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Brest : la livraison du quai EMR retardée à 2021

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Brest : la livraison du quai EMR retardée à 2021

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Le nouveau quai EMR  du polder de Brest, qui présente des déformations, va devoir être renforcé. Il ne sera livré qu’en 2021, ce qui ne sera pas sans conséquences pour Navantia, qui doit y assembler les fondations des éoliennes offshore du parc de Saint-Brieuc.

« Le moment est désagréable, mais cela fait partie des aléas de chantier », a tenté de minimiser mercredi Loïg Chesnais-Girard, le président du conseil régional, qui n’avait d’autre choix que de confirmer le « désagrément » évoqué mardi dans le Télégramme

Les désordres apparus au niveau du quai EMR étaient en réalité connus depuis l’été dernier. C’est grâce à différents outils de surveillance, que le constructeur Vinci et le maître d’œuvre Egis, se sont aperçus que la structure métallique du quai s’était déformée de manière inattendue sur deux-tiers de sa longueur. Le chantier a aussitôt été arrêté, et n’a pas repris depuis. « Il est normal que le mur devienne légèrement courbe sous la poussée des terres qu’il contient, mais les forces de poussée et de butée ont dépassé les seuils prévisionnels de nos modèles numériques », a expliqué ce mercredi Jean-Charles Torrès, le directeur de la branche Vinci Construction maritime et fluviale.

Un retard de plus de six mois

Il va donc falloir renforcer l’ouvrage. Une solution technique est actuellement étudiée. Mais cela prendra le temps. La livraison qui était prévue initialement l’été prochain, est désormais repoussée à « début 2021 ». Un contretemps qui ne sera pas sans conséquences pour Navantia et Windar, chargés de construire les fondations des éoliennes du parc marin de Saint-Brieuc, et qui avaient prévu de démarrer la construction des éléments des jackets, en novembre 2020.

Une alternative logistique est à l’étude avec le groupe espagnol qui a évidemment été informé de la situation. Elle consisterait à utiliser les autres quais du port de Brest, qui peuvent supporter le déchargement de pièces métalliques ne dépassant pas 100 à 150 tonnes. Cette solution sera mise en œuvre avec l’appui de la CCI, concessionnaire du port.

Qui va payer ?

En attendant, la reprise du quai engendrera inévitablement un surcoût que les acteurs du chantier ne sont pas en mesure d’évaluer à ce stade. Mais qui est responsable, et qui va payer la facture ? Le président de Région ne se mouille pas, mais rappelle que la collectivité et les entreprises ont pris des assurances adaptées. « Si les assurances jouent le jeu, il n’y aura pas de surcoût pour le contribuable breton », affirme Loïg Chesnais-Girard avec prudence. Reste que les dommages se situent aussi en termes d’image. Au moment où la filière des EMR tarde à s’engager, le maître d’ouvrage, qui a déjà injecté 220 M€ dans le polder de Brest, se serait bien passé de cette mauvaise publicité.

Un article de la rédaction du Télégramme

 

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