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Brest ne verra peut être pas le 3ème BPC

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Brest ne verra peut être pas le 3ème BPC

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Le troisième bâtiment de projection et de commandement du type Mistral, dont la notification est attendue le mois prochain, ne verra peut être pas la rade de Brest. Depuis que la commande a été évoquée, dans le cadre du plan de relance, les salariés brestois de DCNS avaient fait une croix sur la coréalisation du bateau. Ils le savent, le troisième BPC est uniquement commandé pour soutenir les chantiers STX de Saint-Nazaire, dont le plan de charge en production est dramatiquement vide. Mais ils espéraient, toujours, pouvoir mener à bien, comme pour les Mistral et Tonnerre, l'armement et la mise au point du système de combat. Or, selon nos confrères du Télégramme, « des négociations très serrées, dit-on à la DGA, sont en cours entre les industriels, DCNS et STX. L'objectif est clair: il faut du travail pour Saint-Nazaire et il faut serrer les coûts au maximum ». Et le quotidien breton de préciser que « les essais seraient programmés à Toulon ».
L'envoi du 3ème BPC à Toulon est, il est vrai, dans les coursives depuis quelques temps. Et cela semble, finalement, assez logique. D'abord, le navire sera basé là-bas mais, surtout, le pôle de compétence de DCNS en matière de systèmes de combat est précisément situé au Mourillon, près de la base navale varoise. Les équipes toulonnaises de DCNS pourront donc travailler sur place, et non se délocaliser en Bretagne.

Brest tourne définitivement la page de la construction neuve


Si l'abandon de l'activité de construction neuve est une réalité difficile à accepter pour les Brestois, elle n'a pourtant rien d'une surprise. Après l'achèvement du porte-avions Charles de Gaulle, à la fin des années 90, la construction des deux premiers BPC avait représenté une transition vers cet état de fait. Brest avait hérité de la partie arrière de chaque navire, assemblée avec des blocs construits en Pologne. Le site breton de DCNS avait ensuite raccordé cette partie à la moitié avant, réalisée à Saint-Nazaire, puis avait assuré l'achèvement, l'armement et la mise au point du système de combat. Une fois le Tonnerre parti, tout le monde savait bien, sans pour autant le dire publiquement, qu'une page se tournait.
Pour DCNS, l'avenir de Brest se situe aujourd'hui dans la maintenance et les refontes, domaine dans lequel le site excelle. Assurant déjà le maintien en condition opérationnelle et les arrêts techniques des navires de surface et sous-marins nucléaires opérant en Atlantique, DCNS Brest va entreprendre, à partir de 2011, la refonte des trois premiers SNLE du type Le Triomphant. Ce chantier colossal permettra de doter les bâtiments d'un nouveau système de combat et du nouveau missile balistique M51. Il nécessitera un arrêt technique de 2 à 3 ans par sous-marins et fera appel à des moyens humains considérables, bien plus importants que le « simple » armement d'un BPC.

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