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BPC russe : Le souhait de Moscou « accueilli positivement » à Paris

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BPC russe : Le souhait de Moscou « accueilli positivement » à Paris

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Moscou devrait prendre très prochainement une décision quant à l'acquisition d'un bâtiment de projection et de commandement. Les autorités russes, qui se sont dites à plusieurs reprises très intéressées par les BPC français du type Mistral, ont également consulté l'Espagne et les Pays-Bas, dont les chantiers réalisent aussi des bâtiments de projection. « A ce jour, la Russie a exprimé auprès de trois pays européens, dont la France, son souhait d'acquérir le BPC. Ce souhait a été accueilli positivement sur le principe mais son examen et les discussions se poursuivent pour préciser le contenu des attentes russes et la réponse des autorités françaises », a expliqué hier le porte-parole du ministère français des Affaires Etrangères. L'enjeu est de taille puisqu'en cas d'accord, il s'agirait de la première vente de matériel militaire occidental à la Russie depuis la seconde guerre mondiale. Le programme des bâtiments de projection russes compte, en outre, trois unités supplémentaires en plus de la tête de série.

Le Mistral à Saint-Pétersbourg en novembre 2009 (© : MARINE NATIONALE)
Le Mistral à Saint-Pétersbourg en novembre 2009 (© : MARINE NATIONALE)

Appontage d'un Kamov sur le Mistral (© : MARINE NATIONALE)
Appontage d'un Kamov sur le Mistral (© : MARINE NATIONALE)

« Cette coopération avec la Russie semble normale »

Si le BPC conçu par DCNS et réalisé aux chantiers de Saint-Nazaire (où le 3ème BPC français est en cours d'assemblage) semble avoir la faveur de Moscou, Paris reste néanmoins prudente sur ce dossier, politiquement sensible. Bien que le Mistral soit un bâtiment construit aux normes civiles, ses capacités aéronautiques et amphibies lui confèrent un rôle plus que symbolique. Véritable porte-hélicoptères d'assaut, bâtiment de commandement et transport de chalands de débarquement, le BPC français mesure 199 mètres de long pour un déplacement de plus de 20.000 tonnes en charge. Il peut embarquer 16 hélicoptères lourds, 4 chalands, 70 véhicules et 450 hommes de troupe. Après l'affrontement entre la Russie et la Géorgie, en 2008, certains pays de l'OTAN, à commencer par les Etats-Unis, semblent voir d'un très mauvais oeil que la marine russe se dote d'une telle capacité. Il en a notamment été question lundi, lors d'une rencontre entre Nicolas Sarkozy et le secrétaire américain à la Défense. Malgré les réticences de Washington, le président français s'est voulu positif : « Cette coopération avec la Russie, dont les termes doivent encore être définis, semble normale. On ne peut attendre de la Russie qu'elle se comporte comme un partenaire et ne pas se comporter comme tel », a indiqué le chef de l'Etat, dont les propos sont repris par Le Monde.

Le Mistral (© : MARINE NATIONALE)
Le Mistral (© : MARINE NATIONALE)

Le plan de charge de Saint-Nazaire dans la balance

Outre l'aspect « relationnel » avec l'OTAN, le BPC russe constitue également un enjeu sur le plan intérieur. En effet, un tel contrat (estimé à 500 millions d'euros) tomberait à pic pour garnir le carnet de commandes des chantiers de Saint-Nazaire, qui luttent actuellement pour leur survie. Sur les bords de Loire, les deux derniers paquebots construits par STX France seront livrés fin février et mi-juin. Or, aucun autre navire de croisière n'est pour le moment commandé et la réalisation du 3ème BPC français (le Dixmude), déjà loin d'équivaloir un paquebot, est désormais au stade de l'assemblage. En clair, cette commande de l'Etat ne permet plus d'assurer de la charge en production, dont les ateliers ferment les uns après les autres. Faute de lancer rapidement une nouvelle construction, la moitié des salariés des chantiers (2400 personnes) sera touchée d'ici le mois de mai par le chômage partiel, sans compter plus de 2000 sous-traitants travaillant actuellement sur les deux paquebots.
C'est pourquoi, en plus du 3ème BPC français, une unité dérivée pour la Russie serait industriellement plus que bienvenue. Il restera ensuite à voir où seraient réalisées les trois autres bâtiments souhaités par Moscou.
Un accord entre la France et la Russie pourrait être annoncé en mars, lors de la visite à Paris du président Medvedev.

Le Mistral (© : MARINE NATIONALE)
Le Mistral (© : MARINE NATIONALE)

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