mètres de large, il compte 435 cabines et peut accueillir jusqu’à 1885 personnes. Il présente également de très importantes capacités roulières puisque ses garages peuvent accueillir jusqu’à 1200 voitures. « C’est le premier navire que nous construisons spécifiquement pour notre ligne entre l’Irlande et la France », souligne Nora Costello, directrice marketing et ventes de l’armement. « Son nom lui-même est un hommage aux relations franco-irlandaises ». William Butler Yeats, poète et dramaturge irlandais, prix Nobel de littérature en 1923, est en effet mort à Roquebrune Cap Martin en 1939.

Pour Cherbourg, l'escale inaugurale du W.B. Yeats, qui s'est déroulée le 15 mars, fut un évènement majeur. Le port normand, préféré à Roscoff qui ne dispose pas de rampes adéquates pour accueillir le nouveau ferry, se verrait bien devenir « la porte vers la capitale irlandaise », selon les mots de son maire Benoît Arrivé. « Cherbourg est le port le plus proche géographiquement de l’Irlande et, dans le contexte du Brexit, pourrait devenir un point où vont se concentrer les flux », souligne l’édile qui aimerait voir son port « capter une partie du fret qui transite actuellement par le Royaume-Uni ». Ce que souhaite aussi, évidemment, Dominique Louzeau, président de la SAS Port de Cherbourg : « en 2017, Irish Ferries a transporté 160.000 passagers et 45.000 voitures par Cherbourg. Avec l’arrivée du W.B. Yeats, on triple la capacité poids-lourds et on augmente de 25% celle des passagers ».

 

Remise de la plaque de Cherbourg au commandant du navire par Hervé Morin (© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

Remise de la plaque de Cherbourg au commandant du navire par Hervé Morin (© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

 

Hervé Morin, président de la région Normandie n’y va pas par quatre chemins : « les routes maritimes vont bouger en raison du Brexit et nos ports ont des cartes à jouer. On le voit déjà, des nouvelles lignes vont être testées et si nous pouvons récupérer une petite partie du trafic de Calais-Douvres, cela représente un potentiel de croissance très important ». Pour cela les ports normands investissent, d’abord pour être parés au retour des contrôles douaniers, et ensuite pour pouvoir absorber ces nouveaux flux. « Les échanges commerciaux entre la France et l’Irlande représentent près de 20 milliards d’euros et les Français effectuent 500.000 trajets vers l’Irlande chaque année. Le Port de Cherbourg peut s’enorgueillir d’une croissance du trafic avec l’Irlande de 100 % en 10 ans. Nous avons donc largement fait la preuve que nous sommes en capacité d’accueillir une partie des 200.000 remorques par an qui pourraient être contraintes de contourner le landbridge et c’est, entre autres, grâce à la confiance d’Irish ferries que nous entendons relever ce défi ».

A bord du navire, l’ambiance est feutrée et élégante. Trois restaurants, servant des spécialités françaises et irlandaises, un lounge, deux cinémas, seize cabines deluxe et trois suites panoramiques à l’avant du navire. Durant tout l’été, le W.B. Yeats va effectuer quatre rotations par semaine entre Cherbourg et Dublin. Fin septembre, il sera repositionné sur la ligne entre l’Irlande et l’Angleterre.

 

(© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

(© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

(© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

(© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

(© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

(© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

Cabine intérieure

Cabine intérieure (© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

Cabine extérieure (© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

Cabine extérieure (© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

Cabine deluxe (© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

Cabine deluxe (© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

Suite panoramique

Suite panoramique (© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

(© FABIEN MONTREUIL)

(© FABIEN MONTREUIL)

(© FABIEN MONTREUIL)

(© FABIEN MONTREUIL)

Port de Cherbourg