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Bordeaux veut développer l'exportation de vin par voie maritime

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Bordeaux veut développer l'exportation de vin par voie maritime

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Le salon Vinexpo, qui se tient à Bordeaux tous les deux ans, s'est achevé hier. Plus grand salon mondial des vins et spiritueux, il se tenait cette année dans un contexte économique tendu et en marge du Grenelle de la Mer, le Grand Port Maritime de Bordeaux met a mis en avant les atouts du transport maritime, tant au niveau environnemental qu'en termes de réduction des coûts. Ainsi, selon le GPM, les solutions maritimes sont non seulement écologiques (réduction des gaz à effet de serre émis), mais aussi économiques en termes de coût (-20 %) et de temps (New-York à 11 jours de mer, Montréal 16, Hong-Kong et Shangaï 35/38 j). Au terme d'une longue démarche le Conseil Interprofessionnel des Vins de Bordeaux (CIVB) a réalisé un bilan carbone de l'ensemble de la filière pour quantifier l'impact écologique de l'activité vin sur le climat. L'interprofession a défini des pistes d'intervention pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (200.000 tonnes « équivalent carbone ») qui pèsent autant qu'une ville de 85.000 habitants et s'est engagée à réduire ses émissions de 30.000 tonnes éqC d'ici 5 ans. Pour gagner ce pari, différentes pistes d'amélioration ont été lancées, en particulier pour le transport, second poste d'émissions en CO² de la filière, représentant 18 % du total.
Dans ce cadre, les responsables de l'étude ont distingué le transport routier vers les clients (66% du total des émissions), le fret aérien (9%) et le transport maritime (4%) qui, générant quinze fois moins de GES, est six fois moins polluant que le transport terrestre. Actuellement, une part importante des vins de Gironde est exportée vers des destinations nécessitant un moyen maritime (941.000 hl/an, soit près de 10 000 conteneurs/an). Pourtant, à peine plus de 2000 d'entre eux transitent par le port de Bordeaux, la plus grande partie des flux étant expédiée par la route vers un port plus au nord (Le Havre, Anvers, Rotterdam...)

Embarquer à Bordeaux pour rallier un hub du Nord

Selon le port de Bordeaux, compte tenu des facteurs d'émission élevés des moyens de transports terrestres et aériens, le fret maritime constitue une piste de progrès essentielle pour la filière vitivinicole, qui prend conscience de l'intérêt du report modal sur les lignes maritimes escalant à Bordeaux et disposant d'arguments écologiques et économiques. La meilleure solution logistique environnementale consiste à charger les vins dans le port de Bordeaux, pour rallier un hub-port nord européen où ils disposeront d'une priorité d'embarquement. 300 ports du monde peuvent ainsi être desservis chaque semaine depuis le port girondin dont le trafic conteneurisé a été multiplié par 3,5 en 10 ans. Chaque semaine, deux des trois premiers armements mondiaux, MSC et CMA CGM, des compagnies disposant du savoir-faire requis pour transporter les vins, font escale à Bordeaux. Chacune dessert, avec un B/L Bordeaux, en toute sécurité et fiabilité, la quasi-totalité des ports du monde et propose tous types de conteneurs : 20 et 40 pieds, dry (classiques) ou reefers (réfrigérés). Pour aider les professionnels de la filière à mieux appréhender la problématique maritime, une « charte de transport du vin », axée sur la qualité a été conclue, il y a quelques années, entre le Grand Port Maritime de Bordeaux, les Douanes, l'Union Maritime et Portuaire de Bordeaux et le CIVB. Pour le port, c'était un premier pas mais il faut aujourd'hui aller plus loin. Désormais, les cotations et études tarifaires menées par le CIVB début 2009 valident le fait que l'embarquement des vins dans leur port de proximité permettrait non seulement de réduire les émissions de GES, mais aussi d'économiser 20 %, au minimum, sur le coût du transport.

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