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Brest : Tournage d’un film sur le naufrage du Koursk

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Dans le cadre du tournage du film « Kursk », au travers duquel le réalisateur danois Thomas Vinterberg reviendra sur le tragique naufrage du sous-marin russe éponyme à l’été 2000, l’Atlantic Tonjer est arrivé à Brest le 30 avril. Ce navire de support à la plongée de la compagnie Atlantic Marine a été affrété pour les besoins de la production. Au port de commerce de Brest, où certaines scènes ont été tournées, il a embarqué des conteneurs, une cloche plongée ainsi que le sous-marin de sauvetage LR5. En service entre 1978 et 2009 dans la Royal Navy (il a ensuite rejoint la marine australienne), cet engin de 9.6 mètres de long pour 3 mètres de diamètre a été spécialement conçu pour évacuer des sous-marins en détresse, jusqu'à 400 mètres de profondeur.

 

Le LR5 (© : ROYAL AUSTRALIAN NAVY)

Le LR5 (© : ROYAL AUSTRALIAN NAVY)

 

Offrant une autonomie de 10 heures, le LR5, mis en œuvre par 2 pilotes et capable de recueillir 16 naufragés, avait été proposé à la Russie dès l’annonce du naufrage du Koursk, intervenu le 12 août 2000 en mer de Barents. Moscou avait néanmoins tardé à accepter l’aide occidentale, qui ne fut sollicitée qu’après l’échec des tentatives de sauvetage de la marine russe. Le LR5 intervient alors dans le cadre d’une opération anglo-norvégienne mais lorsqu’il descend enfin vers l’épave du Koursk, le 20 août, il est déjà trop tard. Les compartiments sont tous inondés et les 118 hommes d’équipage sont morts. On sait qu’après la double explosion ayant causé la perte du bâtiment, au moins 23 marins ont survécu un certain temps dans l’une des tranches du sous-marin, où l’eau a fini par s’engouffrer, les occupants mourant probablement avant la noyade d’asphyxie ou du froid.

Selon les conclusions de l’enquête menée par les autorités russes après le refoulement du Koursk, le sous-marin a été victime de l’explosion d’une torpille au moment d’un exercice de tir, accident provoqué par une fuite du liquide de propulsion de l’arme. Une réaction en chaîne s'est produite et une seconde déflagration, plus forte, a scellé le sort du grand sous-marin. Mis en service en 1995, ce bâtiment qui n’avait que 5 ans au moment des faits était du type Oscar II. Un sous-marin lance-missiles antinavire à propulsion nucléaire de 155 mètres de long pour 18.300 tonnes de déplacement en plongée.

Produit par EuropaCorp, le film de Thomas Vinterberg a pour ambition de revenir sur la catastrophe, plutôt sous l’angle humain, à terre comme en mer, entre les victimes et leurs proches. Les acteurs Colin Firth, Léa Seydoux et Matthias Schoenaerts auront les rôles principaux. Au mois de mars, des figurants avaient été recherchés à Brest et à Lorient pour le tournage, afin de jouer des rôles d'officiers de marine, de marins militaires, d’ouvriers de l’arsenal, de grutiers, de conducteurs de chariot élévateurs et de conducteurs poids lourds.

 

 

Dans le cadre des séquences tournées en Bretagne, l'Atlantic Tonjer a effectué plusieurs sorties en mer, y compris de nuit dans l'anse de Bertheaume en baie de Camaret ou à l'ouvert du goulet de Brest. Disposant d'une plateforme hélicoptère, il a embarqué un Ecureuil AS 350 B2 de la société Bretagne Hélicoptères muni d'une caméra afin d'effectuer des prises de vues aériennes. La production a imposé un black-out complet sur le tournage, le quai où était amarré le navire étant bouclé et la presse déclarée indésirable. Malgré les menaces de l'équipe de production une photo de Colin Firth a quand même été publiée dans Le Télégramme.

Mais mis à part cela, pour les Brestois, c'est comme si ce tournage n'avait pas eu lieu...

 

Port de Brest