Marine Marchande

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Bordeaux : Bloqués à quai, les marins du Lisa attendent leurs salaires

Marine Marchande

Le tanker Lisa est arrivé au port de Bordeaux Bassens le 4 mai dernier, en provenance de Bilbao. Depuis, il est à quai, son chargement de glycérine toujours en cale et une partie de son équipage en grève. Les neuf marins ukrainiens, les cinq marins philippins et le commandant russe subissent en effet des retards dans le paiement de leurs salaires. Ocean Tankers, l'armateur chypriote contrôlé par des intérêts russes, se dit actuellement en difficultés financières. Mais les représentants de la CGT des Marins de Bordeaux et la CGT du Grand Ouest, venus assister les marins du Lisa, sont sceptiques. « Il y a eu de nombreux antécédents de retard de paiement dans cette compagnie. Les marins sont inquiets, ils souhaitent débarquer ici, en France, en ayant récupéré tout l'argent qui leur est dû », précise Laure Talloneau, la traductrice de la CGT des Marins. Début mai, alors que le navire était en escale à Saint-Nazaire, les Philippins, ensuite rejoints par les Ukrainiens, avaient déjà lancé un mouvement de grève pour percevoir leurs salaires. Mouvement à la suite duquel l'armateur avait perdu son contrat d'affrètement. Sans doute échaudé, Ocean Tankers se serait alors rapproché d'ITF, la fédération internationale des ouvriers du transport, afin de conclure un contrat cadre pour les conditions de travail de ses marins.

Le Lisa au quai de Bassens   (© : DROITS RESERVES)
Le Lisa au quai de Bassens (© : DROITS RESERVES)

Dans l'attente d'un contrat ITF

Les contrats ITF, qui garantissent à l'équipage un salaire minimum ainsi que le respect des conventions internationales relatives aux conditions de travail, sont une garantie appréciée des affréteurs. Mais, alors même que le contrat est en cours d'examen au siège londonien d'ITF, l'équipage du Lisa cumule les arriérés. Heureusement, la situation semble évoluer. « La situation est différente selon les marins. Les Philippins viennent enfin de percevoir leur mois d'avril et seraient, à priori, relevés ici à Bordeaux. Les Ukrainiens attendent toujours leur salaire du mois d'avril, mais il semblerait que la relève arrive également rapidement », explique Laure Talloneau. Dans la journée de mardi, un sistership du Lisa est arrivé en Gironde. Avec apparemment comme objectif de transférer la marchandise du Lisa à son bord. « Apparemment, ce transfert ne sera pas fait. Ce qui est tant mieux, parce que sans la marchandise, les marins perdent tout moyen de pression sur leur armateur. Et surtout, ils veulent absolument débarquer et être rapatriés depuis la France. Ici, ils savent qu'ils sont entourés et soutenus ».

Une partie de l'équipage en grève du Lisa   (© : DROITS RESERVES)
Une partie de l'équipage en grève du Lisa (© : DROITS RESERVES)