Croisières et Voyages
Bourse : les titres des croisiéristes s’effondrent

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Bourse : les titres des croisiéristes s’effondrent

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Les places boursières ont connu hier leur pire journée depuis la crise de 2008. L’épidémie de Covid-19, qui a pour conséquence un ralentissement de l’économie mondiale, conjuguée à l’effondrement des cours du pétrole, sont responsables de cette situation. Parmi les secteurs les plus touchés, celui du tourisme, déjà fortement orienté à la baisse ces dernières semaines, a connu ce lundi une journée noire. Les trois leaders mondiaux de la croisière ont, ainsi, vu leurs titres plonger à la bourse de New York (NYSE) : - 19.9% par rapport à la veille pour Carnival Corporation, dont l’action est tombée à 21.7 dollars ; -25.7% pour Royal Caribbean Cruises Ltd (RCCL) avec un titre à 48.3 dollars, et – 26.6% pour Norwegian Cruise Line Holding (NCLH) qui est passé sous la barre des 20 dollars (19.8 dollars). Des niveaux à mettre en face des valeurs de ces trois groupes avant le début de la crise du coronavirus. Ainsi, le 17 janvier, le titre Carnival s’échangeait à 51.9 dollars, celui de RCCL à 135 dollars et NCLH 59.65 dollars. Bloomberg a calculé que les trois majors de la croisière avaient perdu en moins de deux mois plus de 42 milliards de dollars de capitalisation boursière, soit plus de la moitié de leur valeur.

Et la situation pourrait encore empirer si le krach boursier se confirme alors que l’épidémie de Covid-19 gagne du terrain. En Asie, l’activité est à l’arrêt depuis le mois dernier mais cela pourrait s’étendre à d’autres zones compte tenu des difficultés croissantes dans les opérations. L’Inde a par exemple annoncé hier la fermeture de tous ses ports aux paquebots. De nombreuses croisières ont déjà été annulées ou ont vu leurs itinéraires plus ou moins modifiés et respectés. Autour des Caraïbes, de nombreuses îles refusent désormais les escales de paquebots et suite à la détection d’au moins 21 personnes infectées sur le Grand Princess, le gouvernement américain a officiellement déconseillé dimanche à la population de partir en croisière. Un avertissement qui explique aussi la dégringolade que les compagnies ont connu hier en bourse. En Europe, les navires continuent de fonctionner à peu près normalement jusqu’ici mais beaucoup redoutent que les interdictions concernant les rassemblements ne finissent par s’appliquer aux croisières, entrainant un arrêt plus ou moins important de l’activité. La Méditerranée occidentale est particulièrement concernée, puisque les itinéraires passent par l’Italie et la France, deux des pays les plus touchés. On notera d’ailleurs que Rome a étendu hier soir les mesures de quarantaine, valables jusqu’ici uniquement dans le nord de l'Italie, à tout le pays, où l'on dénombrait ce lundi plus de 9000 cas depuis le début de l'épidémie, dont 463 morts. On devrait savoir aujourd'hui quelles sont les conséquences pour les ports italiens, cruciaux pour les croisières en Méditerranée alors que la haute saison doit bientôt y débuter. S'ils ferment, comme on peut le redouter, ce sera un véritable désastre pour l'industrie. Le gouvernement italien fera paraitre ce mardi un décret précisant les nouvelles mesures adoptées. 

Depuis le début de la crise, les compagnies ont tout mis en œuvre pour éviter que le coronavirus arrive sur les navires en renforçant les actions de prévention sanitaire. Elles ont aussi multiplié ces derniers jours les offres promotionnelles et les facilités d’annulation, de report et de remboursement en cas de problème. Mais les réservations sont en chute libre et cette situation coûte une fortune aux armateurs, dont les résultats vont être plombés. Il faut en plus ajouter l’impact du ralentissement sur toutes les activités directement liées à la croisière, les services portuaires comme toutes les activités touristiques que les passagers font avant, pendant et après leur croisière (visites, shopping, hôtellerie, restauration, transports…)

Quant à la construction navale, il serait étonnant qu’elle ne subisse pas le contrecoup de cette crise. Des commandes en instance d’être passées vont sans doute attendre des jours meilleurs mais si la situation perdure et que la confiance des milieux financiers s’envole, ce sont aussi des projets déjà lancés qui pourraient être reportés, voire annulés. Pour mémoire, les armateurs ont été pris ces dernières années d’une frénésie de commandes inédite. A ce jour, des contrats ont été signés pour 115 navires, livrables d’ici 2027. L’ensemble représente un investissement de plus de 65 milliards de dollars.

 

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