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Bouclier antimissile : L'US Navy va baser 4 bâtiments Aegis en Espagne

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Bouclier antimissile : L'US Navy va baser 4 bâtiments Aegis en Espagne

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Le secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, a annoncé que les Etats-Unis avaient décidé de baser à La Rota, en Espagne, quatre bâtiments dotés du système de défense aérienne Aegis. L'annonce a été faite le 5 octobre dans le cadre d'une réunion de l'OTAN. « Avec quatre bâtiments Aegis à La Rota, l'Alliance va renforcer significativement ses capacités navales en Méditerranée, et améliorer les moyens pour assurer la sécurité de cette région vitale. Cette décision s'inscrit dans les efforts entrepris par les Etats-Unis pour mieux positionner ses forces et capacités de défense avec nos alliés et partenaires européens », a déclaré Leon Panetta.
Pour le secrétaire à la Défense, l'arrivée d'une flottille de l'US Navy à La Rota démontre que Washington mise toujours sur l'OTAN : « Cette annonce devrait envoyer un message fort selon lequel les Etats-Unis continuent d'investir dans l'Alliance et nos relations de défense avec l'Europe, même si nous faisons face à des contraintes budgétaires grandissantes. D'ailleurs, dans cet environnement fiscal en forme de challenge, des organisations comme l'OTAN sont plus que jamais nécessaires pour protéger nos intérêts communs ». En positionnant des bâtiments dotés du système Aegis en Espagne, l'US Navy, déjà présente en Italie, renforce donc ses moyens en Méditerranée. Les navires américains rempliront différents types de missions, incluant leur participation aux groupes maritimes de l'OTAN (SNMG), des exercices interalliés et des activités de coopération autour des actions de sécurité maritime.

Tir de SM-3 sur un Arleigh Burke  (© : US NAVY)
Tir de SM-3 sur un Arleigh Burke (© : US NAVY)

« Construire une défense antimissile effective »

Mais, il ne faut pas s'y tromper, ce nouveau déploiement américain est, surtout, un pas supplémentaire dans la mise en place d'un bouclier antimissile en Europe. Ce projet, très délicat diplomatiquement, avait provoqué une passe d'armes entre Washington et Moscou lorsqu'il fut question d'implanter des installations terrestres en Europe de l'Est. Face à la colère russe, les Américains avaient alors fait évoluer leur position vers un dispositif plus souple et moins contestable, celui pouvant être offert par la marine. Même si les implantations terrestres demeurent à l'étude, la solution navale est immédiatement disponible. En effet, les nouveaux destroyers du type Arleigh Burke, ainsi que certains croiseurs de la classe Ticonderoga, disposent désormais du missile antimissile balistique SM-3, mis en oeuvre avec le système Aegis. Pour Leon Panetta : « Ces navires supporteront les efforts de l'OTAN pour construire une défense antimissile effective. Alors que d'importants accords ont été conclus avec la Roumanie, la Pologne et la Turquie, la décision espagnole représente une étape majeure dans l'exécution d'une approche européenne adaptative. Pour leur part, les Etats-Unis sont résolument engagés à mettre en place une capacité de défense antimissile pour assurer une couverture complète de toutes les populations européennes de l'OTAN, de leurs territoires et de leurs forces, contre la menace croissante que représentent les missiles balistiques ».

Une frégate F100 suivant des navires américains  (© : US NAVY)
Une frégate F100 suivant des navires américains (© : US NAVY)

On notera qu'en dehors des bâtiments américains, d'autres navires européens pourraient, à terme, participer à la défense antimissile. C'est le cas des frégates espagnoles du type F100, dotées du système Aegis et techniquement capables de mettre en oeuvre le SM-3. Les marines allemande et néerlandaise, qui utilisent aussi des lanceurs américains (mais pas d'Aegis), s'intéressent aussi à cette problématique. Quant à la France, la Grande-Bretagne et l'Italie, dont les dernières frégates antiaériennes (Horizon et T45) sont dotées de missiles Aster, tout dépendra de la volonté politique des Européens à développer leur propre système, ce que souhaitent évidemment les industriels, prêts à travailler sur une solution. Si tel n'est pas le cas, l'UE sera alors totalement dépendante des Etats-Unis.

US Navy / USCG