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Brest : l’arrêt technique de l’ex-Provalys prolongé
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Brest : l’arrêt technique de l’ex-Provalys prolongé

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Arrivé le 8 juillet à Brest, le méthanier français LNG Unity, ex-Provalys livré en 2006 par les Chantiers de l’Atlantique, devait rester deux mois en arrêt technique chez Damen Shiprepair. Un important arrêt technique dans les bassins du port de commerce breton pour sa visite « intermédiaire », mais aussi les travaux périodiques de réparation de ses cuves pouvant contenir jusqu’à 154.500 m3 de gaz naturel liquéfié.  Si la première partie des travaux a été menée à bien, la seconde, évidemment la plus critique, s’avère bien plus longue que prévu.

 

Le Provalys avant son changement de nom 

Le Provalys avant son changement de nom (© : MICHEL FLOCH)

 

Un délai supplémentaire lié à l’historique du navire, avec lequel il faut toujours composer avec  les « défauts de jeunesse » liés à ses cuves à membranes CS1. Pour mémoire, lors de la construction à Saint-Nazaire du Provalys, mais aussi de son sistership de le Gaselys et d’un méthanier plus petit, le Gaz de France Energy (74.000 m3), tous les trois commandés à l’époque par GDF, des problèmes d'étanchéité sur les membranes secondaires des cuves (chargées d'empêcher les fuites de gaz liquéfié en cas de rupture de la membrane primaire) avaient été découverts. Il en avait résulté une longue phase d’analyse pour comprendre l’origine du problème, puis des travaux correctifs très lourds et complexes (en particulier une nouvelle procédure de collage) et, enfin, une âpre bataille juridique entre le chantier et GTT, concepteur de ces cuves.

 

L'intérieur d'une cuve du Gaselys 

L'intérieur d'une cuve du Gaselys (© : BERNARD BIGER)

 

Alors que le défaut fut découvert en 2004 sur l’Energy, qui devait être le premier navire de la série à entrer en flotte, la construction du Provalys, mis à l’eau cette année-là, avait été interrompue le temps de solutionner le problème. Après des essais concluants, il sera finalement le premier du trio à être livré, en novembre 2006, pour réellement commencer sa carrière début 2007 après un autre problème, cette fois de ligne d’arbres. L’Energy (sur lequel les travaux furent les plus lourds du fait de la nécessité de recoller les membranes déjà posées) a été  livré fin décembre 2006 et le Gaselys en mars 2007.

 

En construction à Saint-Nazaire 

En construction à Saint-Nazaire (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

En construction à Saint-Nazaire 

En construction à Saint-Nazaire (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Au final, le programme accusa quelques trois ans de retard. L’affaire avait fait grand bruit à l’époque et, après les déboires rencontrés sur les trois méthaniers de GDF, la technologie CS1 avait d’ailleurs été abandonnée par GTT. Les Provalys, Gaselys et Energy, qui furent par ailleurs les premiers méthaniers à disposer d’une propulsion diesel-gaz électrique, sont ainsi demeurés les seuls navires équipés de ce type de cuves.  

Depuis, les trois navires ont assuré leur service mais leur gestion technique demeure complexe, du fait notamment du peu de retour d’expérience sur les CS1 qui nécessitent un suivi spécifique. « Sur un arrêt technique comme celui que connait actuellement le LNG Unity, il s’agit de traiter les défauts de jeunesse de cette série de navires pour continuer de pouvoir les opérer. Pendant les tests à la mer, on repère les points froids afin de les réparer mais ça ne veut pas dire qu’ils ont été tous identifiés. On en découvre de plus petits, non identifiables par les tests, pendant les travaux. C’est un travail complexe et très chronophage qui nécessite de démonter les membranes et de mettre en place des procédures spécifiques », explique une source proche du dossier.

Et il s’avère à Brest qu’un certain nombre de ces réparations ne pouvant être anticipées doivent être menées à bien dans les cuves. Ce qui allonge d’autant l’arrêt technique de l’ex-Provalys, qui va encore rester un bon moment à la pointe Bretagne. Pour l’heure, sa sortie de chantier n’est pas anticipée avant la fin de l’année, voire début 2020.

Le Gaselys, renommé LNG Alliance après la reprise par le groupe Total des activités amont d’Engie (dont Gazocéan qui gère ces trois méthaniers), a déjà bénéficié d’un chantier similaire, mené d’avril à juillet à Singapour. Son arrêt technique avait lui-aussi été étendu suite à des réparations non programmées, cette extension étant toutefois limitée.

Quant au Global Energy, arrivé mi-septembre à Marseille, les travaux en sont à leurs débuts mais pour l’instant il n’y a pas d’alerte particulière. Si tout se passe comme prévu, il devrait reprendre la mer en fin d’année. Chez son armateur, on fait néanmoins preuve de prudence car, temps que les membranes ne sont pas « déshabillées », il est difficile de dresser un diagnostic définitif.  

Ces trois navires sont pour mémoire immatriculés sous pavillon français (RIF). Appartenant au groupe Total et à l’armement japonais NYK, qui les affrètent, ils sont armés par Gazocéan, en charge de leur gestion technique.

Damen Shiprepair Brest (ex-Sobrena)