Marine Marchande
Brest : Robin des Bois réclame le démantèlement des vieux ferries

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Brest : Robin des Bois réclame le démantèlement des vieux ferries

Marine Marchande

L'association Robin des Bois réclame le démantèlement de l'Onyx et du Pentalina B, deux vieux ferries immobilisés dans le port de Brest. Datant respectivement de 1966 et 1970, ces deux bateaux ont été remorqués dans le port breton suite à une avarie de propulsion pour l'un (fin novembre) et d'une voie d'eau dans le local machines pour l'autre (mi-janvier). Tous deux doivent faire l'objet de réparations, qui seront contrôlées par le Centre de Sécurité des Navires (CSN). Cette autorité, indépendante du préfet maritime, est la seule qui peut donner son feu vert à l'appareillage des bateaux. Selon son propriétaire, l'Onyx (un ancien ferry finlandais) doit passer en cale sèche au Moyen-Orient avant d'être exploité pour le transport de véhicules en mer Rouge. Quant au Pentalina B, précédemment exploité en Ecosse, il doit transporter des passagers au Cap Vert. Robin des Bois dénonce cette situation, arguant que les vieux navires sont potentiellement dangereux. « Nous constatons que la revente des vieux car ferries par les pays du Nord à des pays du Sud provoque des naufrages dont les victimes se comptent par milliers. Entre 1986 et 2006, il y a eu environ 20.000 morts dans des naufrages de transbordeurs de passagers dans les pays du Sud et 1300 dans les pays du Nord. Ce différentiel s'explique par les conditions d'exploitation associées à l'état initial des navires », explique l'association.

Le Pentalina B (© : MARINE NATIONALE)
Le Pentalina B (© : MARINE NATIONALE)

« Aucune disposition juridique ne nous permet de les retenir »

Robin des Bois demande aux autorités françaises, et notamment à la préfecture maritime, d'empêcher le départ des deux navires. « Nous rappelons l'engagement du Grenelle de la Mer qui a pour ambition de favoriser le renouvellement de la flotte des pays du Sud en empêchant l'exportation à partir de l'Europe de navires non-conformes aux conventions internationales et à la législation européenne et d'améliorer ainsi la sécurité des navires notamment pour le transport de passagers. Les navires qui transportent des passagers doivent être encadrés avec encore plus de rigueur que les navires qui transportent des marchandises ». Dans une lettre envoyée au premier ministre, au ministre de l'Ecologie, au secrétaire d'Etat aux Transports, au Secrétaire Général de la Mer et au préfet maritime de l'Atlantique, Robin des Bois demande notamment que l'Onyx, dont le départ pourrait intervenir cette semaine, ne soit pas autorisé à quitter Brest. L'association va même plus loin, en proposant le démantèlement des navires : « La France en tant que pays de sauvetage et de transit de ces deux navires a la responsabilité et le devoir d'organiser si possible en accord avec leurs pays de départ, la Finlande et le Royaume-Uni, leur démolition dans un chantier européen ». Si les craintes exprimées par l'association semblent légitimes, les autorités françaises peuvent elle empêcher l'appareillage de l'Onyx et du Pentalina B ? Apparemment pas, explique-t-on à la préfecture maritime. « Si les travaux demandés par le CSN sont effectués et contrôlés, aucune disposition juridique ne nous permet de les retenir ».

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