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Interview

BPN : « L’élévateur de Brest sera bien dimensionné »

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Frédéric Guéna et Anne-Marie Cuesta, président et déléguée générale de Bretagne Pôle naval, défendent l’étude qui a dimensionné le futur élévateur à bateaux de Brest et annoncent, en revanche, que le salon de l’emploi Pro & Mer est remis en cause pour 2020. 


Brest grince des dents. Son projet d’élévateur à bateaux est redimensionné à la baisse. Comment Bretagne Pôle naval (BPN) est-il intervenu dans ce choix ?

F.G. C’est la Région qui nous a sollicités l’an dernier pour faire un état des lieux avec les interprofessions de chaque port breton. À savoir : IPL pour Lorient, IPC pour Concarneau, Ipoc pour la Cornouaille et l’UMBR pour Brest. Bretagne Pôle naval a donc demandé à chaque interprofession d’évaluer ses besoins, aussi bien en élévateur à bateaux, qu’en cale couverte, atelier de peintures, chariot mille-pattes, réfection de slipway et de cales, etc. Des besoins qui devaient être justifiés par un business plan. Pour chaque interprofession, la mission était d’identifier nominativement les bateaux entretenus et par qui. Ainsi que les pistes complémentaires d’activité sur lesquels elles travaillaient. Soit en récupérant des bateaux à l’export, soit en prenant des parts de marché hors de la Bretagne. Car nous sommes sensibles au fait que les financements publics doivent favoriser l’économie et l’emploi et non la mise en difficulté des entreprises en place.

Le dossier de Brest ne pesait donc pas suffisamment lourd ?

F.G. L’activité Brest présentée par l’UMPR ne justifiait pas de manière concrète un élévateur de 450 tonnes. Même si cet équipement leur semblait acquis. Les membres de BPN qui ont piloté l’étude n’étaient pas partie prenante dans ce dossier, il faut le rappeler. Ils ont estimé qu’il y avait un risque de surcapacité et de mise en concurrence des ports bretons. L’élévateur a été redimensionné à 250 tonnes. Je sais que ça a fait des remous. Mais les équipements portuaires sont très onéreux. La Région, qui a suivi les conclusions de l’étude, va monter un plan de financement et il y aura un copartage de responsabilité et de risque avec les industriels.

Comment se portent BPN et donc l’activité industrielle portuaire en Bretagne ?

A.-M.C. Nous regroupons 193 entreprises qui travaillent dans la construction et la réparation navale, les énergies marines renouvelable, "l’oil and gas" et désormais dans la réalité virtuelle augmentée. Des plus grosses - Damen-Brest vient de nous rejoindre - aux plus petites. Actuellement, les petites entreprises souffrent par manque de trésorerie. Parfois de ne travailler que pour un seul client. Elles ont du mal à dégager des budgets pour la recherche et développement. Notre soutien prend la forme d’une veille quotidienne sur les marchés, d’une mise en réseau, d’un support juridique, d’une aide à la réduction des coûts, de conseils dans la recherche des aides publiques, etc.

Les recrutements sont-ils toujours aussi difficiles ?

A.-M.C. Nous organisons des événements comme le salon Pro & Mer. En 2018, nous avons recensé 2 750 visiteurs pour 1 376 offres d’emploi dont 46 % ont été pourvues dans les six mois. Mais le 19 mars, à Lorient, ce sera sans doute le dernier Pro & Mer, car les agglomérations, les CCI, les filières du nautisme et de la pêche ont vu leurs budgets baisser. On se demande si on ne va pas se lancer dans un crowdfunding !

Une interview réalisée par la rédaction du Télégramme