Vie Portuaire
Bordeaux veut valoriser son informatique portuaire auprès des autres places

Actualité

Bordeaux veut valoriser son informatique portuaire auprès des autres places

Vie Portuaire

En matière de système d'information et d'électronique maritime, le port autonome de Bordeaux souhaite valoriser son expérience auprès des autres places portuaires. Développé depuis plusieurs années, le PAB se targue de disposer de systèmes de pointe. Succédant à un système développé sur Minitel quelques années auparavant, le suivi informatique des escales y est particulièrement performant par le biais de Vigie 2, opérationnel depuis 2003. Basé sur un noyau commun développé conjointement avec le Port autonome de Nantes-Saint-Nazaire, VIGIE 2 se différencie de Gimnaute, son homologue nantais, par des fonctionnalités propres à l'organisation bordelaise et par des développements spécifiques avec des logiciels libres. « Nous possédons les fonctionnalités de base qui concernent le suivi des escales : caractéristiques des navires, tirants d'eau, postes à quai..., mais le spectre s'élargit puisqu'on intègre les données météo de la station de La Palmyre, celles du réseau marégraphique et une vision en temps réel du trafic sur l'estuaire via l'AIS et des interfaces avec le logiciel d'exploitation radar SYTAR » précise Michel Le Van Kiem, responsable du département des systèmes d'information et de l'électronique maritime du port bordelais, un service fort de 18 personnes. En outre, Vigie 2 est un système évolutif, qui s'améliore au fil du temps en assimilant les dernières réglementations, comme par exemple celle sur les taxes déchets.

Etendre le progiciel AP+ à toutes les marchandises

Tous les ports ont une même préoccupation qui concerne la gestion des places à quai, des droits de port et taxes marchandises perçues par la Douane ainsi que la circulation des informations entre les acteurs portuaires, rappelle-t-on au PAB. Cette difficulté connaît une première réponse depuis le début de l'année 2008 avec la mise en place de la plateforme d'informations et d'échanges AP+ portée par l'Union Maritime et Portuaire de Bordeaux. Le progiciel AP+ a été développé initialement à Marseille et Le Havre afin de « tracer » les procédures import et export. Il a été conçu pour améliorer les passages portuaires, leur fluidité et leur fiabilité. Grâce à des procédures anticipées, et une dématérialisation des documents, le système AP+, validé par la Direction Générale des Douanes, intègre les préconisations en matière de sûreté. Mais, si, le trafic conteneurisé est prioritairement visé par le suivi des flux, le port de Bordeaux compte aller plus loin. « Nous sommes aujourd'hui les seuls à vouloir utiliser AP+ pour l'ensemble des trafics et pas seulement les conteneurs. Notre système Vigie 2 est ainsi directement connecté à AP+ et nous mettons au point des interfaces pour fluidifier l'obtention des statistiques portuaires » poursuit Michel Le Van Kiem. Objectif : la transparence pour tous les protagonistes. Ainsi, dans quelques mois, une première évolution d'AP+ ciblera les droits de port navires et marchandises et, par ailleurs, le port de Bordeaux se montre également précurseur en matière de développement de logiciel.

Expérimentation réussie à La Rochelle

Le port de La Rochelle est devenu port autonome en 2006 et une synergie avec la place bordelaise s'est alors engagée. Or, le port rochelais avait acquis le logiciel Gimnaute et commandé une étude pour l'adapter. « La synergie avec La Rochelle nous a amenés réaliser cette adaptation mais aussi à piloter la mise en place de toute leur infrastructure informatique et téléphonique » fait remarquer Michel Le Van Kiem. La prestation s'est développée avec la fourniture du logiciel statistique bordelais, la formation et l'accompagnement des utilisateurs qui se sont déroulés au premier semestre 2007. Depuis le 2 juillet 2007 et après six mois de travail, La Rochelle est équipée de son propre système de suivi des escales, dénommé Diane. Cette expérience réussie pour le département des systèmes d'information bordelais permet d'imaginer des perspectives. Grâce à ses compétences techniques, le PAB se positionne aujourd'hui sur le marché et vise une collaboration avec les ports d'intérêt national, désormais rattachés aux collectivités locales. L'opportunité est certaine puisque ceux-ci utilisaient jusqu'alors le système de gestion des escales Triton, un outil des Directions Départementales de l'Equipement. Dans ce contexte, le savoir-faire bordelais veut s'exporter. Analyse des habitudes sur site, développement technique et mise au point de logiciel, puis installation in situ, le département des systèmes d'information est opérationnel avec son savoir-faire et cet aspect précurseur se conjugue avec l'utilisation accrue de logiciels libres pour des développements complémentaires. « Il s'agit d'établir une relation gagnant-gagnant avec les autres ports grâce à notre savoir-faire. Parce que nous faisons le même métier et que nos prestations colleront davantage à la réalité du terrain que celles des sociétés privées. Pour nous, cela constitue un enrichissement technique nous permettant aussi de capitaliser nos compétences » affirme Michel Le Van Kiem.

Port de Bordeaux