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A bord d’une corvette furtive du type Visby
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A bord d’une corvette furtive du type Visby

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Elles sont considérées comme faisant partie des unités de combat les plus furtives au monde. Après une longue maturation, qui a débuté dans les années 90, les cinq corvettes suédoises du type Visby sont depuis quelques années seulement pleinement opérationnelles, avec l’ensemble de leurs capacités. La première le fut en 2013 alors que les deux dernières ont été officiellement admises au service actif en 2015.

 

Deux corvettes du type Visby (© : SWEDISH ARMED FORCES)

Deux corvettes du type Visby (© : SWEDISH ARMED FORCES)

 

Etre « invisible » pour survivre face à un adversaire plus puissant

Ce programme, extrêmement ambitieux et complexe, est né d’un constat simple : « Face à nous, il y a de grandes marines et nous devons donc disposer de navires capables de survivre à une force nettement supérieure dans un profil de combat de haute intensité. Pour y parvenir, il a été décidé de concevoir des corvettes 100% furtives. Cela a nécessité des sauts technologiques énormes qui expliquent que les bâtiments ont été longs à mettre en service. Mais 20 ans après la commande du Visby, nous sommes aujourd’hui entièrement satisfaits de ces navires, qui se révèlent parfaits pour évoluer dans l’environnement complexe de la mer Baltique et les archipels suédois », explique Bernt Andersson, commandant du Karlstad, l’une des cinq Visby, que nous avons pu découvrir dans la base navale de Karlskrona.

 

Le commandant 

Le commandant Bernt Andersson (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Alors que la Suède n’appartient pas aux grandes alliances militaires comme l’OTAN, le royaume scandinave entretien de longue date une puissante industrie de défense et des capacités militaires de haut niveau afin de faire respecter sa neutralité. La conception des Visby, imaginées au sortir de la guerre froide, a été présidée par la menace potentielle représentée par la flotte russe de la Baltique et un contexte opérationnel très spécifique : Une zone d’opération en forme de mer quasi-fermée, proche des côtes et donc de l’aviation, au large mais aussi à travers un littoral extrêmement découpé, la Suède comptant 2400 kilomètres de côtes, 14 archipels et plus de 33.000 îles.

Cela a conduit les ingénieurs et militaires suédois à estimer que pour assurer la survivabilité des nouvelles corvettes, celles-ci devaient se fondre dans leur environnement et tenter, sinon d’être invisibles aux radars les plus performants, du moins de ne laisser au pire qu’une signature suffisamment faible permettant de se faire passer pour un petit bateau inoffensif. Cela, dans une zone où le trafic maritime est extrêmement dense.

 

Le démonstrateur furtif Smyge, aujourd'hui désarmé (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le démonstrateur furtif Smyge, aujourd'hui désarmé (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

L’expérience du navire expérimental Smyge

Dans cette optique, un navire expérimental, le Smyge, a été lancé en 1991 (il est aujourd’hui désarmé et conservé à Karlskrona). Longue de 27 mètres pour une largeur de 7.6 mètres et un déplacement de 140 tonnes, cette plateforme pouvant dépasser la vitesse de 50 nœuds a servi à tester les technologies de furtivité qui furent adoptées par les Visby.

 

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