Marine Marchande
Bourbon va céder et louer un tiers de sa flotte

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Bourbon va céder et louer un tiers de sa flotte

Marine Marchande

« Propriétaire quand on innove, locataire quand on a réussi ». C’est l’adage qu’a choisi Jacques de Chateauvieux, président du conseil d’administration de Bourbon, pour présenter la nouvelle stratégie du groupe, baptisée « Transforming for Beyond ». Dans la lignée des grands plans que la société, désormais leader mondial des services à l’offshore pétrolier, a mis en place ces dix dernières années pour jalonner et structurer son évolution, Transforming for Beyond vise à créer les conditions de croissance au-delà de 2015.

 

Rembourser la dette de 2 milliards d’euros

 

De la teneur de cette évolution, on ne sait encore rien, «il est bien trop tôt pour en parler », précise Christian Lefèvre, directeur général de Bourbon. Mais on sait que pour négocier ce nouveau virage, Bourbon veut se désendetter. Pour cela, la société a choisi de recourir à la vente d’une partie de sa flotte dans le cadre d’un « lease back ». Concrètement, cela signifie que les navires vendus seront ensuite reloués par Bourbon, dans le cadre d’un affrètement coque nue d’une durée de 10 ans. Une pratique répandue mais nouvelle pour Bourbon, qui à l’issue de son programme d’investissement dans sa flotte, sera à la tête de 550 navires (crew boats, navires de ravitaillement offshore et navires IMR destinés aux opérations d'inspection, de réparation et de maintenance). Une flotte très jeune, standardisée puisque largement construite en série, qui devrait, d’ici 2015, être équipé à 80% d'un système de positionnement dynamique DP2 et d'une propulsion diesel-électrique, avec un taux de disponibilité visé de 95%. Et pour en arriver là, le groupe a beaucoup investi – 4 milliards d’euros – et s’est donc endetté : la dette est actuellement de 2 milliards d’euros. D’où la volonté de dégager du cash en restructurant le financement de la flotte. « Il s’agit d’une cession au prix du marché de navires qui seront ensuite loués à prix fixe. La somme de ces loyers ne pourra pas dépasser 30% de notre EBITDA (résultat d’exploitation) », précise Laurent Renard, le directeur financier de Bourbon. Le groupe se réserve également un droit de préemption si les navires loués devaient être revendus.

 

2.5 milliards de dollars d’actifs cédés

 

En tout, Bourbon compte céder pour 2.5 milliards de dollars d’actifs à des investisseurs financiers en 2013 et 2014. Il s’agira d’environ un tiers de sa flotte : des navires de type ravitailleurs de plateformes (AHTS et PSV) ainsi que des navires de type IMR, les crew-boats ne sont pas concernés par ces cessions. L’idée de Bourbon est de « panacher » dans chaque catégorie de ces navires : une partie louée sur des contrats sécurisés à long terme, une autre gardée en propriété pour notamment pénétrer des nouveaux marchés, et donc garder une certaine flexibilité pour s’adapter aux futurs cahiers des charges des clients pétroliers. Notamment au « local content » : les conditions fixées par les Etats riverains des champs pétroliers qui demandent parfois des pavillonnements ou des recrutements locaux. L’armement gardera le contrôle opérationnel sur l’ensemble de ses navires en propriété et en location.

 

Un contexte favorable dans le milieu financier et pétrolier

 

Jacques de Chateauvieux décrit cette stratégie comme celle de l’ « asset smart » : « quand un investissement est innovant et audacieux, qu’il est nécessaire pour gagner des nouveaux marchés, il est important d’être propriétaire. Mais quand les investissements ont fait leurs preuves, il n’est plus critique d’être propriétaire. D’autant que le contexte actuel est favorable : les investisseurs cherchent des revenus basés sur des actifs de qualité et garantis par des opérationnels reconnus. Nos navires sont fortement recherchés par nos clients, Bourbon est un acteur reconnu qui donne confiance ». Et pour ne rien gâcher, le marché pétrolier est actuellement en croissance et soutenu, notamment par la stabilité du prix du baril et les investissements des majors pétrolières.

Un nouveau virage qui a été immédiatement salué par la bourse. D’autant que Bourbon vient d’annoncer de très bons résultats 2012 avec un chiffre d’affaires de 1.187 milliards d’euros (en progression de 17.7%) et un résultat opérationnel de 161.6 millions d’euros (+89.4%)

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