Marine Marchande
A bord d'un remorqueur commandé à distance
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Reportage

A bord d'un remorqueur commandé à distance

Marine Marchande

Le remorqueur Svitzer Hermod s’accoste doucement le long du quai dans le port de commerce de Copenhague. La manœuvre est fluide, les aussières sont passées, la machine stoppée. Rien d’exceptionnel, sauf que toute la navigation a été effectuée depuis la terre. A quelques mètres de là, dans un bâtiment en briques le long du quai, le commandant René Malmström quitte sa passerelle terrestre. Installé dans le ROC (Remote Operation Centre), celle-ci reproduit à l’identique la timonerie du remorqueur. Avec, en plus, des murs d’écrans renvoyant les images captées par les nombreuses caméras placées à l’avant et à l’arrière du remorqueur et intégrant des informations de réalité augmentée. A bord, un équipage était présent pendant toute la navigation, prêt à prendre les commandes. Mais le plan s’est déroulé sans accroc.

 

© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

(© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

 

Un projet de navire commandé à distance lancé en 2014

« Nous avions cette vision depuis longtemps, mais je dois dire que tout cela est arrivé beaucoup plus vite que prévu ». Saku Rantala dirige les recherches autour des navires commandés à distance et autonomes chez Rolls-Royce. A Turku, en Finlande, cela fait plus de trois ans que toute une équipe du groupe britannique planche sur la question et sur ses premières applications opérationnelles. Senseurs, Lidar, sécurisation des transmissions, les ingénieurs ont passé un à un tous les paramètres critiques permettant le contrôle à distance du navire. Puis, ils sont passés aux travaux pratiques. D’abord sur le ferry finlandais Stella de Finferries, plateforme de test des senseurs en grandeur nature. Puis sur le projet Optimus, mené avec Svitzer, filiale du groupe AP Moller Maersk, le Lloyds Register, le chantier naval turc Sanmar et les autorités du pavillon danois. « Nous avons commencé à travailler sur ce projet de remorqueur commandé à distance en 2014 », raconte Saku Rantala. « Tous ensemble, capitaines, ingénieurs, département R&D et chantier naval, nous avons réfléchi à comment construire ce prototype ».

Chez Svitzer, pas de navire autonome en vue mais des « nouvelles possibilités »

Svitzer est entré dans le projet, « avec comme but d’améliorer l’efficacité de notre flotte », explique Leonardo Sonzio, chef des opérations du groupe danois. « Notre idée, c’était de voir comment toutes ces nouvelles technologies liées à l’autonomisation des navires pouvaient nous aider à nous améliorer ». Mais, pour autant, Svitzer ne compte pas utiliser des remorqueurs sans équipage. « Non, nous, notre approche est plutôt d’explorer ces nouvelles possibilités pour voir ce qui nous est utile et ce qui ne nous l’est pas. Avoir une analyse fine et en temps réel, grâce aux données des senseurs, de ce qu’il se passe à bord de nos bateaux, cela peut nous aider à, par exemple, augmenter la disponibilit

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